Ecrits enfants et adolescents

16 juin 2008

Index des textes et photos

Sur ce blog, sont publiés :

- les textes des pièces et sketches écrits à l'atelier Théâtre et histoires, par Louise, Léonie, Amélie, Lou, Alice, Marien, Adrien, Clément :
Le Père Noël ne veut pas venir au Royaume bleu
Blues au Royaume Bleu
La Boule magique
Histoires au hasard

AniMots

- Les photos des représentations :
La boule magique
: Elia et Camomille discutent autour du chaudron, Estelle entend la boule rouge, Camomille et Sarah piqueniquent, Elia prépare ses potions, Mémé Truda engage Gaby pour retrouver sa boule, Camomille explique à Sarah que ce qu'elle rêve devient vrai, Mr ? a un problème, sa magie est trop forte, DJK l'invite sur son "île desserte", île flottante au caramel, Estelle et DJK s'ennuient (tout est trop lent dans ce monde), Mémé Truda scrute sa boule : comment devenir riche? Estelle amène la boule magique à Mémé Truda pour qu'elle lui indique ce qu'est devenu son bien-aimé Papilou, Basta et Estelle discutent, Photo du finale.

- Les textes écrits dans l'atelier d'écriture du mardi :
Le Lac du Miroir des fées, par Violette
:chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, chapitre 6, fin
Maître des Lames, par Paul Lilin : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5
Le portail poké-temporel, par Elliot : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, chapitre 6, chapitre 7, chapitre 8, chapitre 9, chapitre 10, chapitre 11, chapitre 12, chapitre 13 (fin) et les suivants.
Le cas de Seth et autres textes, par Emile

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17 juin 2008

La boule magique, pièce

La Boule magique

boule_finale

Photos du spectacle à la suite de ce texte

Acte I : Sans l’imagination, le monde tourne en rond
(Lieu : Sur la place de la ville)

[La boule est d’abord représentée par un faisceau de la lumière rouge d’une lampe torche puissante actionnée par quelqu’un en fond de scène. Puis quand Estelle la sortira de la poche du manteau, ce sera la boule rouge de Louise.]

Scène 1 : Exposition du sujet
Personnages : tous sauf Camomille et Mr ?

Camomille (voix off) : Quand cette histoire commence, nous sommes dans un monde sans imagination. Le monde s’est arrêté d’évoluer car les gens ont perdu la faculté de rêver. Même les inventeurs ne savent plus faire que ce qu’ils ont déjà fait. Même les penseurs ne savent penser que ce qu’ils ont déjà pensé. Les choses se répètent, se répètent… ça rend fou.

Suite de tableaux presque muets :
L’idée générale est la lenteur, le manque d’énergie et la répétition des gestes ou des mots.
Tout le monde est sur scène à part Mr ? et Camomille qui arriveront dans la scène 2
- Elia tourne lentement ses potions
- DJK tourne ses platines
- Gabi, à genoux tend la main pour mendier en disant : « S’il vous plaît… Merci… » (plusieurs fois de suite, en boucle)
- Mémé Truda regarde les gens d’un air soupçonneux et malveillant de temps en temps on l’entend marmonner : « la boule, ma boule »… comme une plainte.
- Sara se déplace au ralenti comme attirée chaque fois qu’elle entend un mot, et écrit dans l’espace les mots qu’elle entend
- Estelle et Basta se balancent, endormis (avec DJK, les 3 personnages forment un tout)

Camomille (voix off) : Les gens s’endorment ou perdent la boule. Un temps) A propos de perdre la boule : c’est une boule rouge de rien du tout, une petite boule de verre, qui renferme maintenant tous les trésors de l’imagination. Quand elle arrive en roulant quelque part, l’énergie revient, les choses s’accélèrent, tous se réveillent.

Suite de tableaux :  La boule (lumière) passe sur la place, et s’arrête sur le visage d’un des personnages qui s’éveille et se met à parler.

Scène 2 : Présentation des personnages
Personnages : tous

Groupe avant-scène cour :  Gabi et Sara
Lumière sur Gabi
Gabi :   Je voudrais changer ce monde ! Je voudrais un monde où les gens me parlent… Lumière sur Sara  (s’adressant à Sara) J’ai faim, tu peux pas me passer du pain ?
Sara :  Il a faim, celui-là. Encore faim. Toujours faim… (Elle lui donne une barre de céréales) Tiens !
Gabi :   Merci merci ! merci merci ! On peut parler maintenant ? D’habitude, tout le monde fait semblant de ne pas me connaître ! Je voudrais un monde où les gens me parlent…
Sara :  Dis, t’as pas des stylos ? Moi, je rêve d’un monde où les stylos écrivent tout seuls. Ils écriraient, et moi je lirais ! Ils écriraient des histoires rigolotes.
Mon lapin chéri d’amour, chéri d’amour, bonjour !
Mon lapin dit qu’il aimerait avoir
Des cabanes en bois, cabanes de roi,
Bonsoir !
Décorées avec des fleurs,
Fleurs de bonheur
Aux mille couleurs…

Ils se mettent à discuter tous les deux (mais on ne les entend plus).

Groupe fond de scène centre : Estelle, Basta et DJK – puis Camomille et Sara, puis Mr ? puis Mémé Truda
Lumière sur Estelle 
Estelle : Pff… Ce monde est trop pareil. Les gens disent toujours la même chose. Jamais ce que j’attends. Je veux être étonnée. Emerveillée. Je voudrais un monde où les gens que je rencontre dans la réalité sont aussi passionnants que ceux qui habitent mon imagination. Je voudrais un monde où je ne m’ennuie plus.
Lumière sur Basta 
Basta :  Tu as raison, la môme. Ce monde est trop pareil.
(Camomille passe par là en rêvassant, entend et s’approche)
Les arbres poussent toujours de la même façon. Les maisons sont toutes en pierre ou en béton. Jamais je n’ai vu de maisons en pain d’épices, ou de caravanes en chocolat...
Camomille : C’est facile, je vais t’imaginer ça… (Elle ferme les yeux et se concentre) Caravane en chocolat… caravane en chocolat… D’abord les roues : elles seront en chocolat noir ! Et puis le toit : il est fait de chocolat au riz ! Et les fenêtres… évidemment, c’est du chocolat blanc ! Pour la porte…
Sara : (arrivant près d’elle et la montrant du doigt en riant) Regardez ma sœur ! elle croit qu’elle sait encore imaginer ! Mais personne ne sait plus faire ça…
Camomille : (mécontente) Tu me déconcentres, Sara ! Ah là là, c’est toujours pareil… mon rêve est parti. Le problème c'est que quand mes rêves sont interrompus, ils atterrissent n'importe où et pas forcément au bon endroit. Alors, où est partie ma caravane ?...  Ah là là là là ! Je voudrais un monde qui respecte les rêveurs !
Basta :  (en colère) Et ma caravane en chocolat, alors ? où elle est ? Tu m’as juste raconté des mensonges. Tu t’es vantée. Tout le monde fait ça, ici… C’est toujours pareil.
DJK :  Exact, mon pote. C’est toujours pareil. Les gens, ils ne font que refaire toujours la même chose. Comme mes platines, elles ne savent plus que répéter le même son ! C’est la rage, pour un DJ comme moi !
Basta :  Je rêve que tout le monde se réveille pour de bon ! Pourquoi les gens ne bougent pas ? Je vais leur brûler la tête avec un chalumeau pour les faire danser ! Oui, on va tout brûler ! Mettre le feu, c’est ma passion…
DJK : Ouais, c’est cool ! J’amène ma sono, et on dansera autour du feu !
(Mr ? arrive affolé)
Mr ? :  J’ai encore fait exploser mon immeuble ! A chaque fois que j’essaye ma magie, je détruis quelque chose… Ma magie est trop forte. Et comme dans ce monde on ne peut que refaire toujours la même chose, pas moyen d’apprendre à faire autrement !
Basta :  Tu me la joues, mec. Personne n’a une magie trop forte, ici. Mon chalumeau est plus fort que tout ça !
Mr ? :  Ah bon ? Tu vas voir. Je vais essayer sur toi mon dernier tour de magie !
Basta :   (sort son chalumeau) Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte !
Basta :  Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte !
Basta :  Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte ! Lumière sur Mémé Truda 
Estelle : « Bon, arrêtez de répéter toujours la même chose tous les deux, on a compris ! » (Elle bâille). Vous pourriez pas parler intelligent, un peu ? Je m’ennuie. Que je m’ennuie… Y’avait que Papilou pour me comprendre…
Basta :  Qui c’est ce Papilou ? Où il est, que je le crame ?
Estelle :  T’es jaloux ?
Basta :  N’importe quoi. (Il s’en va, pas content).
(Mémé Truda qui écoute depuis un moment s’approche de Mr ?)

Mémé Truda : (à la cantonade) Magie trop forte ? Qui parle de magie trop forte ? (à Mr ?) Viens me voir, mon gars, on va s’entendre… Ecoute, pour moi c’est simple : je voudrais un monde où faire fortune !
Mr ? :  Alors là Madame, je ne peux rien pour vous. Vous me parlez d’argent : j’ai banni ce mot de mon vocabulaire. Je ne suis pas intéressé, moi.
Mémé Truda : Vous l’entendez celui-là ? Quel idiot… Hors de ma vue, jeune homme. Je ferai fortune toute seule… Mais pour ça, il faut que je retrouve ma boule de voyance ! Petite boule ! ma boule de cristal rouge ! Pourquoi t’es-tu enfuie ? (Elle s’éloigne tristement).
DJK : (à Mr ?) Et moi, tu peux m’aider ? Je suis DJ, mais mes platines ne tournent plus ! Je veux un monde où les platines tournent ! Un monde où les gens dansent ! Où le feu dévore ! Et où les animaux féroces rugissent !
Mr ? :  Attends, on va voir ça…
Ils s’éloignent tous les deux.

Groupe avant-scène jardin : Elia, Sara
Lumière sur Elia 
Elia : (devant sa boutique de potions, et penchée au-dessus de sa marmite, bâille) Je voudrais un monde où je réussisse mes potions… Je faisais très bien les potions, avant. J’en faisais de toutes sortes. Mais maintenant, le feu est trop fatigué, il ne brûle plus assez fort, et les potions ne cuisent plus.
Sara :  Moi, je veux un monde rempli de stylos. Des stylos rouge, orange, verts. Des stylos ballon. Des stylos chevaux. Des stylos papillons…
La boule arrive, balaye les personnages qui commencent à s’animer, chacun en faisant ce qui est son plaisir ou sa passion, mais la boule roule plus loin, et les personnages à nouveau s’ennuient, se mettent à bâiller, vont au ralenti…
La boule réapparaît.  Basta, DJK et Mr ? reviennent pour l’attraper.

Scène 3 : A la poursuite de la boule
Personnages : tous

La boule court
Basta, DJK, Mr ?, Mémé Truda  poursuivent la boule, mais elle leur brûle les doigts.
Plus loin, Elia, Camomille et Sara discutent devant le chaudron. Estelle rit de cette agitation et Gabi essaie de mendier mais personne ne fait attention à lui
.
Basta :  (avec son chalumeau)   Poussez-vous ou je vous crame ! Cette boule m’appartient ! Aïe ! Ca brûle !
DJK :  (à Basta) Bien fait, tu as bousculé ma platine…
Mr ? :  (à Basta) Pourquoi tu la veux, cette boule rouge ?
Basta :  Elle brûle, vous voyez pas ? Avec elle, je pourrais tout brûler.
Mr ? :  Bof, moi déjà, à chaque fois que je fais mon tour de magie, je fais brûler mon immeuble… Alors j’en ai rien à faire, de cette boule !
Mémé Truda : Elle est à moi, cette boule ! Petite, petite… Petite boule à Maman… Viens là que je t’attrape ! Oh, mais elle me fuit encore ! (Tout à coup, elle voit sa fille, Elia, qui à l’autre bout de la scène,  devant la porte de sa maison, remue sa marmite à potions tout en discutant avec Camomille. La boule saute dedans). Oh ! Incroyable ! Regardez !

La boule a plongé dans la marmite
(Pendant ce temps, les autres personnages regardent alternativement Mémé Truda et Elia, comme un match de tennis)
Elia : Chouette ! ma potion commence à bouillir ! et quelle jolie couleur ! rouge, toute rouge… (Elle regarde mieux) Mais c’est la boule de cristal de ma mère ! Je ne savais pas qu’elle l’avait perdue…

Mémé Truda observe de loin, cachée.
Mémé Truda : Gentille fille, elle va me la ramener…

Elia : Je pourrais la lui ramener… Oh et puis non.
Camomille : Pourquoi tu ne la lui rendrais pas ?
Elia : Ma mère, Mémé Truda, elle fait que des méchancetés avec ! Ecoute, quand j’étais petite, elle me disait : « Fais ceci, fais cela, sinon je lirai un très mauvais avenir pour toi dans la boule de cristal rouge, et comme tout ce que je lis dans la boule devient vrai, alors, attention à toi, ma fille ! »
Camomille : Elle n’était pas vraiment sympa avec toi.
Elia : Et elle était pire encore avec les autres personnes. Elle les obligeait à la payer très cher, sinon elle leur prédisait un avenir horrible…
Camomille : Oh là là… c’est triste. Alors tu as raison, il ne faut pas la lui ramener.

Mémé Truda : Tout ce qu’elle raconte sur moi ! Incroyable ! sale fille, sale fille !

Le complot
Gabi, qui l’air affamé, se rapproche :
Gabi : Quoi, salsifi ? y’a des salsifis à manger ? J’ai faim, moi !
Mémé Truda, intéressée, se retourne et regarde Gabi de bas en haut :
Mémé Truda : Non, pas de salsifi, mais du chocolat… si tu viens me voir demain matin dans ma roulotte en chocolat !
Gabi : Du chocolat ? Mmm…. Qu’est-ce qu’il faudra que je fasse… ?
Mémé Truda : Eh bien…
Gabi : … fasse, fasse, filasse ?
Mémé Truda : Justement, il faudra que tu filasses…
Gabi : Bon, bon, à quelle heure ? J’ai faim, moi, j’ai faim…
Mémé Truda : Alors viens à 8 heures demain dans ma roulotte. Tu la reconnaîtras facilement, hier elle était en plastique, mais ce matin elle s’est transformée en une roulotte en chocolat !
Gabi : Roulotte en chocolat… roulotte en chocolat ? J’ai pas déjà entendu ça quelque part, moi ?
Mémé Truda : Je ne l’ai pas déjà vu quelque part, celui-là ? Mais non, voyons. Il n’a pas d’argent. Les pauvres ne m’intéressent pas… Sauf quand ils peuvent m’aider pour pas cher.

Noir – Musique

Acte II : La mission de Gabi
(Lieux : Caravane en chocolat de Mémé Truda et chez Elia)

Scène 1 : Rendez-vous devant la caravane en chocolat
Personnages : Mémé Truda - Gabi

Mémé Truda attend devant sa vieille caravane en chocolat. Elle mange une plaquette (de chocolat au lait et aux noisettes, bien entendu).
Arrive Gabi. Quand elle l’aperçoit, Mémé Truda range vite fait son chocolat et avale son carré le plus vite possible pour pas que le clochard lui en demande un bout.
La diseuse le fait approcher, puis découvre sa boule de cristal… en plastique, très bien imité, made in Taiwan. Elle commence à agiter ses mains au-dessus de la boule et récite une incantation confuse qui ne tient pas debout.
Mémé Truda : Bali blabla, Rici-ouda,
  Lulu bali… Blabla.
Gabi : C’est moi ! Je suis venu.
Mémé Truda : Ouais, j’ai vu…
Gabi : Alors où est le chocolat ?
Mémé Truda : Euh…
Gabi : Pas de chocolat ? Pas de chocolat ?
Mémé Truda : Laisse-moi me concentrer ! Faut que je prédise ton avenir, quand même !
Gabi : Ah ! Est-ce que bientôt je serai riche ? Pour pouvoir manger tout ce que je veux ?
Mémé Truda : (elle reprend son incantation confuse, puis :)…Malheureusement, non. Sauf…
Gabi : Sauf quoi, sauf quoi ?
Mémé Truda : Sauf qu’il me faut, pour réaliser ton vœu, une boule magique, The Boule, La Rouge Feu, que détient ma seule fille.
Gabi : Quelle sale fille ? Sale fille !
Mémé Truda : Exactement,  tu sais bien, la sorcière en rouge et noir qui remuait ses potions, hier.
Gabi : Des potions ? ça se mange ?
Mémé Truda : La sorcière aux potions, c’est ça. Eh bien c’est elle, elle a volé ma boule.
Gabi : Oh, la voleuse !
Mémé Truda : Mais si tu parvenais à la lui dérober à ton tour, je pourrais te rendre riche.
Gabi : Et je pourrai manger ? Je pourrai ouvrir un restaurant ?
Mémé Truda : Si tu veux…
Gabi : Bon. T’inquiète pas, je vais faire ami avec elle, et quand on se sera bien révélé nos confidences, je lui ferai parler de la boule et je la lui volerai pour toi.
La vieille diseuse sourit d’un air narquois et malicieux. Le clochard lui sourit en retour.
Gabi : Je vais être un homme hyper riche. Je mangerai tout ce que je voudrai.
Mémé Truda : Tiens, pour la peine, je te donne un bout de chocolat.
Elle lui découpe la moitié d’un carré. Le clochard fait la moue, mais aucun commentaire. Il mâche lentement, longuement, le carré, pour profiter au maximum de cette nourriture.
Gabi : Est-ce que vous pouvez me donner l’autre moitié ?
Mémé Truda : Non il n’y en a plus.
Gabi : Alors je vais aller démonter la roue, en chocolat noir.
Mémé Truda : Ah non alors ! la roue m’est indispensable. Attendez, attendez, je vais vous donner un boulon.
Il mange, et quitte la caravane en chocolat.
Mémé Truda sort en prenant ses affaires.

Scène 2 : Chez Elia, au magasin de potions
Personnages : Elia - Gabi

Elia arrive et installe son échoppe avec quelques ustensiles. Elle commence à préparer des potions, peut éventuellement trier ses vieux chewing-gums… etc
Puis Gaby arrive
.
Gabi : Bonjour, je m’appelle Gabi. (Il regarde le magasin bizarrement)
Elia :  (le dévisage. Au public :) C’est bizarre, j’ai l’impression de le connaître… (Elle le dévisage encore) Ben non, ça ne me revient pas.
Gabi : ( s’impatientant. Il répète)  Bonjour, je m’appelle Gabi.
Elia : Ah oui, excusez-moi… Que désirez-vous ?
Gabi : Euh, ça sent bon chez vous.
Elia : Oui, je prépare très bien les potions.
Gabi : Celle-là, elle est à la fraise ?
Elia : Oui.
Gabi : Je peux goûter ?
Elia : Allez-y… c’est une potion pour guérir de…
Mais Gabi n’écoute pas. Il a pris le flacon et il a bu presque la moitié. Content, il se frotte le ventre.
Gabi : Et celle-là, je peux goûter… ?
Elia : Je ne vous la conseille pas, elle est aux champignons vénéneux.
Gabi : Ah bon ? Dommage… Je pourrais peut-être essayer, quand même…
Elia : Non ! Qu’est-ce que vous cherchez, exactement ?
Gabi : Oh, rien, je voudrais faire connaissance avec vous. Une certaine personne m’a parlé de vous.
Elia : Ah bon ?
Gabi : Oui, elle m’a dit que…
Gabi regarde sous la table.
Elia : Dit quoi ?
Gabi : (en se relevant) Oh, rien. Dit rien.
Il se contorsionne dans tous les sens pour trouver la boule.
Elia : Qu’est-ce que vous avez ?
Gabi : Je me gratte. Quand j’ai trop faim ça me gratte partout.
Elia : Vous êtes un curieux personnage, vous…
Gabi : Curieux, c’est le mot. Vous savez qu’une certaine personne possède une boule de cristal rouge ?
Elia : Une boule de cristal rouge ?
Gabi : Ouais.
Elia : Euh… Vous voulez un gâteau ?
Gabi : Un gâteau ! volontiers.
Elia sort. Gabi en profite pour fouiller encore.
Gabi : (Tout en fouillant, il dit pour lui-même) Je ne la trouve pas… Mémé Truda m’a pourtant affirmé… cette vieille sorcière !
Elia : (l’observe, cachée derrière la porte. Elle se gratte la tête et dit tout bas, au public : Ah, j’ai compris ! c’est ma mère qui l’envoie…
Gabi : (fatigué de chercher, crie) Vous l’avez trouvé, ce gâteau ?
Elia : (ramenant une part de gâteau) Voilà voilà j’arrive.
Gabi : Mmm… délicieux. Merci !
Tout en mangeant, Gabi continue à fouiller. Il se contorsionne pour regarder derrière Elia et sur les côtés.
Elia : Dites, vous voulez acheter un médicament contre le grattage ?
Gabi : Ben…
Elia : Vous avez mal à la tête parfois ? car vous pourriez acheter une potion contre les maux de ventre.
Gabi : Non c’est bon merci, je n’ai pas de maux de ventre. Sauf quand j’ai trop faim, évidemment…
Elia : Et une potion contre la boulite aigue ? vous en voulez une ?
Gabi : Hein, quoi ? c’est quoi ça ?
Elia : La boulite aigue, c’est la maladie des gens qui voient des boules rouges partout…
Gabi : Merci, ce n’est pas mon cas. Je n’ai vu qu’une boule rouge l’autre jour, et elle avait sauté dans votre chaudron…
Elia : (Elle est gênée. Au public :) Flûte, il en sait beaucoup trop… Je ne peux quand même pas lui donner la boule… Je vais détourner son attention. (A Gabi :) Vous voulez voir ma collection de chewing-gum ? Je fais collection de chewing-gums déjà mâchés, vous savez. J’en ai de toutes les couleurs. Plus tard j’ouvrirai un musée pour tous les exposer.
Gabi : Oui pourquoi pas ?
(Elia prend une boîte assez grande, et l’ouvre pour la montrer au clochard. Gabi regarde avec attention les chewing-gums. De temps en temps, il se contorsionne pour essayer d’en attraper un. Elia bouge tout le temps la boîte. Finalement, il arrive quand même à en mettre un dans sa bouche, et deux dans ses poches…)
Gabi : (la bouche pleine) Bon, chette boule rouche alors, vous chavez qui ch’est qui l’a ?
Elia : (énervée) Vous croyez que c’est moi qui l’ai, cette boule ? Vous vous trompez. Et en plus, vous avez volé trois de mes chewing-gums !
Gabi : Vrai ! ils shont délichieux !
Elia : Sortez de chez moi. JE SAIS QUI VOUS ENVOIE.
Gabi : D’accord, d’accord ! (il fait une bulle avec son chewing-gum, en partant). Mmm… délicieux ! Allons voir cette Mémé Truda. Pff… c’est loin… Je suis fatigué. Et puis, qu’est-ce que j’ai besoin d’une boule rouge, après tout ? UNE BELLE BULLE ROUGE, ÇA ME SUFFIT BIEN ! BULLE ROUGE, BULLE ROUGE… (il sort)

Elia : ( hoche la tête) Pauvre homme ! il avait tellement faim… Maintenant, il ira bien. Ces chewing-gums ont la propriété de ne jamais perdre leur goût, et de nourrir mieux que des frites… (tourne sur elle-même en chantonnant :) J’ai fait une bonne action, et j’ai fait une farce à ma mère ! Plus jamais ce Gabi n’aura besoin d’aller voir Mémé Truda…

Noir – Musique ??

Acte III : Le dessert  du Sahara à la rame et en patins
(Lieu : Sur la place de la ville)

Scène 1 : Rencontre molle
Personnages : DJ K – Mr ?

DJK et Mr ? déambulent comme des automates sans se voir. Ils se rencontrent,  sans énergie, entament la conversation sans conviction. La boule rouge se promène très haut au-dessus d’eux.
DJK : Shuss ! J’m’appelle DJ K.
Mr ? :  Salut, DJ K. Je me souviens, je t’ai rencontré, l’autre jour.
DJK : C’est vrai. C’est quoi déjà, ton nom ?
Mr ? :  ça  ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
Mr ? :  Mon nom ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
Mr ? :  ça  ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
DJK : T’es nul, tu dis même pas ton nom !
Mr ? :  Et toi, c’est quoi ton nom ?
DJK : Moi, c’est DJ K., fils de DJ F. et de DJ B. Et je fais tourner les platines, quand j’arrive à avoir de l’électricité.
Mr ? :  J’ai un problème, je détruis mon immeuble à chaque fois que je fais de la magie. Ça m’énerve de devoir le réparer à chaque fois. Surtout que dans ce monde de maintenant c’est très lent. Les briques mettent un temps fou à se cuire, les murs à s’élever, les fenêtres à se former… mais le pire, c’est les escaliers.
DJK : Pourquoi ?
Mr ? :  Ils ne se montent que d’une marche à la fois.
DJK : Fais plutôt des ascenseurs !
Mr ? :  J’ai essayé, mais ils mettent des heures à arriver en haut ! Ah là là, j’en ai marre des immeubles ! Ma magie est trop forte pour les immeubles !
(la boule qui se promène en l’air depuis un moment se pose sur DJK)

Scène 2 : En plein dessert, à la rame
Personnages : DJ K – Mr ?

Lumière sur DJK 
DJK : (transformé) Schuss, J’ai tout ce qu’il te faut, je t’emmène dans mon dessert du Sahara !
Mr ? :  C’est quoi ton dessert ?
DJK : C’est une glace nappée de chantilly.
Mr ? :  Il est où, ton dessert ?
DJK : Il est en plein milieu de l’île flottante, dans la mer de crème anglaise.
Mr ? :  Elle est bonne, la mer ?
DJK : Beurk, elle est à la fois sucrée et salée !
Mr ? :  Ah, dégueu !
DJK : Mais ma glace et ma chantilly sont super bonnes ! ce sont les meilleures du monde.
Mr ? :  Comment on fait pour y aller ?
DJK : C’est simple, il suffit de prendre une embarcation en petit beurre.
Mr ? :  Où ça ?
DJK : Là, regarde ! Lumière sur Mr ? 
Mr ? s’anime aussitôt. DJK  l’emmène un peu plus loin sur la place,  s’assoit par terre et fait signe à Mr ? de s’asseoir en face de lui.
DJK : Prenez place, cher ami !(Il saisit des rames (imaginaires) et commence à ramer.) C’est un bon exercice, ça. Je me fais des muscles, avec mes rames.
Mr ? :  Ah bon ?
DJK : Ouais, c’est mieux, pour pouvoir attraper les bêtes sauvages et les dompter…
(Il montre ses muscles. Mr ? sifflote).
A chaque coup de rame, ils avancent un peu sur le sol, par la force des jambes.
Mr ? :  Ca fait des heures qu’on est en pleine mer en train de ramer, non ?
DJK : Mmmm…
Mr ? :  Pourquoi t’as pas pris un bateau électrique ?
DJK : Ben, c’était trop cher !
Mr ? :  T’as qu’à vendre ton île « desserte »…
DJK : Toi-même, t’as qu’à vendre ton immeuble.
Mr ? :  Je l’ai détruit…
DJK : T’as qu’à le réparer encore une fois et le revendre !
Mr ? :  (il pâlit) Oups, j’ai oublié mon porte-monnaie dans mon immeuble !
DJK : Compte pas sur moi pour t’en donner.
Mr ? :  T’inquiètes, je suis pas venu pour avoir de l’argent, je suis venu pour m’entraîner à faire de la magie.
DJK : (d’un ton ironique) Compte pas sur mon île pour que tu la manges !
Et ils avancent encore un peu.
En fond de scène à Jardin, apparaît Basta avec son lance-flammes.

Scène 3 : L’île desserte
Personnages : DJ K – Mr ? - Basta

Lumière sur Basta 
(C’est Mr ? qui rame. DJK regarde et voit au loin Basta, mais ne le reconnaît pas tout de suite)
DJK : C’est qui ce malade mental qui essaye de cramer un pigeon au lance-flamme ?
Mr ? :  C’est un pyromane, tu crois pas ?
DJK : J’ai trouvé, c’est Basta ! C’est mon maître, en train de faire de la méditation.
Mr ? :  Qu’est-ce qu’il t’apprend ?
DJK : Il m’apprend qu’il faut changer le monde.
Mr ? :  Et alors ?
DJK : Alors pour changer le monde, il faut le brûler complètement.
Mr ? :  Et alors ?
DJK : Alors il m’apprend à cramer tout ce qui passe sur mon chemin, andouille !
Mr ? :  Et tu le crois, toi ?
DJK hausse les épaules. Il reprend les rames, et se dépêcher d’arriver à l’île pour accoster.
Basta les a vus. Il gesticule sur l’île et crie en s’adressant à eux.
DJK : (appelant Basta)Eh maître !
Basta :  Quoi ?
DJK : On est en train de parler de toi.
Mr ? :  Oui, il parait que tu l’as  pris comme apprenti ?
Basta :  (répondant à Mr ?) Oui, il a juste le droit de verser le pétrole, à part quand je l’autorise à faire autre chose. (A Basta :) Saute tout de suite de ton « bateau », et viens verser du pétrole sur toute l’île.
Mr ? :  A quoi ça te sert à toi, DJ, d’apprendre à cramer ?
DJK : On brûle des forêts et tous les animaux s’enfuient, alors moi je les capture, euh… écologiquement.
(à Basta) Qu’est-ce que vous faites ici, maître ?
Basta :  On m’a dit qu’il y avait une délicieuse île flottante géante, j’ai voulu la brûler pour faire une crème brûlée, et puis plus tard la manger. Mais cette mouette a osé faire caca sur une boîte de MES allumettes. Alors je DOIS la carboniser. C’est mon devoir.
DJK : Maître, j’ai une bien meilleure idée ! Versez du pétrole dans la mer ! Et toi le magicien, fais apparaître des patins à crème, pour qu’on patine sur la crème anglaise cramée.
Mr ? :  D’accord !
La lumière se promène sur eux.

Scène 4 : Patinage artistique
Personnages : DJ K – Mr ? – Basta - Estelle

Ils se mettent à patiner sur la place. Au bout d’un moment, Estelle arrive. Elle les regarde, patiner sans patins et ramer sans rames. Elle est morte de rire.
DJK :  (la voit et l’appelle) Eh la môme, tu viens ?
Estelle :  Où ça ?
DJK :  On patine sur de la crème anglaise brûlée. Tu vois pas ?
Estelle :  Ah bon ? Ah, d’accord.
DJK : (à Mr J ?) Tu lui envoies des patins à crème ?
Mr J ? :  D’accord !
Mr ? fait le geste de lui envoyer quelque chose. Estelle fait semblant de mettre les patins.
DJK :  Tu viens maintenant, la môme ?
Estelle :  Je m’appelle Estelle !
DJK : (rêveur) Estelle, ça veut dire Etoile, Star...
Basta : Tu dois brûler joliment, toi…
Estelle rit (ou hausse les épaules)
DJK : Tu scintilles…
Elle se met à patiner.
Basta : (sortant une flasque) Tu veux un peu d’eau de feu ?
Estelle : Pourquoi pas ? (elle boit)
C’est la fête, ils rient et dansent. La boule rouge se promène  ici et là. Puis elle part plus loin. Soudain, tout le monde est très fatigué, ils bâillent, puis  se couchent sur place et s’endorment.

Noir – Musique

Acte IV : Papilou et la boule magique
(Lieu : Sur la place de la ville)

Personnages : Estelle – Voix de la Boule (Gabi)
Estelle se réveille toute seule sur la place. Plus de patins, plus de crème glacée brûlée, plus d’amis… Elle s’étire, et gémit :
Estelle : Tout va mal dans ma vie ! j’en ai marre !
Boule : Ah bon ! tu ne disais pas ça hier, ma poule !
Estelle : Oh là là, j’ai dû trop faire la fête hier !
Boule : Qu’est-ce qui te fait dire ça, Esteloule ?
Estelle : Eh ben… j’entends des voix !
Boule : Une voix, ma poule ! mais quelle voix ! Celle de la rouge boule. Celle qui sait prédire l’avenir qui roucoule.
Estelle : Hier j’ai vu de la crème glacée brûlée sur la place. J’avais l’impression que toute la ville était transformée en piste de glace ! Et aujourd’hui j’entends une boule qui me traite de poule… Ce doit être la disparition de Papilou qui m’a rendue un peu maboule !
Boule : Est-ce que vraiment tu te sens mal en ce moment, tu me serais pas un peu saoule ?
Estelle : Oh, ça va vraiment pas. Je vais aller voir mes amis pour qu’ils me réconfortent… sauf que mes amis, depuis que Papilou a disparu, c’est que ma conscience et mes idées, j’en ai pas d’autres, dans cette foule !
Boule : Et ceux d’hier, qui patinaient cool ?
Estelle : Tu vois pas qu’ils sont partis, ces andouilles ?
Boule : Et moi, la rouge boule ?
Estelle : Je te connais pas, dérouille !
Boule : Moi je te connais bien Esteloule, tu es habillée avec jogging, un tee-shirt et un chapeau noir avec des étoiles en semoule !
Estelle : C’est vrai, mais j’ai que ça comme habits, c’est pas difficile de deviner, la boule. Je vis dans la rue et j’suis pas comme les riches, je peux pas changer de fringues tous les jours qui s’écoulent !
Boule : Pourtant, elles sont plutôt jolies, tes dépouilles.
Estelle : Mais comment tu sais ça, rouge boule ?
Boule : Il m’a tout raconté, Papiloule !
Estelle : Papilou ?
Boule : Oui, Papiloule.
Estelle : Mais où es-tu, qui es-tu ? comment connais-tu Papilou, et tous mes secrets, tu m’embrouilles  ? (Elle commence à chercher partout).
Boule : Je suis la confidente de Papiloule, le sorcier cool, depuis toutes ces années qui s’écoulent....
Elle attrape la veste de Papilou qu’elle a gardé sur elle, et fouille dedans. Elle trouve une bouteille de whisky et une boule de cristal.
Estelle : Papilou me l’a laissée en héritage ! Merci Papilou ! (Elle regarde la boule avec attention. Elle voit  des choses dedans.) Eh, tu es une boule de voyance ! Tu brilles comme une ampoule !
Boule : Eh oui, je suis la boule des boules !
Elle danse, contente. Puis elle réfléchit, elle a l’air embêtée.
Estelle : Pourtant ça fait plusieurs fois que dans cette poche je fouille, et je ne t’avais jamais vue avant, ma citrouille.
Boule : Eh eh. C’est vrai, je viens juste d’arriver, je roule…
Estelle : Eh, mais comment tu te débrouilles ?
Boule : Ça je ne te dirai pas. C’est un mystère, mystère qui s’enroule…
Estelle : Oh là là, toi t’as la grosse bouille…
Boule : Nous avons des choses à faire toi et moi, Esteloule.
Estelle : Ah bon, ma grenouille ?
Boule : Oui, beaucoup de choses à faire. Je vais devenir ton amie, jolie poule.
Estelle : Bof… J’y crois pas. Je suis riche d’idées mais pauvre d’attirances, autour de moi y’a pas foule. Les gens n’en ont rien à faire de moi, je les embrouille. Mes amis, ce sont mes idées, qui les saoulent.
Boule : Mais je ne suis pas une personne ordinaire, moi j’écoute et roucoule.
Estelle : C’est vrai, tu es une boule… Alors tu crois qu’entre nous, ça roule ?
Boule : Et comment! avec moi comme boule, la vie comme un rêve se déroule !

Estelle s’assoit par terre et elle scrute la boule, qui n’arrive pas de bouger et de s’enfuir.
Estelle : - Tiens-toi tranquille, je vois des formes .
Boule : - Désolée, j’ai la bougeotte, ouille.
Estelle : - On dirait Papilou en plus vieux, il a les yeux dépourvus d’émotion.
Elle colle son oreille sur la boule.
Papilou, (voix folle qui monte et qui descend) :
- Qui suis-je, où suis-je ? Qui suis-je, où suis-je ? (plusieurs fois)
Estelle : - Qu’est-ce qui s’est passé, la boule ?
La boule : - il a besoin d’aide, ou plutôt, j’ai besoin d’aide, au secoule !
Estelle : - Je pars l’aider. Eh, la boule, tu deviens sombre !
La boule : - Je coule !
IL faut que tu m’emmènes chez Mémé Truda, une spécialiste des boules, mais ne m’y abandonnes pas, cette bonne femme diabolique n’est pas cool !

(elle sort avec la boule)

Acte V : Les difficultés de Camomille
(Lieu : Sur la place de la ville)
Scène 1 : Camomille agace Sara
Personnages : Camomille – Sara (voix de Louise)

(Sur la route de l’école, avec leurs cartables)
Sara : On fait une petite pause ? C’est loin l’école !
Elles s’arrêtent.
Sara : Regarde, Camomille, j’ai préparé le repas. Ce sont des sandwichs aux champignons.
Camomille : Oui. Comme hier. Et comme avant-hier.
Sara : Forcément, je sais faire que ça ! Mais ceux-là sont meilleurs qu’hier. J’y ai rajouté du ketchup.
Camomille : Mmm…
Sara : Tu m’écoutes ou pas ?
Camomille : Hein ?
Sara : Tu m’énerves, t’es toujours dans la lune, et tu t’occupes jamais de moi. T’es chiante !
Camomille : Tais-toi, je rêve !
Sara : T’es folle ! Plus personne ne rêve dans ce monde… y a plus assez d’imagination !
Camomille : Ben moi, je rêve… Comme avant. Et même plus qu’avant.
Sara : Je crois plutôt que tu mens.
Camomille : Mmmm (chantonnement).
Sara, énervée, va et vient.
Sara : Pfff ! et tu rêves à quoi, d’abord ?
Camomille : Que j’avais 20/20 au contrôle d’histoire.
Sara : Mais à quoi ça te sert de rêver ça ?
Camomille : La plupart du temps, quand je rêve, mon rêve devient réalité.
Sara : N’importe quoi ! je te crois même pas.
Camomille : Tu verras, demain j’aurai 20.
Sara : Tu devrais plutôt réviser au lieu de rêver sinon tu pourrais avoir de mauvaises notes.
Camomille : J’ai des bonnes notes grâce à mes rêves.
Sara : C’est ce qu’on va voir. (elles sortent de scène)

Dit par Louise : Le lendemain.
(Sur la route de l’école, avec leurs cartables)
Camomille : (elle montre sa feuille) T’as vu, Sara, j’ai 20 !
Sara : Ouha ! mais c’est vrai, c’est marqué là… Est-ce que tu pourrais rêver que j’ai des stylos ? je manque toujours de stylos, j’adore les stylos de toutes les couleurs.
Camomille : Bien sûr ! (Elle essaye de se concentrer.) Attends, je suis fatiguée là, je n’y arrive pas…
Sara : Tu n’y arrives pas ?
Camomille : Oui, je ne vois que des stylos noirs, noirs, ou des stylos à tête de chasseurs méchants ! Aïe ! ils vont m’assommer…
Sara : C’est toi qui te paye ma tête, là.
Camomille : Pas du tout, j’essaie… C’est l’intention qui compte, non ?
Sara :  Mais, Camomille, j’arriverai jamais à écrire de jolies histoires, avec des stylos à tête de chasseurs méchants !
Camomille : Ah oui, c’est sûr. Tu veux écrire de jolies histoires, toi ?
Sara :  Oui. Pour ça j’ai besoin de stylos de toutes les couleurs. Tu peux réessayer, dis ? S’il te plait… pour moi.
Camomille : D’accord, je réessaye…
Sara : (excitée) J’en veux un multicolore, pour des histoires de fleurs. Un doré, pour des histoires de fées. Un bleu azur, pour des histoires qui durent…
Camomille : Tu me déconcentres, là !
Sara :  Je te déconcentre pas, je t’explique !
Camomille : (soupire) Et voilà, ils sont partis je sais pas où, tes stylos.
Sara :  Oh, Camomille, fais-les revenir !
Camomille : Je ne peux vraiment pas, là. Je suis trop fatiguée.
Sara :  Et pourquoi t’es si fatiguée, Mademoiselle, on peut savoir ?
Camomille : C’est qu’à l’école on a parlé des bébés phoques, tu sais, ceux que les chasseurs tuent pour prendre leur fourrure.
Sara :  Oh les pauvres !
Camomille : Et alors, j’ai transformé les armes des chasseurs en ballons roses !
Sara :  Et alors ?
Camomille : (un peu agacée)  Tu verras, demain ce sera aux informations !
Sara :  Et mes stylos, alors ?
Camomille : (l’air très fatigué)  Tes stylos, je m’en occuperai demain.
Camomille, de plus en plus fatiguée, quitte la scène.
Sara :  (au public) J’en ai marre, j’en ai marre ! Elle s’occupe de tout le monde, sauf de moi ! Elle dit qu’elle a de l’imagination, mais elle ne me raconte même pas d’histoires. Pas d’histoires, pas de jeux, pas de stylos. Que des rêves où je ne suis pas. Je m’ennuie avec elle. Je vais partir. Je vais chercher des gens qui auront plein d’histoires à me raconter. (au moment où elle va sortir, Mr ? qui arrive retient son attention)
Scène 2 : Sara se venge grâce à Mr ?
Personnages : Mr ? – Sara

Mr ? veut sortir sa baguette magique de sa poche et à la place c’est un stylo multicolore qu’il trouve.
Mr ? : (étonné)  C’est pas ma baguette, ça ! Où elle est passée ? (Il cherche, ne trouve pas) Après tout, peut-être que mes tours de magie réussiront mieux comme ça….
Sara :  Eh, Monsieur au Stylo.
Mr ? : Je suis pas « Monsieuraustylo », je suis Mr ?
Sara :  Eh, Monsieur qui n’a pas de nom.
Mr ? : Qu’est-ce qu’il y a ?
Sara :  Tu as un magnifique stylo. Tu dois pouvoir écrire plein d’histoires, avec ça.
Mr ? : Pas du tout. Je suis magicien.
Sara :  J’ai besoin de ton aide. Je suis malheureuse.
Mr ? : Ah bon ? Tu fait exploser ton immeuble ?
Sara :  Pas du tout.
Mr ? : Moi, ça m’arrive tout le temps.
Sara :  Quelle drôle d’histoire !
Mr ? : C’est pas une histoire, et en plus elle est pas drôle.
Sara :  Dis, t’en as d’autres à me raconter ?
Mr ? : Des histoires qui sont pas drôles et qui sont pas des histoires ?
Sara :  Oui ! J’adore.
Mr ? : Ah bon ! Oui, j’en ai plein.
Ils se rapprochent, comme s’ils se faisaient des confidences :
Mr ? : Et patati et patata, et patatus, et… patatras.
Sara :  Ah ah ah ! oh oh ! J’adore !!!
Mr ? : Et celle-là, tu la connais ?
Il chuchote quelque chose à l’oreille de Sara, qui se tord de rire.
Sara :  Oh là là, ça fait du bien de rire !
Mr ? : Alors, qu’est-ce qui te rendait si malheureuse ?
Sara :  C’est que ma sœur, elle est toujours occupée avec ses rêves, elle a jamais le temps pour raconter des histoires.
Mr ? : Ah bon ? elle rêve tout le temps ?
Sara :  Que des rêves où je ne suis pas.
Mr ? : Ca c’est pas juste… on va les arranger un peu, ses rêves. (Formule cabalistique)
Abracadabra
Rêves tout droits
Abracabru
Devenez tordus !

Et voilà ! Maintenant ils sont tordus, ses rêves.  Justement, elle arrive. Tu vas voir. Cachons-nous.

Scène 3 : Les rêves tordus de Camomille

Camomille : Elia, Elia, je ne sais pas où est passée ma petite sœur.
Elia : Elle ne doit pas être loin, je suis sûre qu’elle va revenir !
Camomille : Mais la nuit va bientôt tomber !
Elia : Bon, d’accord, je veux bien t’aider.
Camomille : Merci beaucoup, Elia.
Elia : J’ai une idée, on n’a qu’à préparer un aliment qu’elle adore, pour l’attirer.
Camomille : Super ! Attends, elle adore les gaufres à la confiture de fraise. Je me concentre…
Elia : Et moi j’allume le feu…
Camomille : Plouc ! Et voilà, des gaufres… (dans la marmite)
Elia : Oui, mais elles sont au Nutella.
Camomille : J’ai encore rêvé faux.
Sara :  Miam, miam ! ça sent les gaufres !
Camomille : Sara ! tu es revenue !
Sara :  Eh oui ! ça sentait trop bon.
Camomille : Je suis contente de t’avoir retrouvée !
Sara :  Et maintenant, tu as le temps pour mes stylos ?
Camomille : Oui, bien sûr, je me concentre… Stylos multicolores, pour des histoires de fleurs. Stylos dorés, pour des histoires de fées. Stylos…(Elle regarde dans ses mains, a l’air étonné) Oh là là Sara, je me suis trompée ! je t’ai fait des stylos au Nutella !
Sara :  Pas grave, Camomille ! Avec ces stylos au Nutella, j’écrirai des histoires en chocolat ! (Elle part contente en chantonnant :)  Stylos au Nutella, pour des histoires en chocolat. Stylos au beurre, histoires sucrées pour ma sœur. Stylos cannelle, histoires qui ont des ailes…

Camomille est soucieuse car ses rêves sont « tordus ». Elle se concentre. Quand elle a fini, elle se dirige vers Elia
Camomille : Dis, Elia, tu aimes les épinards ? Je viens de rêver que tu adorais les épinards !
Elia : N’importe quoi, je déteste ça.
Camomille : Pourtant d’habitude quand je rêve quelque chose, ça devient vrai… Elia : Tu as encore rêvé de travers, Camomille…
Camomille : Pourtant je suis sûre cette fois… Y’avait pas de chasseur méchant, dans mon rêve !
Elia : Des épinards ? Beurk. Rien que d’y penser, ça me fait éternuer, tiens. Je suis presque toujours enrhumée, c’est mon problème.
Elle essaye une formule, catastrophe.
« Atchumbrum
Volumalllume ! »
Oh là là, oh là là, c’est la 26e formule contre le rhume que j’essaye cette année, et ça n’a rien arrangé. Est-ce que je resterai enrhumée toute ma vie ? Je vais aller chercher la boule de cristal rouge, je suis sûre qu’elle m’aidera à exécuter la bonne formule…
Camomille : Attends, j’ai pas du tout rêvé ça, moi…
Elia : Oui. Bon, tu me laisses chercher ma boule, là ? parce que je veux savoir si oui ou non, je resterai enrhumée toute ma vie ? atchoum !
Camomille : Oui, oui, d’accord (bâillement).
Elia : ( se met à chercher partout)  Où elle est la boule ? J’ai perdu  la boule !
Elle demande à Camomille de chercher aussi. Celle-ci ne trouve rien non plus !
Elia : Bon, la boule rouge est partie.
Camomille : Attends, je vais me concentrer et rêver que tu la retrouves…
Elia : (au public :) Elle va encore rêver de travers !
(à Camomille, précipitamment :) Non, non, tant pis. Je crois que cette boule rouge, elle n’aime pas qu’on la garde prisonnière....
Camomille : Oui, tu dois avoir raison.
Elia : De toute façon, je n’en ai plus vraiment besoin. Grâce à elle, j’ai refait tout mon stock de potions. 
Camomille : Et pour tes formules ? Elle aurait pu m’aider…
Elia : C’est vrai… (Elia se gratte la tête). Mais on ne peut pas tout avoir, hein ?
Camomille : Pauvre Elia !
Elia : Pauvre ? Pas du tout. Je suis riche de mes potions. Et de mes chewing-gums. Tu veux les voir ? Je fais collection de chewing-gums déjà mâchés, tu sais. J’en ai de toutes les couleurs. Tu veux les voir ?
Camomille : Avec plaisir une autre fois. Là, c’est l’heure de partir à l’école, il faut que j’aille rêver en classe.
Elia : Ah bon ?
Camomille : Oui, on va avoir un contrôle de math, alors il faut que je me dépêche de rêver les bons chiffres, sinon… Et après, faut que je rêve au réchauffement climatique, parce que là ça va plus, il pleut tout le temps !
Elia : Qu’est-ce que tu vas faire ?
Camomille : Euh… un bel arc-en-ciel, je crois.
Elia : Bon courage ! moi, je vais préparer quelques potions pendant ce temps là. Des potions contre le rhume. (Elle éternue)
Camomille : D’accord ! Je vais rêver qu’elles sont réussies…
Elia : Euh… Super ! Je me sens déjà mieux. A bientôt, Camomille.

Noir. Musique

Acte VI : Estelle et Mémé Truda
(Lieu : Caravane en chocolat.)

Dans la caravane de Mémé Truda, installée sur un champ de foire, Estelle entre.
Estelle :   Bonjour Madame.
Mémé Truda : (en aparté) Quelle impolitesse, cette gamine de rue.
(à Estelle) On dit Melle.
Estelle : Oui, bon, d’accord Melle. J’ai hérité d’une boule de cristal et je voudrais en savoir plus à son sujet. Surtout, je voudrais avoir des nouvelles de celui qui me l’a donnée, Papilou…
Elle sort la boule.
Mémé Truda : Montre toujours, gâmine !
Elle lui montre la boule, et sur un ton très gentil :
Mémé Truda : Vous serez mieux installée dans un grand fauteuil, sinon vous allez avoir des courbatures.
Estelle :   Merci, c’est gentil à vous.
Mémé Truda : Ne me remerciez point, voyons, c’est tout naturel. Et que vous devez avoir faim, ma pauvre petite.
Elle sort une plaquette de chocolat et donne à son invitée, pour la première fois de sa vie, DEUX carrés de chocolat. Estelle demande :
Estelle :   Que pouvez-vous me dire au sujet de cette boule de cristal ?
Mémé Truda lui arrache des mains, ouvre de grands yeux.
Mémé Truda : Il faut que je l’examine avec des objets spéciaux qu’il faut que j’achète. Prêtez-la moi quelques jours.
Estelle :   De quels genres d’outils spéciaux avez-vous besoin ?
Mémé Truda : Un chalumeau, un fer à repasser, un marteau et quelques vis et un fer à souder.
Estelle :   Je ne suis pas sûre de vous la laisser (Estelle est apeurée)
Mémé Truda : Je plaisantais ma petite, c’était une blague.
(au public) : Quelle génération à croquer… ! ah, j’vous jure !
Estelle :   Je vous la laisse pour deux jours, je reviendrai la chercher ici.

En réalité, Estelle se cache pour épier Mémé Truda.
Mémé Truda se met à interroger fébrilement la boule magique.

Mémé Truda : ma chère petite boule, je voudrais savoir comme je pourrais devenir riche très vite !
La boule : je vais te raconter l’histoire d’Albert
Mémé Truda : mais je m’en fous, de l’histoire d’Albert, moi ce que je veux c’est devenir riche.
La boule : c’est ton mari pourtant ! Il t’a quitté à cause de l’argent, parce que tu en parlais tout le temps !
Mémé Truda : oui mais l’argent c’est plus important qu’Albert. Dis-moi comment faire pour en faire ! Par l’enfer !
La boule : je vais quand même te raconter l’histoire d’Albert. Tout a commencé quand il t’a quittée. Estelle il a rencontrée, et il l’a adoptée. Mais un jour, la boule l’a retrouvé, sans le vouloir elle l’a bousculé et l’a fait tomber, tomber, tomber et rouler. Depuis, Albert a perdu la mémoire. Il ne connaît plus d’histoires. Il ne connaît plus de vérités. Il a tout le temps faim, faim d’histoires, de vérités, de paroles. Et faim de chocolat… Depuis, Albert est devenu…
Mémé Truda : je ne veux pas le savoir, tout ce qui m’intéresse, c’est comment faire du fric, et vite, et vite et vite !
La boule : tu ne veux même pas m’écouter, moi je vais m’échapper.

(Estelle qui a tout entendu, revient)
Mémé Truda : Quoi encore toi. Je t’ai dit dans deux jours. Qu’est-ce que tu veux ?
Estelle : - Je viens récupérer ma boule, finalement, j’en ai besoin maintenant.
Mémé Truda : Quelle boule ?
Estelle : - La boule que je vous ai donnée tout à l’heure.
Mémé Truda : Personne ne m’a apporté de boule… Vous avez perdu la boule !
Estelle : - C’est vous qui avez perdu la boule. Je vous en ai amené une rouge, vous avez même dit que vous vous en occuperiez.
Mémé Truda : Mais vous arrêtez de me harceler avec cette boule ! Je n’ai rien qui vous appartient.
Estelle : - La boule de Papilou ! Je ne suis plus rien sans elle, je suis anéantie pour toujours ! C’est tout ce qui me restait de lui !
Mémé Truda : Eh oh, doucement, ne vous la jouez pas Cosette, ce n’est qu’une boule.
Estelle : - Mais c’était ma seule amie ! j’ai été maltraitée pendant mon enfance.
Mémé Truda : ça y est, maintenant elle se la joue Olliver Twist…
Estelle : - Arrêtez de vous moquer de moi, hein. Déjà que vous m’avez volé ma boule, n’en rajoutez pas.
Mémé Truda : Je n’accepte pas qu’on me traite de voleuse. Et maintenant, sortez de chez moi !
Estelle : - Je me vengerai.
Et elle part en claquant la porte.

Mémé Truda : et maintenant, à nous deux ! dis-moi comment faire du fric, et vite, et vite et vite !
Sinon, je te casse en deux.
La boule : tu ne veux même pas m’écouter, tu veux me casser, je suis trop énervée, moi je vais m’échapper !
Mémé Truda : eh, la boule ! où es-tu passée ? elle s’est volatilisée !

Scène 10 :

Mémé Truda, affolée,  arrive pour l’attraper. Elle demande aux garçons de l’aider. Mais elle est méprisante avec eux.
Mémé Truda : Bon, grouillez-vous, bandes de fainéants !
Mr ? : - Pourquoi se grouiller, on a toute la vie devant nous. C'est-à-dire 3 minutes, car dans trois minutes, je m’en vais.
Mémé Truda : pourquoi 3 mn ?
Basta : -  C'est-à-dire trois jours… il confond les minutes et les jours, celui-là.
Mémé Truda : et pourquoi 3 jours ?
Mr ? : - car dans trois jours je pense que la boule va nous reprendre notre imagination.
Mémé Truda : Bon, ben moi je suis pressée, j’ai pas trois jours, ni 3 minutes, j’ai 0 secondes.
Mr ? : - 0 secondes avant quoi ?
Basta : - Bonne question… Calmez-vous, je vais brûler le temps avec mon nouveau lance-flammes brûle-temps.
DJK : - Mais oui, calmez-vous, je vais vous relaxer avec de la musique. Vous connaissez ce nouveau morceau de mon invention ? Il fait scratch, scratch, vzzzzzz, boum !
Basta : - Plutôt mourir que d’écouter ce morceau de musique !
Mémé Truda : Mais ! Je m’en fiche de vos morceaux, de votre lance-flammes et de je ne sais quoi…
Mr ? : - Enfin quelqu’un qui me comprend !
Mémé Truda : Ah, toi alors, le lanceur d’abracadabra, tu vas m’aider tout de suite, j’ai besoin d’aide !
Mr ? : - Je ne dis jamais abracadabra ! J’ai beaucoup mieux
Basta : - Et c’est quoi ce beaucoup mieux ?
Mr ? : - je ne veux pas le dire…
Mémé Truda : Mais j’ai perdu ma boule ! il faut que vous m’aidiez à la rattraper.
Les trois garçons : - Rêve toujours !
Mr ? : - Elle peut même pas, elle n’a plus d’imagination…
Basta : - Et toc, alors !
Mémé Truda : Justement, il me faut ma boule.
Les garçons : - On vous aidera si vous le demandez gentiment.
Mémé Truda : J’ai pas le temps d’être gentille, je suis trop stressée ! Et quand je stresse comme ça, ma caravane en chocolat fond !
Mr ? : - N’importe quoi, ça n’existe pas, une caravane en chocolat.
Mémé Truda : - Vous me traitez de menteuse maintenant ?
DJK : - Bon, ben on va manger un peu de votre caravane en chocolat et on revient.
Ils s’éloignent.
Basta : - J’ai une meilleure idée, on va la brûler, sa caravane.
Mr ? : - oui, ça fera du chocolat noir…
DJK : - Et du chocolat blanc…
Basta : - Et du caramel brûlé !

Basta : - Eh, mais c’est vrai ! Elle en chocolat, sa caravane ! Camomille n’a pas menti, elle a vraiment rêvé cette caravane en chocolat !
Mr ? – Ah bon ? Il faut que je la récompense, alors… Je vais réciter une formule magique pour que Camomille arrête de rêver faux.
Il prend sa baguette et récite une formule magique.
- Je ne le dirai pas
Rêves tordus
Abracabru
Devenez droits !
Et voilu ! Euh… et voilà ! Oh, zat ! ça n’a pas marchu ! Je dois recommença ma formulu !
Il bouge sa baguette dans tous les sens.

Basta : - Bon, moi les gars, je me mets au boulot.
DJK : - Qu’est-ce que tu fais ?
Basta : - J’allume un petit feu.
DJK : - Je peux le faire avec toi ?
Basta : - D’accord. On va derrière la caravane, il n’y a personne, on ne sera pas dérangés.

Ils sortent.
Pendant ce temps, Mr ? redit sa formule, à l’endroit :
- Abracadabru
Rêves tordus
Je ne le dirai pas
Devenez droits !
Et voilà ! C’est bon cette fois !

Basta et DJK reviennent en courant :
- Viens, Mr ? C’est trop bon !
Mr ? : - Quoi, ma formule ?
DJK : - Non, la caravane, banane ! Quand le chocolat fond, c’est trop bon…
Basta : - Ah là là ! Je ne veux plus cramer que du chocolat… des maisons en bonbon, des îles à la vanille, et des châteaux cacao.

Scène 11 : Sur la place :

DJK : - Salut, Estelle !
Estelle : - Salut, DJ.
DJK : - K.
Estelle : - Quoi, t’es un cas ?
DJK : - Oui, je suis le plus grand DJ de ce monde. Je suis DJK.
Estelle : - Tu me montreras comment faire tourner tes platines ?
DJK : - D’accord, tu viendras dans ma grotte, avec Basta. On fera un gâteau…
Basta, de loin : - Au cacao !
DJK : - Et on boira…
Basta : - Du chocolat !
DJK : - Enfin bon, tu verras, ça dégomme…
Basta : - Des boules de gomme !
DJK : - Tu trouves pas qu’il nous assomme ?
Basta : - Avec des chewing-gums !
Estelle : - Et moi, je rigole !
DJK : - T’es cool, toi. Et t’es chic. Un look class ! Tu sais danser ?

A ce moment là, Gabi arrive, attiré par l’odeur du chocolat fondu. Estelle le reconnaît : c’est Papilou, qui avait perdu la mémoire et avait disparu…

Gabi et Estelle  :
Estelle : - Oh, mais tu es Papilou ! Mon papilou adoré…
Gabi : - Mais tu es sûre ? Mais oui, je te reconnais aussi… tu es Estelle, tu étais ma compagne dans la rue, tu étais comme ma petite-fille, je t’avais adoptée…
Estelle : - Oh mais tu as une drôle de tête…
Gabi : - J’ai passé un mauvais moment, mais maintenant je me souviens, c’est moi le grand sorcier Albert ! Je crois que j’avais perdu la mémoire. Mais maintenant, c’est moi, le diabolique, le mortel sorcier !
Estelle : - C’est bon là, n’exagère pas, t’en fais pas un peu trop ?
Gabi : - Oui, t’as raison.  De toute façon, j’ai pas envie de me venger. Je veux que tout le monde soit heureux.
Estelle : - Super !
Gabi : - Bon, j’aimerais bien que tous les SDF aient des aliments à leur portée et qu’ils n’aient jamais faim.
Estelle : - Tu n’as qu’à inventer, tu as le pouvoir de l’imagination !
Gabi : - D’accord. Le prochain SDF qui aura faim, je ferai apparaître devant lui un gros gâteau plein de crème, de chocolat, de choux à la crème…
Estelle : - Et pour chaque SDF tu inventeras un gâteau différent.
Gabi : - Oui, par exemple un gâteau à la mayonnaise glacée et au salsifi…
Basta : - ah non, voyons ! Un gâteau au cacao !
Mr ? : - N’importe qui sait ceci : le meilleur des gâteaux, c’est le gâteau à la magie !
DJK : - moi, quand je cuisine, c’est toujours en musique !
Mémé Truda : - Moi c’est pour devenir riche ! (à Gabi) : Tu me prêtes ta boule ?
Gabi : - Qu’est-ce que tu veux encore ?
Mémé Truda : - Quelques petits louis d’or…
Ellia : un gâteau aux nuages
DJK : des chocolats musique et des OGM, organismes grandement mortels
Estelle : un bonbon pollution, nouvelle invention !
Sara : des brownies
Mr ? : des gâteaux qui rendent ma magie plus puissante.
Même si c’est impossible !
Basta : je fais le souhait de n’avoir jamais de  souhaits, de n’avoir jamais de souhaits… »

Chaque personnage formule un souhait, donne son avis sur le gâteau…
Gâteau arc-en-ciel (Camomille), gâteau à histoires (Sara), gâteau au chewing-gum (Elia)…

Narrateur :
Une fois que Papilou a retrouvé la mémoire et le savoir, toute l’imagination est également libérée.

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Le Lac du Miroir des Fées, par Violette, Chap 1

Quelques mots sur l'auteure...

Violette est en 5e, elle vit à Montpellier. Elle a écrit ce roman fantastique durant l'année 2007-2008, à l'atelier d'écriture. Il lui a été inspiré par une illustration, représentant Le Lac du Miroir des Fées...
Souhaitons qu'elle écrive beaucoup d'autres histoires de la même qualité!
Carole

Chapitre 1.

Le printemps commençait à s’installer et une légère brise soufflait entre les arbres. Le temps s’était réchauffé depuis quelques jours et l’odeur d’herbe était présente. Le lac prenait une grande place dans la clairière et l’eau était d’une netteté impressionnante. Les mouvements des oiseaux se reflétaient dans l’étang et leurs cris étaient d’une subtilité stupéfiante. L’énigmatique demoiselle était assise au bord de la rive et laissait ses pieds tremper dans l’eau. Elle était vêtue d’une légère robe assortie aux couleurs du paysage et ses cheveux bougeaient au gré du vent. Elle sentait la tiédeur du flot dans ses membres inférieurs et respirait l’arome de la terre humide mélangé à la fraîcheur des plantes.
Elle n’était pas seule, quelques jeunes gens étaient allongés prés d’un arbre derrière elle et de temps à autre, elle se retournait pour leur adresser des sourires radieux. L’ensemble du lieu créait un effet surnaturel et féerique. La bande était composée d’une jeune fille, Ashelia et de deux garçons, Luka et Gabriel, ils avaient eu 17 ans cette année et le droit de partir camper tous les trois pendant les vacances d’été. Ils avaient l’air tout trois euphoriques.  Quand elle ne les regardait pas, la demoiselle sur le rivage du lac avait le regard perdu sur l’horizon et semblait égarée, bien qu’un sourire fût perpétuellement accroché à ses lèvres.

La petite troupe, s’arrachant à la fascination du crépuscule, s’en alla pour rejoindre leur tente plantée quelques mètres plus loin. La scène était plutôt étrange, presque inquiétante, d’un trio d’adolescents avançant à la nuit tombante vers une tente tremblante sous les coups du vent, à peine éclairée par la lune ronde et pâle. La fraîcheur de la nuit les fit frissonner et ils se dépêchèrent d’entrer par la fine ouverture en tissus. Une fois installée, Ashelia prit la parole d’un air sérieux :
-Vous avez remarqué la jeune fille sur le bord du lac ? Elle était envoûtante et…
-Qui ? La coupa Gabriel.
-Oh non, ne me dites pas que je suis la seule à l’avoir vue !
L’expression effarée qu’affichèrent ses deux amis lui confirma tout à fait qu’ils n’avaient rien remarqué. La jeune fille trembla comme une feuille et gémit de frayeur. Elle les fixa ensuite un à un et murmura d’une voix presque éteinte :
- Allons voir si je me suis trompée… s’il vous plait !
Ils approuvèrent et marchèrent rapidement jusqu’au lac. La  lune était pleine, toute en hauteur et se reflétait dans l’onde lisse. Tous dans le petit groupe arrêtèrent de respirer quand ils remarquèrent une jeune femme, peut être une jeune fille, guère plus âgée qu’eux, assise sur le bord du lac, les pieds dans l’eau. On aurait pu la prendre pour  un spectre si son visage n’était pas illuminé par les sourires étincelants qu’elle lançait. Ashelia se détacha de la troupe et s’approcha d’elle, comme hypnotisée. Elle posa sa main sur son épaule ; alors toute la magie de l’instant se brisa. La mystérieuse étrangère se retourna brusquement puis plongea dans l’étang. La surface lisse du flot en fut pourtant à peine dérangée : elle ondula. Les deux garçons s’approchèrent et balayèrent du regard le lac en tentant d’apercevoir l’intruse. Elle semblait avoir totalement disparu et les trois adolescents retournèrent dans leur tente, stupéfaits et intrigués.

Ils ne dormirent pas beaucoup mais leurs rêves furent remplis de doute, de peur, d’angoisse et d’horreur. Le lendemain matin, dès que l’aube s’annonça, ils sortirent de leur petit habitat et marchèrent dans l’espoir de retrouver la demoiselle. En effet, elle était là, à la même place que la nuit dernière et dans la même position. Cette fois-ci ils ne la touchèrent pas et se contentèrent de l’admirer. Au bout d’une vingtaine de minutes, elle se leva et les regarda droit dans les yeux.
-Vous m’avez fait peur hier, dit elle d’une voix douce et mélodieuse
Les deux jeunes hommes restèrent interdits plusieurs minutes tandis que leur amie, elle, essayait de discuter avec cette si étrange personne.
-Je suis désolée, je ne voulais pas. Tu vis ici ?
-Je … je ne dois pas … au revoir !
Et elle partit en courant après leur avoir lancé un regard désolé. Les trois adolescents ne bougèrent pas pendant quelques instants puis se relevèrent. Ils se sentaient troublés mais, choisissant d’ignorer, ils décidèrent d’explorer les environs car c’était tout de même la raison de leur venue ici. Ils déplièrent leur carte de la région et la déchiffrèrent. Ils prirent la direction du château qu’ils voulaient visiter et traversèrent la clairière.
Ils se retrouvèrent devant une sombre et épaisse forêt qui les intimida tout de suite. Ils entrèrent quand même et essayèrent de ne pas prendre en compte les bruits inquiétants d’animaux féroces et de pas humains. Ashelia, assez sûre d’elle, prit la tête et dirigea la troupe vers la lumière de la lisière. Au bout d’une dizaine de minutes l’un des deux garçons, Luka, s’arrêta essoufflé. Il s’assit sur un rocher et s’en releva presque aussitôt en poussant un petit cri horrifié. La jeune fille et l’autre jeune homme se retournèrent vivement, pris d’angoisse. Il leur montra du regard une forme de taille humaine, translucide, allongée contre la pierre. Ils eurent la certitude qu’il s’agissait d’un revenant. La terreur s’inscrivit sur leurs trois visages et ils s’enfuirent le plus vite qu’ils purent jusqu’à en être totalement essoufflés.
Quand ils prirent la décision de s’arrêter un peu, ils vérifièrent à deux fois les environs puis se reposèrent. Plusieurs brindilles craquèrent et leurs respirations se firent saccadées. Ils se retournèrent lentement et virent, à moitié soulagés, que celle qui arrivait vers eux n’était que la sauvage inconnue du lac. Elle les dévisagea rapidement puis s’éloigna à travers les branches. Ils ne bougèrent pas et la regardèrent s’éloigner. Elle portait une robe tout à fait différente de celle du jour précédent. Celle-ci était plus sombre, presque bleu azur, et paraissait encore plus fine. Ils leur semblaient voir le paysage au travers … Interloqués et effrayés, ils se remirent en marche et coururent vers une zone plus claire de la forêt. Ils arrivèrent dans une immense clairière, illuminé par ce qui semblait être des lampions suspendus aux arbres. Les deux garçons se sentirent attirés par la haute forme du bâtiment qui se dressait contre le ciel. Le silence était total ; soudain un cri retentit et résonna entre les arbres. Ashelia, qui était restée en retrait, fascinée par le paysage, se précipita vers l’endroit d’où il semblait venir. Elle arriva près du lieu dernièrement occupé par ses compagnons de voyage. Elle dérapa et faillit tomber dans une fosse. Les voix des jeunes hommes l’appelèrent d’en bas et elle se crispa.
-Tu … tu es là ? Ashelia ! Tu nous entends ? On est tombés !
-Oui. Qu’est ce que c’est ?
-Une douve, c’est mouillé, il doit y avoir un mètre d’eau en dessous, vite aide nous !
La jeune fille soupira et chercha dans son sac à dos quelque chose qui pourrait les secourir. Cette cordelette peut être ? Soudain, la mystérieuse demoiselle du lac sortit du fossé, les deux jeunes hommes à ses cotés. Ashelia ne se posa pas de question et les serra tout deux dans ses bras. Quand elle se retourna pour remercier leur sauveuse, celle-ci avait disparu.
Ils s’assirent alors en cercle et discutèrent rapidement de ce qui leur était arrivé. Encore sous le choc, ils ne remarquèrent pas que le soleil commençait à se coucher. C’est seulement quand il fit nuit, qu’ils se mirent en route à la recherche d’un abri. Un des deux garçons, le plus blond, Luka, fit remarquer que si il y avait des douves, il y avait un château, et celui qu’ils recherchaient à en croire la carte. Ils partirent chacun d’un côté et cherchèrent une entrée quelconque. Après environ une demi heure ils se retrouvèrent à leur point de départ et avancèrent droit devant eux, n’ayant plus d’autre solution.  Au lieu de tomber dans une douve comme ils s’y attendaient, ils s’écrasèrent contre une lourde porte. Luka, ravi d’avoir enfin trouvé une entrée, tâta de tous côtés le bois à la recherche d’une poignée. Ce ne fut pourtant pas lui qui la découvrit mais Gabriel qui en s’appuyant, heurta la manette permettant d’entrer. C’est dans un grincement extrêmement sonore que la porte daigna s’ouvrir, sur un flot de clarté.
Ils entrèrent doucement et parcoururent des yeux la salle où ils se trouvaient. La pièce était grande, élégamment meublée, éclairée par des chandeliers et réchauffée par la cheminée luxueuse qui se trouvait dans la pièce adjacente. Les jeunes gens appelèrent, mais personne ne répondit. Ils furent étonnés de pouvoir pénétrer dans une maison isolée mais entièrement meublée et comme préparée à leur venue. Luka demanda a voix basse : « Vous pensez qu’on peut rester ? » Ashelia le regarda, l’air épuisé et lui répondit « En tout cas, moi je ne bouge plus. Je suis bien trop fatiguée. ». Elle s’allongea sur le grand tapis devant l’âtre et ses compagnons s’installèrent sur les deux grands fauteuils en velours disposés à côté. Malgré le sentiment de se trouver dans une demeure enchantée, ils s’endormirent tous rapidement et, réconfortés par la chaleur du feu, ils ne rêvèrent que d’aventure et de destin. A l’aube, la lumière entra par les grandes fenêtres et réveilla par la même occasion les trois occupants. Luka fut le premier debout, il sortit de la pièce et ne revint que quelques dizaines de minutes plus tard. Pendant ce temps, Ashelia se réveilla doucement et engagea la conversation avec Gabriel, qui ne semblait pas de très bonne humeur.
-Cela ne va pas ?
-Oh, je n’y comprends plus rien Ashelia, la demoiselle du lac est apparue d’un seul coup, dans le fossé, comment a-t-elle su que nous y étions ? Que faisait elle là ? Et pourquoi ?
Le visage d’Ashelia se ferma mais elle resta fascinée. Ses yeux brillaient d’un éclat surprenant et ses joues étaient rendues vermeilles par l’excitation. Gabriel, semblant deviner la gêne de la jeune fille, changea de sujet et ils mirent en place une visite détaillée du château en attendant le retour de Luka. Quand ce dernier revint, l’estomac de ses amis réclamait de quoi s’alimenter et, en rougissant, Ashelia sortit quelques biscuits de son sac et les partagea équitablement. « Heureusement que tu es là ! » dirent-ils, et ils déposèrent chacun un baiser sur sa joue. Ensuite, ils rangèrent leurs affaires et explorèrent l’endroit dans les moindres recoins sans trouver personne, mis à part un petit mot indiquant que toute personne bien intentionnée serait la bienvenue.
En une matinée, ils réussirent à faire un plan des dix huit salles du rez-de-chaussée. Ils fouillèrent tout, de fond en comble et ne trouvèrent comme objet qu’un vieux journal intime, abîmé ici et là. Quand le soleil fut au plus haut, ils se rassirent devant la haute et longue cheminée et ouvrirent l’ancien livre.

chapitre 2

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Le Lac du miroir... chap. 2

Chapitre 2.

Il contenait dans sa reliure deux photos, sépia, très posées, comme on n’en faisait plus depuis au moins cent ans, quelques vieilles lettres et un article de journal déchiré datant du siècle précédant. Sur la première image, deux jeunes filles riaient prés d’un lac, ressemblant à celui où ils avaient campé. Le cliché suivant, beaucoup plus sobre, semblait avoir été pris à une fête quelconque car il devait y avoir une vingtaine de personnes, habillées de façon plutôt chic ; et là, au deuxième rang, à gauche, ils reconnurent la jeune femme du lac. Elle était vêtue d’une longue robe très pâle et rayonnait. Elle était assise sur le bord d’une immense fontaine et son regard fixait quelque chose ou quelqu’un à sa droite.
Gabriel, qui tenait le livre entre ses mains, le referma et se tourna vers ses deux amis.
-C’est elle. Il n’y a pas de doute, c’est bien la dame du lac !
-Comment est ce possible ?  demanda d’une voix à peine audible Ashelia.
-Je… je n’en sais rien ! Cette photo semble vieille alors que la demoiselle, si vivante parfois, ne doit pas avoir plus d’une quinzaine d’année. Qui est elle ? Nous a-t-elle sauvés pour gagner notre confiance et ainsi obtenir notre aide, ou par simple gentillesse ? Et existe-t-elle vraiment ?  Répondit d’une traite Gabriel qui était à la fois ravi et terrifié.
-Nous qui rêvions d’aventures, énonça à son tour Luka, serions-nous en train d’explorer le temps … ?
Personne ne parla pendant quelques secondes puis Ashelia prit le journal et le rouvrit. Derrière les photographies, il n’y avait qu’une date demi effacée et ils ne purent en savoir plus.  Ils s’attaquèrent aux lettres et les lisant une à une,  ils apprirent qu’elle aurait plus d’une centaine d’année si elle était encore en vie. Ils ne parlèrent pas de cette découverte et déchiffrèrent la coupure d’article. Il parlait du lac des fées, celui où ils l’avaient vue. Cela datait d’un 22 avril et le sujet principal était la noyade d’une jeune fille de la haute société luttant contre la pollution du lac par les égouts de la ville. Le gros titre était « Une jeune fille se noie en voulant boucher les égouts »
Ce fut Luka qui fit le rapprochement et il exposa son point de vue à ses compagnons de voyage.
-Et si la personne dont l’article parle c’était elle ? Cela tient debout non ?
-Elle aurait défendu le lac, à tort si je comprends bien, et se serait noyée en voulant le nettoyer ?  Demanda Gabriel en comprenant l’avis de Luka.
-Ou aurait été noyée…  compléta Ashelia, les suivant dans leur version.
Ils échangèrent un regard complice bien que légèrement effrayé et soudain éclatèrent de rire. Ils inventèrent des versions plus délirantes les une que les autres, comme s’il étaient en train d’écrire un roman. Ils furent tous trois de meilleure humeur et continuèrent leur débat jusqu’à ce que la nuit tombe. Ils avaient établi une répartition des taches dans le château et la mirent en place le soir même. L’un devait aller préparer à manger et à boire, l’autre faire le ménage et le troisième des recherches.
Ashelia se retrouva donc à cuisiner un peu de la nourriture qu’ils avaient emportée, tandis que, Luka, mettant sa curiosité à profit, partit à l’étage au dessus dans le but de faire un plan et de trouver des objets pouvant leur servir. Gabriel fut donc le seul à rester dans la pièce et il rangea du mieux qu’il put, épousseta les meubles et refit la décoration. Le petit mot avait parlé de « visiteurs bien intentionnés ». Que pouvait-il faire de mieux que d’améliorer le décor ?

Quand ils se retrouvèrent tous comme prévu dans la cuisine du rez-de-chaussée, Ashelia avait cuisiné quelques ingrédients tels que des pommes de terres, des fraises des bois, du pain légèrement dur, et des œufs. Elle leur avait donc préparé un repas très nourrissant et ils ne s’en plaignirent pas. Ils discutèrent de tout et de rien et passèrent un réel moment de détente, loin de tous ces événements si étranges et si terrifiants. Ensuite, ils regardèrent le plan qu’avait fait Luka et constatèrent que le château avait été récemment habité… Par la demoiselle ? Les frissons qu’ils sentirent dans leur dos leur parurent soudain justifiés et ils ne rirent plus du tout. Ashelia décida que c’était le moment d’aller dormir et elle débarrassa puis rejoignit les garçons dans la chambre. Ils avaient décidé de s’installer tous dans la même pièce pour lutter contre leur peur. Ils s’enroulèrent dans leur duvet et ils s’endormirent après quelques plaisanteries, ce qui rendit leurs rêves plus colorés et plus joyeux bien que très marqués par la présence de la demoiselle du lac.

Le lendemain, lorsque Gabriel se réveilla, Luka était parti à la recherche de leur tente et Ashelia s’apprêtait à aller visiter les environs. Il décida donc d’explorer le château à son tour. Il monta aux premier et deuxième étages et fit les plans d’une aile que Luka n’avait pas visité. Quand il s’attaqua au troisième et dernier étage, il trouva une trappe, et abandonnant ses plans, il l’ouvrit et monta par l’échelle qui se déplia sous ses yeux. Cela donnait sur une petite pièce poussiéreuse et remplie de cartons. Il souleva, fouina, et chercha le moindre détail pouvant l’aider à comprendre l’histoire de la demoiselle du lac. A chaque fois qu’il repensait à elle, il se sentait à la fois attiré, fasciné et terrifié. Dans un des coins les plus reculés de la salle il crut d’ailleurs la voir et se rapprocha donc, le cœur battant, pour vérifier. Elle était bien là, aussi rayonnante que sur les vieille photographies et bien plus belle encore. Elle le regarda et lui fit un sourire bien trop triste pour une demoiselle aussi jolie.
-Le château est magnifique n’est ce pas ? J’y ai passé toute mon enfance, à courir ici et là, jusqu’à ce jour … Mais que fais-tu là ? Pourquoi tes amis ne t’accompagnent pas ? Cela pourrait être dangereux tu sais, Louis disait que j’étais démente, je lui faisais peur. Va-t’en, tu as bien trop d’avenir pour vivre ceci, rien ne doit t’empêcher de faire ce qu’il te plait. 
-Je veux vous aider, dès l’instant où je vous ai vue j’ai su que vous méritiez toute mon attention.
-Regarde-toi enfin, tu trembles et tes lèvres sont bleuies par la peur. Mais puisque tu y tiens, poursuis mon chemin et finis ce que j’ai commencé …
Gabriel baissa les yeux  quelques secondes à peine et quand il les releva, elle avait disparu. Troublé, il décida de se jeter dans l’action pour ne plus penser à cette déstabilisante rencontre. Il poursuivit alors son exploration des trois étages du château. Quand ses deux amis rentrèrent, toute la nourriture était à sa place et chaque étage détaillé grâce à ses plans. Ils s’assirent tout trois sur la grande table de la salle à manger et Ashelia prit la parole.
- J’ai vérifié les environs, il n’y a qu’une vieille usine au nord. Au sud, quelques cours d’eau qui doivent arriver au lac et sinon, que de la terre jusqu’à plusieurs kilomètres. A l’est, rien de bien intéressant, des marais quoi, et à l’ouest on rejoint la forêt de la première fois.
-Les marais, c’est quand même magnifique ! protesta Luka
-Oui, bon … Il faut que je vous dise, je l’ai croisée… Je marchais vers l’usine et elle était là, devant la porte. Je me suis approchée, elle était en colère et m’a dit que personne ne comprenait rien, que les usines n’étaient que des machines à tuer et que je ne devais jamais laisser tomber mon courage. Je lui ai demandé à quoi servait ce bâtiment qui n’a aucun intérêt ainsi isolé dans la campagne. Elle m’a souri et m’a avoué qu’elle ne savait pas non plus mais que, quand l’usine fonctionnait les eaux polluées arrivaient dans le lac. Comme j’étais surprise j’ai baissé les yeux et elle a disparu.
-Elle aurait voulu boucher les égouts pour protéger le lac alors… murmura Luka
- Qu’est-ce qu’y te fait croire que c’est elle ?  Lui demanda Ashelia en fronçant les sourcils.
- Je l’ai croisée aussi, devant le lac, et elle m’a dit que plus jeune elle luttait contre la pollution et que cela l’avait perdue. Contrairement à toi Ashelia, je ne lui ai pas posé beaucoup de questions, elle était si belle que j’en ai perdu la voix. Elle a plongé dans le lac et n’en est pas ressortie.
-Tu ne comprends rien ! On n’a pas le temps de faire attention à sa beauté ou pas, nous devons l’aider. L’AIDER ! Vous n’avez pas d’imagination, elle a certainement vécu dans ce château, a voulu éviter que le lac ne se pollue et a plongé pour reboucher les égouts. Elle en est morte et veut notre aide désormais.  S’énerva Gabriel.
Il sortit en claquant la porte et ne revint pas de la soirée. Ashelia regarda Luka les yeux emplis de larmes et murmura d’une voix presque éteinte
-Il est sous le charme. J’ai peur de ce que la demoiselle pourra lui faire accomplir.
Luka soupira et la prit dans ses bras. Elle fut très touchée de son geste mais la douleur qui s’empara de son esprit n’en fut que plus forte. Luka, lui, sentant la détresse de son amie, prononça une litanie de mots à son oreille. Ils restèrent ainsi une grande partie de la soirée.

chapitre 3

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Le Lac du miroir... chap 3

Chapitre 3.

Gabriel pendant ce temps remonta à l’endroit où il avait aperçu la dame du lac. Il fouilla dans les cartons pour trouver un indice quelconque. Il tomba par hasard sur un dossier contenant plusieurs plans d’usine, coupures de journaux, photos d’inauguration et réponses à de nombreuses lettres enflammées. Il lui sembla que la mystérieuse demoiselle possédait une collection de passe temps dangereux. Une usine, celle qu’Ashelia avait aperçue, avait été créée dans la région, il y a une centaine d’années et Mlle June, comme ils l’appelaient dans les journaux, avait tout tenté pour la faire fermer, même de la faire brûler. Alors la demoiselle serait cette « June » ? Gabriel resta immobile quelques instants puis s’endormit.
Le matin suivant, Ashelia se leva tôt, elle allait préparer leurs dernières provisions et fit un énorme petit déjeuner. Elle termina sa carte de la région avec les informations de la veille et parvint à situer le château, l’usine et le lac. Quand elle eut fini, n’ayant plus d’autre chose à faire,  elle chercha Gabriel, qu’elle trouva rapidement grâce à ses ronflements. En se penchant tout près de lui, elle vit les documents et les lut les uns après les autres.
- Gabriel ! Gabriel ! Regarde ce que j’ai trouvé … elle s’appelait Bulle, Bulle June, c’est étrange comme nom tu ne trouve pas ? Et attends ce n’est pas tout, tu avais raison hier, elle est morte en se jetant dans le lac pour boucher les égouts et elle n’a pas pu remonter, personne n’a jamais su pourquoi. Mais … mais comment …
-Mmmh qu’est ce qui ce passe ?  chuchota Gabriel d’une voix ensommeillée
- Elle n’a que dix-neuf ans.
- Tu veux dire que, depuis plus d’un siècle, elle a le même âge ?
- Exactement … je vais prévenir Luka !  dit-elle en se levant rapidement.
Gabriel lui attrapa le poignet et la retint.
- Attends… je suis désolé pour hier, je me suis énervé et je n’aurais pas dû…
- C’est oublié.
Ashelia lui fit un sourire rayonnant et descendit raconter leurs nouvelles découvertes à Luka. Ils remontèrent tous deux quelques minutes plus tard et Gabriel comprit d’après l’expression de son ami, qu’il n’avait pas du tout aimé la scène de la veille et n’était pas prêt de l’oublier. Gabriel soupira et murmura
- Je me suis déjà excusé.
- Pour moi, c’est trop tard. Tu sais combien de temps j’ai dû réconforter Ash’ ? Et le nombre de larmes qu’elle a versées ? En as-tu idée au moins ?
- Je…
- Alors tes excuses ne valent rien.
Gabriel regarda leur amie en espérant comprendre un peu mieux la situation mais cette dernière détourna le regard. Il se leva alors et leur cria :
- Alors débrouillez-vous sans moi et ce que je sais. Sur ce, bonne journée.
Et il sortit, sans laisser le temps à ses deux compagnons de route, de répondre. Ils s’assirent côte à côte et la demoiselle apparut.
- Savez-vous jeunes enfants, que c’est en restant tous ensemble que vous y arriverez ?
-Vous avez un bien joli prénom Mlle June, mais nous n’avons que très peu d’années de différence, vous et nous, lui répondit Ashelia.
Bulle June, puisque c’est ainsi qu’elle s’appelait, lui sourit doucement et disparut. Luka regarda Ashelia d’un air protecteur et lui murmura
- Viens, on va se promener sur le lac.
- Tu crois que Gabriel va revenir ?
- Je ne sais pas Ash’, il vaut mieux ne pas y penser.
Il se leva et l’amena jusqu’au lac. Là, ils aperçurent toutes sortes d’oiseaux, petits, grands, gros ou fins, des échassiers, des aigrettes, des poules d’eau, des canards… tous en train de se rafraîchir.
- Cela aurait plu à Gabriel et à mon père, ils ont tellement de points communs tous les deux.
Ils restèrent songeurs un moment, en admiration.
- Finalement tu as raison, reconnut Ashelia, c’est fascinant les marais. Surtout quand ils sont aussi vivants que ceux-là…
- Hélas, répondit Luka, j’ai appris au village que l’usine allait être rebâtie presque selon les anciens plans, pour produire du plastique.
- Mais ça va être incroyablement polluant ! s’exclama Ashelia.
- Oui. Mais les gens du coin s’en moquent. Tu sais, la région est très pauvre, les jeunes s’en vont… Le maire espère que l’usine amènera des emplois.
- Mais ils condamnent le lac et le marais à la mort ! A moins qu’ils ne fassent très attention au retraitement des eaux utilisées ? 
- Penses-tu. L’entrepreneur vient de l’étranger, il n’a accepté de s’installer ici que parce qu’on lui laisse faire tout ce qu’il veut. La main d’œuvre est bon marché, et il n’aura pas à payer de taxes sur la pollution.
- Et le lac ? Et les marais ? murmura Ashelia, sonnée.
- D’après ce que j’ai compris, ils n’ont pas bonne réputation. On dit qu’ils sont hantés. Et pour les gens du pays, tout ce territoire, qui faisait partie du domaine du château, ne leur a jamais appartenu. Ils n’ont jamais eu le droit d’y chasser ou d’y pêcher, par exemple, quand les châtelains étaient vivants, et maintenant qu’ils sont morts, à chaque fois qu’un villageois essaye de venir, il se retrouve à l’eau ou dans les fossés.
Ashelia eut un petit rire :
- Cette Bulle June est taquine, mais un peu trop possessive, tu ne trouves pas ?
- On ne peut pas dire le contraire, confirma Luka. A force de vouloir protéger son domaine, elle le voue à la destruction.
- Tout de même, quel dommage, toute cette beauté ? Ce n’est pas un héron, là-bas ? Et là,  une grue ? Et ces échassiers, là, attends, ils sont très rares dans nos régions.
- Oui, ce sont des flamants royaux, compléta Luka. Si mon père voyait ça, il deviendrait fou d’excitation.
- Attends… Luka, les zones où passent les oiseaux migrateurs sont protégées, non ?  remarqua malicieusement Ashelia.
- Evidement ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ! Je vais chercher mon appareil photo et envoyer une lettre à mon père, il saura quoi faire.
Luka partit en courant vers le château et laissa Ashelia seule. Elle avança jusqu’au lac et s’installa de la même façon que l’avait fait Bulle la première fois qu’ils l’avaient vue. Un petit oiseau bleu et vert, rasant l’eau, s’arrêta maladroitement devant elle. Un martin-pêcheur !  Il plongea et ressortit pour se poser un peu plus loin, vainqueur, un petit poisson dans le bec. Elle sourit et, à l’écoute du cri perçant de l’animal, rit de plus belle. C’est à ce moment précis que Gabriel arriva, dans l’espoir de trouver un peu de réconfort parmi les oiseaux. Le tableau qui s’offrit à lui parut tellement magique qu’il n’osa plus bouger de peur de briser toute la beauté du moment. Ashelia, vêtue de noir et d’or, ses longs cheveux défaits, semblait une reine dans ce paysage. Deux canards nageaient vers elle, un martin-pêcheur rasait le courant dans un éclair bleu, et là-bas, un cygne arrivait.
Malgré sa discrétion, Ashelia l’entendit respirer, se retourna, l’aperçut et rougit sans savoir exactement pourquoi. Il alla s’asseoir à coté d’elle et baissa les yeux.
- Tu sais, je suis assez stressé en ce moment, tous les événements étranges et mystérieux qui se produisent me font froid dans le dos et je …commença-t-il d’une voix tremblante.
- Je m’en doutais, ce n’est facile pour personne. Tu sais ce qui se passe au sujet de l’usine ?
- Hélas, Bulle m’a tout expliqué.
- Bulle ? Elle te parle, à toi ? demanda-t-elle.
- Tu es jalouse ?
- Je…
- Les travaux commencent d’ici la fin de la semaine. Regarde ce paysage magnifique, je ne laisserai personne le détruire, personne !
- Seulement une semaine ? Nous n’avons plus le temps, mon dieu tout est fichu.
- Mais si les travaux n’avançaient pas, ils chercheraient d’autres ouvriers et cela prendrait … 1 ou peut être 2 mois.
- Qu’as-tu prévu ?
- Ils ne surveillent pas la nuit alors je déferai…
- … Ce qu’ils auront commencé le jour ! C’est génial comme plan !
Ils ne parlèrent plus l’espace de quelques instants et contemplèrent la beauté sauvage du lac.
- Luka va écrire une lettre à son père pour qu’il fasse bouger les choses, reprit Ashelia quand le silence lui parut trop pesant.
-Il nous aidera j’en suis sûr, c’est un homme formidable.
-Tu as la même passion que lui Gabriel, tu lui ressemble tellement que parfois je me demande si ce n’est pas toi son fils.
-Tu plaisantes, cet homme là donnerait tout son temps pour sauver une sorte algue ou de nénuphar en voix de disparition. Il n’y a que Luka qui est aussi enthousiaste et motivé pour quelque chose qui lui tient à cœur, et je l’envie, c’est une grande qualité que peu de personnes ont.
Gabriel s’arrêta de parler en voyant le regard d’Ashelia fixé derrière lui. Il se tourna et ses soupçons se confirmant, il découvrit Luka, qui à la différence de d’habitude, affichait des yeux plus sombres mais un large sourire. Les mots n’étant plus utiles, les deux garçons s’accolèrent et se mirent à rire, pour prouver que leur complicité était toujours plus forte. Encore habité par le démon moqueur de la vengeance, Luka poussa Gabriel dans le lac ; dans sa chute, celui-ci entraîna Ashelia. Ils s’allièrent pour se venger de leur ami et dés qu’il eut le dos tourné, ils le saisirent et le jetèrent à l’eau. Il s’en suivit une grande bataille d’eau puis un concours de souffle et enfin de vitesse. Après une longue après-midi à flâner et à rire, ils rentrèrent mouillés et détendus au château. Là bas, pendant qu’Ashelia cuisinait, Gabriel exposait ses plans et Luka rédigea sa lettre. Une fois que ce dernier eût fini, il la lut à ses deux camarades :

« Cher Père
Je t’écris cette courte lettre car, à l’endroit où nous avons posé notre tente, nous avons découvert un lac magnifique, des oiseaux voletant à tous les coins (hérons, martins pécheurs, balbuzards et une dizaine d’autres espèces en tous genres). Il y a aussi une végétation rare et exceptionnelle pour une région telle que celle-ci (entre autres plantes aquatiques rares, nénuphars et iris des marais...). Nous avons rencontré une jeune femme très attachée à cet endroit qui nous a fait comprendre qu’une usine allait être construite et polluerait le lac de façon exagérée. Cela entraînerait par la même occasion la destruction totale de la végétation et d’une étape pour les oiseaux migrateurs, puisque c’en est une. Ayant trouvé cela embêtant, nous avons jugé intelligent de t’en parler. Avec tes relations et tes connaissances sur le sujet, j’ose espérer que tu pourras nous aider. Je te joins une carte numérique : tu n’hésiteras pas en étudiant les photos qu’elle contient, à venir sur place combattre cette injustice avec nous. Je t’en prie, cela me tient particulièrement à cœur et si malgré tout tu ne pouvais pas venir, faire bouger les choses de chez toi serait sympathique bien que peu utile. Nous n’avons aucun moyen de pression ou même de contact avec le gérant de cette future usine et les travaux commencent dés demain. Viens très vite ou envoie moi quelques informations qui pourraient nous aider ! »

La lettre leur parut très bien formulée et Luka partit l’envoyer, par télégramme, à la poste. Pendant ce temps, Gabriel et Ashelia discutèrent et firent quelques jeux de cartes.
Au retour de Luka, ils partirent pique-niquer dans les bois. Soudain, Gabriel leva la tête et s’écria : « Regardez, un nid ! J’aperçois les oisillons. » Les deux autres renversèrent la tête à leur tour et virent les parents pie arriver, à coups de grands battements d’ailes noires et bleues, et faire grand raffut pour nourrir les petits affamés. Cela les fit rire. Ashelia proposa : « Je sais que les pies adorent les objets brillants, regardez, j’ai une bague pour eux ! » Elle sortit un anneau doré de sa poche, avec une pierre en verre bleu. Amusé, Gabriel s’en saisit et grimpa le long du tronc pour déposer l’offrande pendant une absence des pies plus âgées. Il en redescendit vite, car elles revenaient.
Mais une fois en bas, il ne vit plus ses compagnons. Il entendit cependant des rires étouffés, et aperçut, un peu plus loin, un mouvement dans les buissons. « Je vous ai vus, je vous ai vus ! » cria-t-il. Et il se dirigea vers eux. Ashelia sortit la première, pour fuir vers un autre fourré. « Tu ne m’auras pas ! » se moqua-t-elle. Il l’attrapa pourtant. Riant, ils revinrent vers Luka, qui s’était mis aux aguets près de l’étang. Celui-ci leur fit signe de se taire, et leur désigna, survolant l’étang, une formation de cygnes. L’oiseau de tête atterrit, bientôt suivi, dans de grands éclaboussements d’eau et d’ailes, de ses compagnons. « Magnifique… » murmurèrent-ils. Ils restèrent près d’une heure allongés sur l’herbe, à observer les ébats des cygnes, les envols d’aigrettes parmi les roseaux, le dandinement comique des poules d’eau entre les nénuphars, et le guet solitaire d’un grand héron gris, perché sur une patte, si totalement immobile qu’il paraissait se fondre dans l’air bleu du crépuscule.
Ashelia se releva la première, les lèvres bleuies par le froid et grelottant. Ils rentrèrent donc au château, heureux, silencieux, grisés par la beauté de ce qu’ils venaient de voir. Ils se jurèrent de la préserver. Vers 22h ils se couchèrent pour ne pas manquer de sommeil le lendemain.

chapitre 4

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Le Lac du miroir... chap 4,

Chapitre 4.

A l’aube, Ashelia s’éveilla doucement et sans bruit sortit de la pièce. Elle alla préparer le petit déjeuner, avec pour seule lumière le soleil traversant les fenêtres. Elle disposa ensuite le tout sur un plateau en bois et se dirigea vers la chambre. Les garçons dormant toujours, elle ralluma le feu, remonta leurs couvertures et les regarda quelques instants. « Je vous ai préparé le petit déjeuner … » Le visage de Luka sortit alors d’un tas de tissus enroulés et il lui dédia un sourire pétillant. « Merveilleuse, tu es merveilleuse. Je meurs de faim. » Et  n’ajoutant rien de plus il se jeta sur les provisions. Cela réveilla évidemment Gabriel, qui en grognant, se dépêcha de s’emparer de quelques tartines pour ne pas avoir à supplier Luka de lui en céder. Ashelia leur sourit et ils s’allongèrent tous les trois sur un des matelas recouverts de peaux d’animaux et de tissus chauds. Luka et Gabriel se jetèrent un petit regard en coin et dans une harmonie parfaite, l’un attrapa les bras d’Ashelia et l’autre ses pieds. Surprise par cette attaque en traître, Ashelia n’eut pas le temps de réagir. Ils la chatouillèrent pendant plusieurs minutes sans interruption, mais quand elle eût promis de recommencer tous les matins son plateau, ils la laissèrent respirer. Voyant qu’ils ne s’étaient pas décidés à la lâcher, elle approcha discrètement son visage des poignets de Luka et le mordit violemment jusqu’à ce qu’il retire ses mains. Gabriel eut un mouvement de recul grâce auquel elle put s’échapper. Luka grimaça de douleur en suçotant sa peau endolorie. Cela amusa beaucoup Ashelia qui éclata de rire et fut bientôt suivie de Gabriel. Ne comprenant pas leur hilarité, Luka prolongea donc sa grimace et leur fou rire reprit de plus belle. Abandonnant finalement, il se laissa rouler en arrière et rit avec eux.
Après ce long moment de détente matinale, Luka annonça qu’il irait voir à la Poste si son père leur avait répondu. Ils s’habillèrent donc rapidement et il partit. Gabriel essaya de réparer un vieux vélo qu’il avait trouvé dans un recoin du château, pour permettre à Ashelia de faire les courses plus régulièrement.
Quant à cette dernière, elle monta dans le grenier où s’était retiré Gabriel plusieurs jours auparavant. Elle fouilla dans plusieurs cartons, avec l’espoir de trouver un document justifiant la protection du site. Elle trouva un contrat d’accord pour la construction de l’usine, signé par Bulle. Il remontait à 150 ans. Alors qu’elle venait d’achever sa lecture, n’en croyant pas ses yeux, la si mystérieuse Mlle June entra dans la pièce, le visage trop pâle et les yeux trop cernés.
-Je dois m’en aller … 
Ashelia se retourna, un mélange de surprise et de déception dans le regard.
-Pourquoi ? Et puis, vous iriez où, vous n’êtes qu’un fantôme !
Les yeux de Bulle s’embuèrent et la gorge nouée, elle ne put rien répondre.
-Ben alors, vous avez perdu votre voix ? Ce qu’il y a c’est que vous nous avez menti, depuis le début, vous nous avez manipulés pour faire en sorte qu’on la protége, votre usine, parce qu’au départ, vous vouliez qu’elle soit construite hein, mais vous êtes soudainement tombée sur un document qui disait très clairement que si vous acceptiez une chose pareille on vous tuerait. Votre vie vous importait plus que le reste en réalité et c’est pour ça qu’au dernier moment vous avez regretté !
June  se retourna vers Ashelia et dans un  murmure expliqua ce qui s’était réellement passé.
- C’était au printemps, un beau jour ensoleillé, tout laissait penser que cette journée serait absolument fabuleuse. Puis il y a eu ce prince, si beau et si agréable, qui me lisait des poèmes pour capturer mon cœur. Ce jour là je m’en souviens, j’avais décidé de lui avouer que mes sentiments étaient réciproques mais quand je l’ai aperçu, il était au bras d’une autre, certainement plus jolie et plus riche que moi. Je suis pourtant allée le voir, j’avais décidé de lui avouer mon amour, je me devais de le faire, ne serait ce que pour moi-même. Il m’a rejetée, en prétextant que je représentais le passé pour lui et qu’il ne vivait que dans le présent. Une telle rage m’a habitée que j’ai tenté de tuer sa nouvelle compagne, oui je sais, on n’a pas idée de faire une chose pareille à votre époque, mais il y a deux cents ans, c’était au goût du jour. Elle sortait souvent la nuit, elle s’appuyait au bord du lac et contemplait les oiseaux. L’aura qu’elle dégageait me rendit plus folle de haine que je ne l’étais quelques minutes avant. Je l’ai poussée, doucement d’abord puis plus violement, pour qu’elle tombe comme une lourde pierre sur la surface lisse de l’onde bleu azur. Son visage s’était figé mais elle avait survécu, elle avait nagé jusqu’à atteindre l’herbe qui me paraissait si verte à ce moment là, avait recraché l’eau qui s’était immiscé dans ses poumons. La nuit suivante, elle ne sortit pas, ni celle d’après, ni les suivantes, et ce  pendant des mois. Jamais je ne sus comment on l’avais retrouvée mais peut importe, elle avait survécu c’était le principal.
Un jour, le prince vint me voir, il avait des roses dans les mains et les yeux pleins d’étoiles. Mon cœur s’accéléra, je ne pourrai jamais oublier ses mots, ce fut le début de ma mort. « Bonjour Bulle, comment vas-tu ? Excellent, moi aussi. Je voulais te parler, c’est assez délicat. Non, je ne suis pas exactement venu te demander pardon. C’est à propos de nous, tu te rappelles, je t’avais dit que je vivais dans le présent ? Eh bien, je regrette mes mots, veux-tu m’épouser ? Réfléchir, mais pourquoi ? Bien, je te demande de choisir maintenant. Oui ? Merveilleux ! » Et puis les mots ont été inutiles. Ce furent les plus beaux moments de ma vie. La semaine suivante, on célébrait le mariage. La fête la plus réussie de l’année, du siècle même. Je l’aimais tellement. Puis j’ai découvert qu’il m’avait trahi, en passant une partie de son temps auprès de son ancienne amante. J’ai fouillé dans ses papiers et j’ai trouvé le contrat. Je l’ai signé et envoyé. Sans réfléchir j’avais pris la première feuille confidentielle et à ne pas accepter, j’avais trahi mon mari à mon tour. Le soir même je lui ai tout avoué, il ne m’a rien dit, ne m’a pas quittée, il m’a seulement prise dans ses bras et m’a serrée très fort. Les travaux commencèrent un mois plus tard, il était désespéré. Il me montra les lettres de menaces qu’il avait reçues et essaya d’arrêter le chantier, en vain …
Elle s’arrêta quelques secondes, la voix tremblante et les larmes au coin des yeux. Ashelia était à présent allongée sur une pile de cartons et jetait des coups d’œils discrets à Mlle June, pour l’inciter à continuer son récit.
- Il s’est fait tuer, ses derniers mots étant « Je t’aime » et « Promets moi d’arrêter ce massacre », je n’ai pas pu me résoudre à laisser se faire la construction de l’usine, le jour de l’inauguration, je me suis jetée dans l’eau, elle était empoisonnée mais j’y suis allée, j’ai rebouché la fente qui permettait aux déchets d’accéder au lac. Le poison me porta un coup fatal : en rentrant dans le lac, je savais que je mourrais mais je sauverais l’environnement cher à mon prince. Ce fut un événement qui attira plusieurs milliers de personnes dans le village, tous voulaient voir le fameux lac, celui qui avait empoisonné la princesse et pour qui on avait tué le prince.
Ashelia se leva et recommença à chercher des documents sans prononcer un mot au sujet de l’émouvante histoire de Mlle June. 
- Ne reste pas  là, aide-moi à chercher, à deux on pourra y arriver. Allez ! Il ne faut pas se… commença Ashelia.
Le sourire qui s’étirait sur son visage indiquait une victoire très prochaine sur les ouvriers et, en sortant une seule feuille d’un immense carton, elle se mit à rire de soulagement. Bulle ne la regarda pas, une larme s’écrasant à ses pieds elle se frotta les yeux. Elle attrapa le bras d’Ashelia et lui dit, tellement bas qu’elle n’eut pas le temps de s’étonner, « Viens, je t’emmène dans mes souvenirs. »
Une spirale de vent se forma et Bulle disparut, aspirée à l’intérieur. Ashelia, seule à présent dans la salle, se dirigea lentement vers le centre de la spirale et se sentit engloutie à son tour. Elle s’écrasa violemment contre le sol et en ouvrant les yeux, poussa un cri d’effroi. Elle était à côté de Mlle June qui lui souriait, habillée d’une robe bouffante en soie rose pâle, les cheveux relevés dans un chignon tressé.
- Où sommes nous ?  demanda Ashelia terrifiée.
- Le jour de mon mariage… Quand nous retournons dans un souvenir, je ne saurai expliquer comment, mais le fait est que nos vêtements et nos coiffures sont totalement modifiés. Regarde là-bas, c’est moi, en blanc, et à côté, c’est lui …  répondit doucement la si mystérieuse et si compliquée Bulle.
Ashelia regarda le prince et elle marmonna, plus pour elle-même que pour Bulle :
- Le prince et Gabriel se ressemblent comme deux gouttes d’eau !
Et puis, le temps sembla s’arrêter, les bruits s’étouffèrent, les voix se turent et la mariée arriva. Sa robe blanche pure faisait ressortir la couleur vert émeraude de ses yeux soulignés de noir. Aucune imperfection n’était visible sur sa peau et ses joues rosissaient davantage de plaisir à chaque nouveau regard émerveillé qui se tournait vers elle. Elle se tenait droite et elle resplendissait. Les diamants posés sur le bas de sa robe brillaient au soleil et les pies envieuses les fixaient sans relâche. Dans l’esprit de tous, le mot perfection était inscrit. Elle n’aurait pu être plus belle et épanouie…
Ashelia détourna le regard de la Mlle June du passé pour le poser sur celle du présent. Cette dernière semblait plus heureuse que jamais et lui lança un sourire qui remonterait le moral à n’importe quel personne dépressive. Elles assistèrent toutes deux au mariage et quand elles sortirent du souvenir, Ashelia fut bouleversée. « Vous étiez merveilleuse ! Et votre sourire plein de bonheur, vos yeux brillants d’émotion, la ressemblance entre le prince et Gabriel… Tout cela est très marquant. »
Ce fut à ce moment là que Gabriel entra. Contrairement à Mlle June, Ashelia avait involontairement conservé les habits qui lui avaient été attribués dans le souvenir. Il les regarda l’une après l’autre, ne comprenant pas, puis réussit péniblement à prononcer les mots « Waaaaaw », « Belle » et « Mon dieu ». Ashelia, ne s’étant pas vue, ne comprit pas immédiatement et quand elle se regarda dans le grand miroir que Bulle lui tendait, elle resta bouche bée de stupeur. La même sensation que celle qui l’avait habitée lorsqu’elle avait aperçu Mlle June l’envahit. Ses cheveux étaient légèrement éclaircis, de nombreuses fleurs blanches étaient accrochées à sa chevelure à présent blonde et au sommet de sa tête, un cercle de minuscules perles argentées la faisait ressembler à un ange. Elle portait une robe rouge vermeille, sans manches, avec un cerceau fixé au bas bouffant de sa jupe, créant un volume avec les couches de tissus superposés. Si sa robe avait été blanche, on l’aurait confondue avec la mariée tant sa beauté était frappante. L’aura qu’elle dégageait aurait fait pâlir n’importe quelle mannequin. Ses lèvres étaient légèrement colorées de rouge et ses yeux étaient soulignés de noir tout comme l’avaient été ceux de la mariée. Bulle June disparut à cet instant, après un dernier clin d’œil à la jeune femme. Gabriel, ayant repris son souffle, lui dit timidement : « Tu es magnifique ! » Ashelia rougit violemment et lui sourit. Ils se regardèrent quelques secondes puis, Ashelia, pour briser le silence intimidant qui régnait lui demanda :
-Tu as réussi à réparer le vélo ? 
Gabriel ne lui répondit pas immédiatement, puis, semblant sortir d’un rêve, il sursauta.
- Euh, le vélo ? Oui, il est comme neuf ! Mais pourquoi tu … ? 
Ashelia le regarda avec toute la douceur dont elle fut capable et lui tendit les feuilles qu’elle tenait.
- C’est une étude sur le paysage, il suffirait que le père de Luka l’approuve et l’usine ne sera pas construite. C’est merveilleux non ? 
Le doux sourire qui rayonnait sur ses lèvres accéléra le rythme cardiaque de Gabriel.
- Pas autant que toi …  murmura-t-il, sans penser qu’elle pourrait l’entendre. Pourtant, il remarqua la teinte écarlate que prirent ses joues et il baissa la tête.

chapitre 5

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Le Lac... chap 5, par Violette

Chapitre 5.

Toute la magie du moment se brisa à l’instant où Luka entra, les larmes aux yeux, le souffle court et les cheveux emmêlés.
- Il n’a pas … il ne viendra pas … on a tout raté …
N’arrivant pas à retrouver une respiration normale il s’écroula sur le sol.
- Oh mon dieu, Luka ! LUKA ! Gabriel, vas lui chercher de l’eau s’il te plait !
Ashelia s’agenouilla à ses côtés et le réconforta.
- Ce n’est pas grave, on va y arriver sans lui, tout va bien se passer. On a trouvé un document, une étude sur l’environnement, on va y arriver ! Que t’a dit ton père ?
- Rien, rien du tout ! Il n’a pas répondu. J’ai demandé à l’accueil, il a bien reçu mon message pourtant, hurla Luka tant il était énervé et déçu.
Gabriel revint, un bol d’eau à la main et un gant dans l’autre. Ashelia lui fit un sourire tendre et lui murmura à l’oreille
- Merci, porte-le dans le lit le plus proche. Son père n’a pas répondu mais il viendra j’en suis sûre ! Il ne peut pas nous abandonner comme ça. S’il te plait, ne t’énerve pas contre lui, il n’est pas dans son état normal.
Gabriel ne répondit rien et porta donc Luka. Ashelia quant à elle, chercha des documents pendant plus d’une heure. Elle finit par redescendre et trouva Gabriel faisant à manger.
- Oh, c’est adorable ! Gabriel tu es un ange.
Il rougit et elle éclata de rire.
- Tu ne trouves pas qu’on est ridicule de rougir autant ? 
Le malaise de Gabriel s’amplifia et il grimaça.
- Gabriel !
- Mais quoi ! Je ne fais pas exprès !
Ashelia lui sourit et lui prit la main. « Viens, on va aller voir les ouvriers. » Ils sortirent discrètement, pour ne pas réveiller Luka et main dans la main, ils allèrent jusqu’à l’usine. Les ouvriers étaient une vingtaine, tous occupés avec des plans, des outils et des briques. Gabriel et Ashelia s’approchèrent et leur parlèrent. « Excusez-moi, vous savez que vous allez construire sur un site naturel protégé ? » Ils se lancèrent des regards inquiets et répondirent négativement. Ashelia leur montra l’étude prouvant ce qu’ils affirmaient. Tous pâlirent et leur chef de chantier appela son supérieur. Gabriel entraîna Ashelia prés du lac et ils s’assirent les pieds dans l’eau. Elle posa sa tête sur son épaule et constata avec amusement qu’il rougissait encore.
- Raconte-moi ce qu’il s’est passé avec Mlle June s’il te plait !
Ashelia le regarda et lui fit un grand sourire mais ne répondit pas.
- Allez ! Dis-moi comment tu … 
Elle l’empêcha de finir sa phrase en posant son doigt sur ses lèvres.
-Si tu dis encore un mot, je te noie.
Il sourit mais se tut. Elle s’approcha plus près de lui encore et lui vola un baiser furtif. Elle se leva et partit en lui adressant un petit rire moqueur. Il resta immobile, incapable de savoir ce qu’il s’était passé puis se mit à courir jusqu’à l’usine où il trouva Ashelia en pleine discussion avec le chef de chantier.
-Je vous assure que c’est une étude valable ! Venez voir les oiseaux qui passent par le lac la nuit, et même le jour parfois. Vous ne pouvez pas détruire ceci.
-Ecoutez mademoiselle, c’est bien joli de vouloir être écologiste mais nous avons des instructions très précises et rien, ni vous, ni vos « preuves » ne pourraient y changer quelque chose.
Ashelia soupira, agacée.
- Je vous en prie ! Nous devons arrêter la construction sinon le lac va …
Elle fut interrompue par la voix de Gabriel, qui en prenant sa main acheva sa phrase :
-… être détruit et on vous collera un procès pour dégradation de l’environnement protégé.
L’ouvrier ricana et lui fit signe de partir.
- Mon père est juge, Monsieur, et il n’aura aucun mal à ce que vous alliez en prison.
Le téléphone sonna et le chef de chantier grogna en répondant.
- Allo ? Oui Monsieur, ils sont toujours là. Une lettre d’un scientifique ? Qu’est-ce qu’on fait alors ? Non, pas moyen. Arrêter ? En fin de saison a priori. Vous venez ? Demain ?  Bien, je vous tiens au courant.
Puis en se tournant, il leur expliqua la décision de son supérieur.
-Mon patron vient demain, allez vous promener, faites ce que vous voulez mais en attendant laissez-nous travailler.
-Vous avez parlé d’une lettre ? demanda Gabriel en souriant à Ashelia
-Oui, un résumé de toutes les espèces qui passent par ici, fait par un quelconque scientifique de l’autre bout du monde.
-C’est génial !  On va y arriver Ash’, il n’y a plus de doute.
L’ouvrier soupira et leur dit de partir. Ils se promenèrent un peu, puis rentrèrent au château.

Luka dormait encore, ils firent alors à manger. «Gabriel, peut-être qu’on devrait lui dire pour nous … ?» murmura Ashelia, le plus doucement qu’elle put, pour ne pas qu’il l’entende. Pourtant, il fallait que cela sorte, elle ne pouvait plus se cacher de son meilleur ami.
-Ecoute, je pense que …
-Non, non Gabriel c’est pas grave je … je comprends, tu ne veux pas de « nous », tu préfères qu’on reste amis et tout ça.
-Mais arrête ! Laisse-moi finir mes phrases sans imaginer la fin à ma place.
-J’ai très bien compris ce que tu voulais dire, pas la peine de s’éterniser.
-Ash ! S’il te plait calme-toi, je ne voulais pas du tout dire ça.
-Ah oui ? Et tu voulais me dire quoi alors ?
-Que c’était à moi de lui dire ! hurla Gabriel, tellement fort que les vitres tremblèrent.
Luka tapa doucement contre la porte, bien qu’elle soit ouverte.
-J’étais au courant pour vous Gabriel, je vous souhaite beaucoup de bonheur. Et toi Ash, ne commence pas à lui faire peur avec tes angoisses. Et puis, faites moins de bruit j’ai sommeil.
Et il sortit, retourna se coucher, et se rendormit. Ashelia et Gabriel se regardèrent, interdits, puis partirent chacun de leur côté.

Plusieurs heures après le coucher du soleil, Luka revint dans la cuisine où il trouva un repas préparé en silence. Ils mangèrent en échangeant de simples paroles de politesse comme « Tu peux me passer le sel ? » ou « Merci » ou encore « C’était très bon. » Enervé, Luka se leva et explosa.
-Parlez ! Je n’en peux plus du silence, c’est insupportable, on a tous la pression, on a tous un doute mais vous vous aimez, alors PARLEZ !
Ashelia le regarda longuement puis marmonna quelques excuses, se leva et commença à débarrasser. Gabriel la suivit doucement alors, l’attrapa par la taille et lui dit tendrement :
-Ash, il a raison, on vient de se trouver. On ne peut pas s’ignorer comme ça, j’ai peur moi aussi mais justement cela doit nous rapprocher !
Elle le regarda puis lui sourit ironiquement.
-Tu as peur ! Toi le grand courageux, qui pourrait affronter le monde, tu as PEUR !
Elle rit, un peu au départ, puis ne parvint plus à s’arrêter. Il fit mine de bouder, croisa les bras, lui tira la langue, mais à chaque mouvement qu’il faisait le rire de son amie augmentait. Il essaya de la pincer, de la mordre, la chatouilla, et tenta bien d’autres choses encore mais rien n’y fit, elle riait toujours. Il partit alors, énervé, et se coucha. Luka le rejoint bientôt et un grand silence régna sur le château. Ce fut à ce moment là qu’ils se rendirent compte qu’Ashelia riait encore, puisque seul son rire résonnait. Elle les rejoignit peu après et ils s’endormirent.

chapitre 6

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Le Lac... chap 6, par Violette

Chapitre 6.

Le lendemain matin, Ashelia se leva la première, et comme à son habitude prépara le petit déjeuner. Elle l’amena dans la chambre et, constatant avec désespoir que ni Luka ni Gabriel ne se levèrent, elle alla chercher un seau, le remplit d’eau puis le renversa sur leur tête. Ils hurlèrent de rage et elle se précipita sur le plateau, le déposa à leurs pieds, prit le vélo et se dirigea vers l’usine. Luka fut le premier à sortir, grelottant, de la couverture. Il attrapa plusieurs tartines et les avala à une vitesse impressionnante. Gabriel, qui avait humé le petit déjeuner, sortit la tête de la couette et se jeta sur les tartines restantes. Ils se grognèrent quelques mots qu’eux seuls pouvaient comprendre puis se levèrent, à la recherche d’Ashelia.

Quand il sortirent ils aperçurent à la place du vélo, un petit mot où était écrit « Je suis à l’usine, désolée pour le réveil. A tout à l’heure ! » Ils la maudirent mais la rejoignirent rapidement. Là, ils furent sans voix : elle s’était fait une petite estrade et parlait dans un micro, à la fois aux ouvriers, aux scientifiques, et aux habitants des villages environnants. Elle essayait de gérer tout à la fois et ils montèrent l’aider. Les ouvriers acceptèrent de laisser les scientifiques faire leurs recherches, les habitants commencèrent une pétition et le père de Luka, qui venait de débarquer avec son équipe, promit de faire au plus vite. Luka rentra alors, prétextant un mal de tête soudain. Ashelia rayonnait et parlait avec les villageois, un par un, leur expliquant ce qu’il fallait faire, comment, quand et pourquoi. Quand ils furent tous partis, les ouvriers rangèrent leurs outils dans l’usine et les scientifiques installèrent leurs machines. Le père de Luka attrapa Gabriel alors qu’il discutait d’une certaine race d’oiseaux avec un de ses nombreux collègues.
-Gabriel, il faudrait que je vous parle à Ashelia et toi, dans l’immédiat !
-D’accord, je vais la chercher.
Il ne chercha pas bien longtemps puisqu’elle était la seule fille sur place, à présent.
-Ash ! Ash ! Le père de Luka veut nous parler, c’est urgent, viens.
Ils retrouvèrent donc le grand scientifique, qui prit la parole
-Ecoutez les enfants, on va établir une étude plus approfondie que celle que vous avez et on l’enverra  pour que le site soit classé, mais il y a cependant un problème : cela peut prendre plusieurs années. Alors il vous faudra beaucoup de courage, de patience et de pétitions pour y arriver. N’abandonnez jamais, ce que vous faites pour l’environnement est admirable. Je vous félicite, et maintenant rentrez chez vous, on vous contactera lorsque les recherches seront terminées.
Les deux jeunes gens donnèrent l’adresse du château puis y rentrèrent.

Là bas, ils trouvèrent Luka en pleine discussion avec Bulle.
-Puisque je vous dis qu’on ne va pas y arriver ! Il faudra des années et nous n’avons pas le …
-Luka ! s’écria Ashelia, comment peux-tu dire une chose pareille ? Nous allons y arriver, et bientôt : ton père a commencé les recherches, les ouvriers ont accepté de nous laisser près d’un mois, et les gens du village d’à côté ont préparé une pétition qu’ils vont faire circuler, que veux-tu de plus ?
-Il faudra des années pour que le site soit classé ! On n’a pas le temps.
Un air de démence se dessina sur le visage d’Ashelia et elle gifla de toutes ses forces Luka. Autant dire qu’il en tomba.
-N’abandonne jamais, Luka, si tu te laisses gagner par le découragement, nous n’y arriverons pas.
Elle entra dans leur chambre, prit ses affaires et les monta au deuxième, dans une des nombreuses chambres. Gabriel regarda la scène, surpris, jamais ils ne s’étaient disputés aussi violemment et Luka portait sur sa joue la marque des doigts d’Ashelia. L’après-midi venait tout juste de commencer et elle s’annonçait bien longue. Gabriel aida Luka à reprendre ses esprits, il le ramena dans la chambre et le  laissa se reposer tranquillement.
Il chercha ensuite Ashelia et la trouva dans une immense chambre, en train de déplacer des meubles, de les mettre à un endroit puis à un autre, pour finalement les sortir de la pièce. Il l’attrapa par la main et prit son visage entre ses mains.
-Hé, qu’est-ce qu’y ne va pas ?
-J’ai peur Gabriel, tout cela est tellement … étrange ! On part pour camper tous les trois et regarde où on en est...
-Je ne vois pas très bien de quoi tu te plains, on est dans un immense château, prés d’un lac magnifique et on défend une cause qui en vaut vraiment la peine.
-Gabriel je, je pense qu’il vaudrait mieux que, enfin je veux dire, que l’on se voie moins pendant deux ou trois jours, non ?
Le visage de Gabriel, qui avait été doux quelques instants plus tôt, passa de la déception à la colère. Il ne murmura qu’un vague « Ok … » et sortit, en prenant soin de claquer violemment la porte et de renverser cinq ou six meubles qui traînaient. Il détruisit quelques objets en traversant la maison, prit un vieux vélo et partit avec.
Ashelia, totalement paniquée par la fureur qu’il dégageait, réveilla Luka et lui expliqua la situation. Il la regarda, l’air endormi et lui dit, un petit peu agacé :
-En même temps, il t’aime et tu viens de lui dire d’une façon contournée que tu ne voulais plus de lui alors …
-Alors QUOI ?
-Ben je comprends qu’il réagisse comme ça.
Luka se remit sous la couverture et se rendormit sans laisser le temps à Ashelia de répondre.

Elle attendit toute la soirée que Gabriel revienne mais elle s’endormit avant son retour. Quand elle se réveilla, il devait être deux heures. Elle chercha Luka des yeux mais il s’était déjà levé. Le souvenir de la veille fit couler quelques larmes sur ses joues mais elle les essuya rapidement. Elle se leva alors, sortit, et prit le vélo. Elle roula jusqu’au village, où elle s’arrêta pour acheter une pâtisserie, puis continua sans trop  savoir où elle allait. La fureur de Gabriel l’avait effrayé et elle n’avait plus que cette image en tête. Elle se rappela alors la raison de leur dispute et freina d’un coup sec. « Oh non, mais qu’est-ce que j’ai fait ! » murmura elle. Elle fit demi tour, posa le vélo devant le château et à bout de souffle, courut jusqu’à l’usine. Les scientifiques étaient bien là, dispersés et à la recherche du moindre détail pouvant tout changer. Ashelia les regarda un à un et une angoisse incontrôlable monta au creux de son estomac. Ses membres tremblaient et elle semblait totalement perdue. Elle s’agenouilla sur l’herbe humide et en arrachant de grosses poignées, elle se mit à pleurer. Son amour pour Gabriel l’étouffait et elle avait besoin de faire le point.

Elle se releva quelques minutes après et marcha jusqu’au lac, les yeux dans le vague. Elle s’assit à la même place où elle avait vu Bulle pour la première et fut soudain prise d’une irrésistible envie de plonger dans ce lac. Au contact de l’eau, elle frissonna et se mit à nager. Mais elle sentit un frôlement contre son pied et cria. Elle hurla jusqu’à être sortie de l’eau et ne plus avoir de voix. Pourtant, cela l’avait intriguée et l’envie d’en savoir plus la poussa à récupérer un équipement de plongée auprès des scientifiques et à y retourner. Elle s’attendait à un simple poisson mais craignait de trouver un gigantesque monstre marin et c’est ce qui l’avait d’ailleurs poussée à revenir. Ce qu’elle vit ne déçut pas son imagination : une femme, ressemblant étrangement à Bulle, avec un corps recouvert d’écailles à partir de la taille. Une forte lumière blanche l’entourait mais Ashelia n’en fut pas éblouie pour autant.
-Pardon, murmura une voix douce et tellement fragile qu’Ashelia crut d’abord l’avoir imaginée. Je ne voulais pas t’effrayer, pardon.
Ashelia s’approcha encore de la créature et la regarda fascinée.
-Une sirène, mais oui c’est ça ! Tu es une sirène, comme dans les contes !
La créature la regarda avec mépris.
-Moi ? Une sirène ? Laisse-moi rire, les sirènes n’ont aucun don ! Alors que MOI, moi j’en ai des tas, je suis même une des plus douée.
Ashelia ne répondit pas et continua à l’admirer.
-Et puis d’abord, qui es-tu ? Tu arrives dans mon territoire, tu m’insultes et tu ne te présentes même pas !
-Je suis Ashelia, j’habite dans le château à côté. Tu ressembles à Bulle …
L’étrange femme poisson devint rouge pivoine et murmura une dizaine de « merci ». Leur dialogue s’arrêta sur ces mots et la créature disparut.

Ashelia remonta à la surface et tomba nez à nez avec Gabriel. Elle ne cacha pas sa surprise et s’approcha de lui sans rien dire. Il la laissa faire et la détailla. Ses cheveux dégoulinaient sur ses épaules mais ses vêtements étaient étrangement secs, comme si la scène avait été imaginée. Elle lui sourit faiblement, puis se jeta dans ses bras. Gabriel ne réagit pas, il l’enlaça simplement mais ne prononça pas un mot.
-Gabriel pardon, j’ai été si stupide et si impulsive ! Tu sais très bien ce que je ressens pour toi, je voulais juste prendre le temps.
Elle releva la tête et le regarda droit dans les yeux, lui faisant bien comprendre qu’il ne pourrait en aucun cas échapper à la discussion.
-J’ai mal réagi mais comprends-moi Gabriel,  je n’en peux plus ! Tout va tellement vite, cela me perd, je ne sais plus où j’en suis. C’est tellement difficile, j’ai besoin de m’arrêter pour mieux comprendre et puis continuer après. J’ai juste besoin de temps.
Ashelia crut percevoir une petite flamme de colére dans le regard de Gabriel et comprit, dès l’instant où il ouvrit la bouche, que ce n’était pas qu’une impression.
-Prends-le sans moi. La vie n’est pas sans fin tu sais, on n’a pas le temps de s’arrêter pour se reposer, il faut vivre. C’est comme un jeu que l’on ne peut pas mettre en pause jusqu’à avoir perdu. Alors réfléchis si tu le souhaites, vraiment, je m’en fiche, mais ne t’étonne pas si je ne suis plus là quand tu auras fini.
Il la lâcha, lui caressa tendrement la joue puis fit quelques pas à reculons.
-Mais je … commença Ashelia.
Gabriel la regarda d’une telle façon qu’elle se tut instantanément. Il lui sourit une dernière fois puis partit sans se retourner. Elle resta immobile quelques minutes, puis elle s’assit, à l’endroit même où elle avait été si proche de lui quelques instants plutôt. De lourdes larmes se mirent à couler sur ses joues mais elle ne les essuya pas, elle était bien trop triste pour pouvoir bouger.

Elle resta ainsi le reste de jour, et permit à Luka et Gabriel de se retrouver sans elle, car après l’avoir quittée, Gabriel était juste retourné au château et avait discuté avec Luka.
-Gabriel ! Gabriel ! Tu ne peux pas la laisser, elle a tellement besoin de toi, avait commencé Luka.
-Elle veut du temps, elle va en avoir.
-Ne dis pas ça sur le coup de la colére, elle t’aime cela crève les yeux !
Gabriel soupira, et prit quelques affaires.
-Je vais juste m’installer à l’hôtel du village, elle se calmera ne t’inquiète pas. Elle se calme toujours. Et quand ce moment arrivera, tu seras là pour elle.
Il attrapa un grand sac où il lança les restes de ce qui lui appartenait. Il lui fit un signe d’au revoir et partit. Il ne se retourna pas une seule fois, ne répondit pas à l’appel que Luka lui cria. Luka courut jusqu’à l’usine où il trouva les scientifiques. Il chercha son père des yeux puis, quand il l’aperçut, un grand soulagement l’envahit.
-Papa, où en sont les recherches ?
-Il semblerait que je n’aie plus rien n’à faire ici.
Luka étouffa un grognement frustré.
-Car, continua son père, nous avons suffisamment d’éléments pour faire fermer cette usine en moins d’une semaine !   
Le cœur de Luka s’emballa et il prit son père dans ses bras.
-Merci, merci, merci !

fin

Posté par Menahem Lilin à 19:23 - textes de Violette - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Le Lac... fin, par Violette

Chapitre 7

Ashelia et Luka organisèrent une grande fête, pour célébrer la fermeture de l’usine. Bulle June était là elle aussi, rayonnante. Tous les habitants du village et certains même de la région étaient venus assister à l’officielle condamnation de l’usine. Quelques jours s’étaient passés depuis que Luka avait appris par son père qu’ils avaient réussi. Les événements s’étaient enchaînés les uns après les autres, sans leur laisser le temps de se réjouir. Ce soir là fut donc l’occasion rêvée pour les deux amis de profiter et de se détendre.

Il devait être au environ de 17 heures et le soleil était encore haut dans le ciel. Presque deux mois s’étaient écoulés depuis qu’ils étaient partis camper et ni Gabriel ni ses amis n’avaient songé une seconde à rentrer chez eux. Pourtant le sujet allait, pour la première fois, être abordé lorsque les parents d’Ashelia débarquèrent.
-Papa ! Maman ! Quel plaisir de vous voir. Que faites-vous ici ?
-Oh, ma chérie, tu n’imaginais tout de même pas que nous allions louper cette victoire si importante pour toi, lui répondit sa mère en l’enlaçant doucement.
-Merci beaucoup d’être venus, vous m’avez énormément manqué.
-On ne s’est pas fait tellement de soucis, tu étais en bonne compagnie. D’ailleurs, où est Gabriel ? J’ai aperçu Luka et son père mais Gabriel est resté introuvable !
-Eh bien en fait …
-Parfait, quand comptes-tu rentrer ? continua-t-elle sans lui laisser le temps de répondre.
-Renter ? Où ça ?
-A la maison bien sûr !
-Mais je ne veux pas revenir, nous allons vivre dans le château.
-Enfin, cela n’est pas raisonnable, il faut que tu finisses tes études, sans parler du mariage !
-Mariage ? De quel mariage parles-tu ?

La discussion aurait pu tourner à la dispute, mais heureusement Gabriel choisit ce moment là pour montrer qu’il était présent. « Hm, hm ! ». Ashelia se retourna vivement et eut le souffle coupé. Gabriel resplendissait au côté du Prince et de Bulle. Ashelia voulut prononcer quelque chose, lui dire combien elle regrettait et à quel point elle l’aimait mais elle ne put dire un mot, alors elle se jeta dans ses bras. Ils se regardèrent et à cet instant précis, le monde ne comptait plus autour d’eux. Ils se murmurèrent des mots doux, sans bouger. Et, comme pour sceller leur réconciliation, ils s’embrassèrent. Puis, prise soudain d’un grand courage, Ashelia lui prit la main et l’amena face à ses parents.
-Maman, Papa, écoutez, je ne veux pas rentrer à la « maison », à votre maison. Je ne veux pas non plus me marier, du moins pas avec quelqu’un d’autre que Gabriel. Je veux vivre ici et peu importe ce que les gens en pensent.
Luka arriva et en sautant dans les bras de ses amis cria un « Félicitation ! » pétillant. La mère d’Ashelia accepta finalement que sa fille reste au château, avec la condition qu’elle ait quand même son BAC. La fête dura toute la nuit et se déroula de façon merveilleuse, le paysage plus magnifique que jamais semblait remercier les invités de  l’avoir sauvé. Gabriel et Ashelia se retrouvèrent réellement cette nuit là et montrèrent leur amour, en affrontant leur peur mutuelle de tout briser.

Le lendemain, les trois amis firent un dernier tour tous les trois. Sur la clairière où ils avaient planté leur tente, ils trouvèrent une immense pancarte représentant Bulle June et son prince. « Ce domaine est privé, veuillez vous adresser à Gabriel, Ashelia et Luka qui en sont les heureux propriétaires » était-il écrit sur le bas de la photographie. Ils rirent tous trois de bon cœur et furent très satisfait de leur réussite.

Luka partit, quelques jours plus tard, visiter le monde. Il revint régulièrement et n’oublia jamais Bulle June qu’ils virent pour la dernière fois lors de la fête. Le couple s’installa définitivement au château, mais avec leurs caractères, qui sait ce qu’il a pu se passer… Ashelia apprit que la sirène qu’elle avait vu dans le lac était en réalité un personnage que Bulle avait créée, ressemblant à ce qu’Ashelia voulait être et à ce qu’elle était. Elle songea longtemps à retourner la voir mais la peur de ne pas la trouver l’en empêcha. Personne n’oublia jamais ses trois adolescents qui, vainquant leur peur, avaient sauvé le Lac du Miroir des Fées.
 

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24 juin 2008

Blues au royaume bleu

Blues au royaume bleu

Pièce écrite par les participants de l’atelier Théâtre et histoires, en octobre 2007

Alice : le troubadour.

Léonie : La petite fille étrange

Louise : la musicienne

Amélie : le détective

Lou : la reine

Marien : le cuisinier

Adrien : l’inventeur

Clément : le chasseur de monstres

Scène 1 : le troubadour

Le troubadour entre en scène. Il raconte sa vie

Le troubadour a une vie très aventureuse. Et dans sa vie, il a rencontré de grands amis qui avaient fait des exploits fabuleux. Il y en avait un qui avait peint une église en 24 heures, un autres qui avait traversé la mer à la brasse, et d’autres qui ont su écrire une bible sans jamais avoir su écrire ni lire !

Le troubadour sait chanter, danser, jongler, raconter des histoires, quelques tours de magie, mais il est très vieux et a beaucoup de courbatures. Il est trop fragile pour pouvoir faire trop d’acrobaties.

En plus, il n’avait plus beaucoup d’inspiration et toutes les chansons, les histoires qui pouvaient exister ou être inventées, il les avaient toutes dites au moins une fois. Tout le monde se lassait de lui.

Il avait des hématomes aux doigts et des kystes aux mains. Il avait des doigts coupés, car il s’était fait mettre aux oubliettes par plusieurs rois qui se lassaient de ses idées. Mais il avait toujours su s’évader et quitter l’endroit pour aller dans un autre. Mais il était allé partout. Vraiment très vieux, ses os le faisaient souffrir. Il n’imaginait pas de retenter sa chance ailleurs.

Scène 2 : l’audience royale

La petite fille étrange : J’ai 914 ans, et je suis le guide de cette histoire.

Vous verrez que je peux aussi être l’assistante du détective. Je lirai dans les cœurs, comme dans la scène 6. Je serai un peu « dame nature », ça veut dire que j’aimerai beaucoup la nature (ça explique ma robe verte !). En plus je serais une fée.

Il y a beaucoup de problèmes dans ce royaume : par exemple, de la poussière tombe du plafond et tout le monde tousse. C’est que les salles sont si grandes et si hautes que les domestiques n’arrivent jamais à faire le ménage à fond. Quand ils ont terminé quelque part, tout est déjà très sale ailleurs.

Et vous entendez tous ces grands bruits dehors ? C’est comme un mur qui s’effondre, et des cris : les monstres ont encore frappé. Jusqu’à maintenant, les gens du royaume n’ont pas trouvé de solution très efficace. La reine s’en désintéresse, ou ne sait pas comment faire.

En plus, les courtisans ont faim. Ce qu’on sert à la cour n’est pas très bon, ni très copieux. Surtout, c’est toujours la même chose.

Aujourd’hui mercredi le roi (ou la reine, le prince, la princesse…) donne audience. Il reçoit les voyageurs qui veulent le voir, ou les gens du royaume qui veulent lui parler. Quelquefois il faut que les gens attendent plusieurs mercredis pour le voir et lui parler… car il y a foule.

Arrivée de la reine

La la la, moi je m’en fiche des problèmes du royaume, je ne pense qu’à m’amuser. La vie est tranquille pour moi.

(La reine dira tout le temps, à chaque fois qu’on lui pose une question : « oui oui c’est ça… c’est bien… on verra plus tard. »)

Le chasseur de monstres: moi je suis le chasseur de monstres, le plus grand du monde. Je suis aussi alchimiste et manitou. J’ai des griffes qui, d’une pichenette, peuvent détruire un pilier en acier. Une combinaison violet foncé, une agilité extrême, je peux sauter à une hauteur énorme, jusqu’aux nuages.

Il leur montre : aïe !

Le problème, c’est que je me suis foulé la cheville en vous montrant.

J’ai des pouvoirs extraordinairement puissants. Je suis reconnu comme manitou de niveau 16, c’est comme ça que je suis payé.

Oh zut, on est coincés !

J’ai vu qu’il y a beaucoup de monstres ici : j’ai vu un tourloupet à queue courte, un cyclope à 5 poils, espèce très rare et très dangereuse (j’ai failli me faire tuer). Dis donc, le ménage est mal fait dans ce royaume, personne ne chasse les monstres !

L’inventeur : oui, on aurait besoin de toi pour les monstres ! moi je m’occupe du ménage.

J’ai fabriqué un tas d’inventions comme le gland sophistiqué : il peut faire pousser des milliers d’arbres sur une zone d’un km, mais il attire les monstres.

Le chasseur : pas de problème, je suis là maintenant !

L’inventeur : J’ai aussi inventé le tuyau à nourriture. Le bout fait un cm 2, tu peux le fixer sur ta joue, en quelques secondes il te fournit à manger pour une semaine. Mais il a besoin de carburant, un carburant spécial : du jus de navet mélangé à des yeux de cyclope, et très cuit.

Le cuisinier : pour la cuisson, je ne crains personne.

L’inventeur : J’ai aussi inventé la feuille à hydrater. Tu mets une goutte d’eau et cela multiplie la feuille par 10. Mais pour cela il faut manger trois navets et un poireau.

Le cuisinier : sans problème, je vous les prépare dans la minute !

L’inventeur : J’ai aussi inventé une chaise voiture, qui peut se déplacer très vite. Mais il lui faut des os de monstres cuisinés en guise de carburant. Un os suffit pour 3 ans.

Le cuisinier et le chasseur ensemble : pas de problème, on peut t’arranger ça si tu nous payer quelques tours en voiture !

L’inventeur : Et puis… l’aspirateur tout terrain. Il peut aller sur les murs et les plafonds, et il n’a pas besoin de carburant. Son carburant, c’est la poussière. Il avale ce qu’il transforme en carburant.

Et sans oublier la machine pour attraper les monstres. Il a besoin de jus de cerise.

Le cuisinier : c’est la cerise sur le gâteau ! je te la prépare en même pas une seconde.

Et puis je peux faire des soupes qui ravissent des gens et qui les transforment. Mais il y a besoin de jus de monstres !

Le chasseur : génial, je te fournis ça.

Le cuisinier : j’arrive à faire des soupes aux monstres !

On est géniaux tous les trois ensemble, on a intérêt à ne plus se séparer. Mais il faudrait que cette reine nous reçoive enfin ! Ça fait 3 semaines que j’attends.

L’inventeur : moi 10 jours

Le chasseur : moi depuis hier seulement mais je n’ai pas envie d’attendre plus longtemps !

Arrivée de

la musicienne. Elle

pourrait entrer dans la salle en faisant la roue, puisqu’elle est aussi acrobate. Elle retient tout de suite l’attention de la reine.

La musicienne : Bonjour Majesté, je suis une simple musicienne, j’aimerais me produire dans votre royaume. Je n’ai que quinze ans, mais ça fait déjà trois ans que je parcours le monde avec mon piano ; qui est, je précise, la chose la plus importante que je possède. Je l’ai depuis douze ans.

La reine : je vais vous tester et puis nous déciderons de tout ça.

La petite fille : monarque, vous devez encore recevoir des tas de gens. Vous n’avez pas le temps.

La reine : les autres attendront ! Jouez, musicienne. Mais d’abord, comment avez-vous fait pour vous procurer un piano ?  Il n’en existe aucun dans tout le royaume.

La musicienne : je l’ai acheté dans le royaume multicolore pailleté un peu plus à l’ouest.

La reine : jouez, je le veux.

La reine l’invite à jouer. Applaudissements spontanés des courtisans. La reine est enthousiaste. De la poussière tombe du plafond.

Le troubadour, qui est présent, prend peur : cette musicienne va-t-elle lui enlever la faveur du monarque et du public ? (il s’adresse à nous pour nous expliquer sa peur, sa jalousie. A toi d’écrire, Le troubadour).

Lou et Le troubadour : Justement, La reine veut le présenter : « Il y a un autre artiste, ici. Troubadour, présentez-vous. » Mais le troubadour est si troublé qu’il se montre sous un mauvais jour : maladroit, ridicule, ou en colère ? La reine l’arrête : « ça suffit comme ça ! » Il est désespéré.

La reine : chère musicienne, voulez-vous faire un concert à la ville ?

La musicienne : oui, avec joie.

La reine propose à la musicienne de faire un concert pour les gens de la ville, le lendemain. Puis, il annonce que l’audience est levée. « ça suffit comme ça ! aujourd’hui, je ne veux voir personne d’autre que cette musicienne extraordinaire. »

La petite fille explique que ça va mécontenter les autres, mais la reine ne l’écoute pas, elle répond seulement :  « oui oui c’est ça… c’est bien… on verra plus tard. »

La petite fille voit qu’il va y avoir un problème.

Scène 3 : le mécontentement

Adrien, Marien, Clément, Le troubadour - puis Lou

Aucun des voyageurs n’a pu être présenté au monarque. Ils sont très mécontents, ils devront attendre une semaine de plus ! Les auberges sont chères…

Le troubadour les entend grommeler. Il va vers eux. Il les a entendus discuter, tout à l’heure, il sait qui ils sont. Il dit : « Il  n’y en a eu que pour cette fille, aujourd’hui. Pourtant ce que vous proposez est très intéressant pour le royaume ! »

La petite fille arrive et annonce qu’il y aura une audience exceptionnelle le lendemain, pour recevoir ceux qui n’ont pu voir La reine aujourd’hui.

Le troubadour : je vous présenterai moi-même, demain. Comme ça vous serez écoutés ! j’ai une certaine influence à la cour.

Ils remercient.

Mais le lendemain, La reine annonce qu’il n’y aura pas d’audience, il est trop fatigué, il a écouté la musicienne répéter pendant des heures, il n’a pas la tête à écouter des gens ennuyeux…

Protestations : mais La reine s’en va.

Scène 4 : le concert gâché

A développer un peu

La musicienne : joue du piano

Le troubadour : c’est un scandale, vous applaudissez cette débutante ! applaudissez-moi !

La musicienne : se plaint, vous gâchez mon concert, vous pourriez venir après !

La petite fille étrange : arrêtez de vous disputer !

Le troubadour : c’est un scandale ! on donne un piano à cette débutante

La reine (Lou) intervient : troubadour, je ne veux plus de vous, partez ! Immédiatement !

Elle exige que le troubadour sorte. le troubadour est de plus en plus désespéré.

La musicienne recommence à jouer. Applaudissements. La reine décrète qu’elle jouera tous les soirs pendant un mois. Le troubadour n’a plus de théâtre.

Le cuisinier, l’inventeur et le chasseur de monstres soutiennent le troubadour. Ils ont une idée : il n’y aura pas de concert le lendemain, ils vont l’empêcher de jouer. A la place, ce sera le troubadour, et le cuisinier en profitera pour distribuer ses gâteaux aux gens du public, il se fera ainsi de la publicité, car c’est décidé, il veut ouvrir une pâtisserie ici. L’inventeur fera une démonstration de son aspirateur en nettoyant enfin le théâtre. Le chasseur de monstres tiendra tous les monstres à l’écart. Il y aura enfin un spectacle tranquille (d’habitude, les spectacles sont interrompus par les bruits des monstres, les cris des gens, la poussière qui tombe…)

Mais comment faire pour mettre la musicienne hors jeu ? La rendre malade ? Mais on soupçonnerait le cuisinier…

L’inventeur dit : j’ai une meilleure idée.

Scène 5 : avec le détective

Le lendemain matin :

La petite fille étrange : je sens qu’il va se passer quelque chose. Je sens qu’il se passe quelque chose…

Elle se rend chez le détective : « Il va se passer quelque chose ! »

Le détective se présente :

J’ai quinze ans, et ça fait déjà dix ans que je résous des énigmes. J’ai ce don. Je n’ai jamais échoué, je suis la seule détective du royaume et j’ai souvent aidé La reine pour certains conflits.

S’adressant à la petite fille : oui, je pense qu’il va se passer quelque chose avec le troubadour qui est désespéré et La reine qui est débordé.

La petite fille : on ne fait rien ?

Le détective : non, on attend, parce qu’on m’appellera si on a besoin de moi.

On entend le téléphone, La petite fille étrange le prend et le donne à Le détective (détective)

La musicienne : on m’a volé mon piano cette nuit !

Le détective : on arrive tout de suite ! où habitez-vous ?

La musicienne : dans la petite maison rouge près du palais. Vous ne pouvez pas la manquer, il y a un énorme trou dans le mur !

Un peu plus tard, ils frappent chez La musicienne :

La musicienne : oui c’est moi qui ai appelé tout à l’heure, pour mon piano. Je n’ai pas dormi ici, le cuisinier m’a invitée à déguster un merveilleux repas qu’il a préparé hier, j’ai dû trop manger car je me suis endormie sur sa table… Et ce matin, j’arrive ici, et voyez.... (désespérée) Retrouvez mon piano, je vous en prie.

Le détective : Avez-vous une idée de la personne qui a pu faire ça ?

La musicienne : J’ai bien une idée… vous avez entendu parler du scandale d’hier soir… ce pourrait être cette personne qui m’a volé mon piano.

La petite fille étrange : A quoi ressemble ce piano ?

La musicienne : le signalement : vieux, pas très grand, rectangulaire. UNIQUE !

Le détective : très bien, je vais enquêter.

La musicienne : au revoir.

Le détective : non non, il faut qu’on visite les lieux, qu’on cherche des indices…

La musicienne : ah bon. Mais à part le trou, tout à l’air normal…

Le détective : ah ah....

Le détective explique ce que tu fais au fur et à mesure que tu enquêtes. Tu as une loupe, pour chercher les empreintes, pour regarder les détails. Tu cherches les traces. Tu écris sur ton carnet. Tu fais des suppositions.

En fait, je propose que le piano ait été volé grâce à l’aspirateur de l’inventeur. Il devait seulement ouvrir la fenêtre, mais il l’a arrachée. Ensuite le troubadour et l’inventeur sont montés par une échelle, et on descendu le piano. Pour venir et repartir, il pouvaient avoir une charrette, qui a laissé des marques sur le sol… Evidemment, pour toi, ce n’est pas évident, car tu ne connais pas l’existence d’un tel aspirateur. Mais tu remarques toutes sortes de choses bizarres. Les meubles sont tombés les uns sur les autres, vers la fenêtre.

Peut-être aussi qu’ils se sont fait aidés d’un monstre, pour aller chercher le piano et le rapporter. Le monstre pourrait remplacer la charrette. A toi de voir, Clément.

La petite fille étrange, toi aussi tu peux faire des suppositions. Surtout que tu as beaucoup d’imagination ! tu es la petite fille étrange, tu connais plein de choses…

Scène 6 : chez le troubadour

Le détective : bon, tout ça est très bizarre, mais on a quelques petites idées. Les traces dans la rue se dirigent vers la maison du troubadour. C’est notre suspect, on va aller le voir.

La petite fille étrange : on n’a pas vraiment de preuves !

Le détective : on va faire comme si… On n’a pas de preuves encore, mais on a un mobile ! La jalousie.

Un quart d’heure plus tard : elles frappent

Le troubadour : quoi, qui est là ?

Le détective et La petite fille étrange : On vous soupçonne d’avoir volé un piano hier au soir.

Le troubadour : Qui ?

La petite fille étrange : la musicienne…

Le troubadour : Quoi, cette fille ? Elle est nulle, elle me prend ta place… alors que je suis là depuis longtemps, que j’ai toujours fait correctement mon travail de troubadour. Et maintenant, elle m’accuse ! c’est un comble !

Sortez, je n’ai rien fait, c’est un scandale. D’ailleurs, vous n’avez pas de preuves !

Le détective : on a les traces de la charrette qui viennent jusqu’ici.

Le troubadour : je n’ai pas de charrette, c’est idiot comme preuve.

Le détective : vous êtes jaloux, vous avez peur… Vous avez voulu empêcher la musicienne de jouer !

Le troubadour : tout ce que vous dites, c’est du vent…

On entend l’aspirateur dans la pièce à côté, tout se met à trembler.

L’inventeur : Oh, zut, j’ai encore réglé trop fort ! j’ai aspiré le lustre avec la poussière du plafond.

Le cuisinier : fais attention ! déjà cette nuit tu as été beaucoup trop fort… tu as aspiré toute la fenêtre et une partie du mur !

Le détective : Tiens tiens… Vos amis ont de drôles d’activités.

Le troubadour : ça ne vous regarde pas.

Le cuisinier : heureusement, le piano n’était pas abîmé. Le troubadour veut apprendre à en jouer.

Le détective : tiens tiens !

Le troubadour : ils racontent n’importe quoi !

La petite fille : je vois… je vois un cuisinier prodigieux, qui invite une musicienne et l’endort avec ses bons petits plats… Je vois un inventeur génial… tous les deux se sont mis au service d’un troubadour jaloux…

Le troubadour : moi, jaloux ? vous n’avez pas de preuves…

La petite fille : je sais lire dans les cœurs.

Le détective : et moi sur les visages. Vous avez peur. Allez, avouez, troubadour…

Le troubadour : oui, c’est moi…

Le détective : comment avez-vous fait exactement ?

Le troubadour et les autres expliquent.

Scène 7 : fin

Bip bip (téléphone) :

La musicienne : Allô ?

Le détective : on a retrouvé votre piano !

La musicienne: oh, je peux passer tout de suite ?

Le détective : oui, chez le troubadour.

elle arrive, tombe dans les bras du détective et de la petite fille :

La musicienne : oh, merci, merci ! qui a volé ?

Le détective : c’est cette personne.

La musicienne :Ah !

La petite fille : Avec l’aide de ceux-ci (le cuisinier, l’inventeur, le chasseur de monstres)

La musicienne : Mais pourquoi ?

Le troubadour : La reine n’en a plus que pour vous !

Le chasseur, l’inventeur, le cuisinier : on attend de le voir depuis trois semaines, et il ne s’occupe que de vous ! il ne nous reçoit pas !

La musicienne : c’est vrai que c’est injuste… Je n’avais pas compris tout ça.

Se tournant vers les détectives :

La musicienne : je vous dois combien ?

Le détective : rien, on est contentes que cette affaire soit résolue !

La petite fille : moi, je n’accepte jamais rien en échange du bien que je fais… C’est pourquoi je suis encore là.

La musicienne : ah bon ?

La petite fille, l’air mystérieux : oui…

La musicienne : Ah bon, ah bon…

Allant vers le troubadour : je connais votre réputation, monsieur le Troubadour. Vous racontez tellement bien ! J’étais venue ici pour vous écouter.

Le troubadour : pas possible ?

La musicienne : on vous connaît dans le royaume jaune, le royaume bleu, le royaume vert… il faudrait que vous y alliez en tournée.

Le troubadour : c’est vrai, ça… J’aurais un autre public…

La musicienne : je vous propose quelque chose. Faites le spectacle avec moi. Vous apprendrez à jouer du piano… et en échange, moi, vous m’apprendrez à raconter.

Le troubadour : oh, merci, merci !

Il réfléchit : bon, mais vous m’accompagnerez aussi quand je raconterai ?

La musicienne : d’accord ! on fera un spectacle à deux !

La musicienne, à la détective et à la petite fille : en remerciement, je vous offre des places gratuites à chaque spectacle. D’accord, troubadour ?

Le troubadour : heu… d’accord.

Les autres : et nous ?

Le troubadour : vous, mes amis, vous ferez ce qu’on avait décidé : préparer des gâteaux, nettoyer la salle du spectacle, tenir les monstres à distance… La reine sera éblouie !

(on peut même imaginer qu’un monstre apprivoisé fasse un numéro, ou tienne la caisse).

La petite fille : et voilà que tout finit bien dans le royaume !

La musicienne : d’accord, mais plus d’entourloupe, hein, monsieur le troubadour ?

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Histoires au hasard

Comment tirer parti du hasard ?

Ou, à partir de mots tirés au hasard, donner forme à l’imaginaire, par écrit.

A partir des mots tirés du dictionnaire :

Usuellement, indébrouillable, filerie, intercalaire, cahute, dégustation, législation, écru.

Je vais usuellement à la filerie. Cette filerie est dans un cahute, par décision du ministère, car ce pays a vraiment une législation indébrouillable ! Cette fois, je vais là-bas pour faire des intercalaires écrus, avec du fil d’araignée. Pour faire ça, je suis vraiment débrouillarde ! Après, je fais une dégustation de fromage.

La filerie où je me rendais usuellement ressemblait à une cahute. Dedans, LE classeur. Derrière le premier intercalaire, une feuille écrue. Sur cette feuille, une législation idiote : toutes les situations indébrouillables devaient se terminer par une dégustation dans la filerie.

Dans une cahute, j’ai trouvé des intercalaires, où était placée la photo d’une filerie, qui fabriquait usuellement des jupes écrues. J’ai vu à côté une bâtisse où était écrite une phrase indébrouillable : « En dégustation gratuite ce mois-ci, la législation ! »

Le président note beaucoup de législations. Par exemple : « Législation 1 : La cahute doit être à côté de la filerie ». Ou : « Législation 2 : Chez Mamie, les repas seront des dégustations ». Quelquefois, le président se trompe. Il écrit : « Législation 3 : J’ai perdu mes clés et je ne les retrouve pas, c’est une situation indébrouillable ». Législation 4 : « Mes intercalaires sont bloqués. Mon pantalon est écru. » Législation 5 : « Les législations 3 et 4 sont usuellement impossibles ».

« La législation dit que les fileries, les cahutes et les maisons écrues seront détruites. C’est usuellement indispensable ». Benoît révisait ses leçons quand il entendit ce flash. Il en était à l’intercalaire ‘histoire’. Benoît se dit : « Ces lois, ces hommes politiques ! Nous sommes dans une situation indébrouillable… » Et il commença à faire une dégustation de fromage.

Cet intercalaire est usuellement fait à la filerie avec des fils, et parfois il est indébrouillable.

Cette cahute est de couleur écrue.

En guise de dégustation, nous parlons de législation.

A partir des mots : feuille, feu, pachyderme, train, traumatisé, harnachement, tomate, bleu.

Ma feuille couleur de feu bleu, où j’avais dessiné une tomate, a été mangée par mon pachyderme, parce qu’il l’avait prise pour une vraie ! Je n’étais pas contente. Je l’ai puni et traumatisé en lui mettant un harnachement et en l’envoyant dans un train. Parce que je ne voulais plus le voir.

Premières nouvelles du journal :

Le train transportant : des tomates bleues, des feuilles d’été, quelques cracheurs de feu et quelques milliers de harnachements pour chevaux, s’est écrasé hier soir, traumatisé par une énorme troupeau de pachydermes.

Une feuille en feu est passée de la couleur tomate en feu à la couleur bleu en feu, à cause du pachyderme, traumatisé par son harnachement dans le train.

Le train est traumatisé par le pachyderme et son harnachement fait avec des tomates. La feuille est dans le feu bleu.

Un train a été traumatisé par un pachyderme qui mangeait une tomate bleue enrobée d’un harnachement. En effet, le pachyderme a fait un feu avec une feuille, dans le train.

Une feuille prend feu à cause d’un pachyderme dans un train, qui a glissé sur une tomate bleue. Du coup le pachyderme est traumatisé. Alors, il exige un harnachement avec plein de bijoux protecteurs contre le feu !

Séance du 26/10/07

Ce travail sur l’improvisation et l’imaginaire a été poursuivi à la séance du 31/10, sous deux formes : écrit et oral.

Ecrit : chaque participant a donné un mot évoquant Halloween, puis un mot tiré au hasard.

Oral : à partir d’un jeu proposant des situations un peu folles, et imposant 3 mots pour l’exposer.

Mots Halloween : Dracula Sorcière Sonner aux portes Jack O’Lantern

Mots tirés du dictionnaire : Vestibule Bécane Défaire Peinturlurer

Adrien :

Hier, je me suis déguisé en Dracula, j’ai sonné aux portes avec mon copain déguisé en sorcière. Dans ma maison, j’ai vu Jack O’Lantern sur une bécane, dans le vestibule menant aux toilettes. Dans la rue, j’ai vu un monsieur défaire une corde toute peinturlurée. Le pendu était maintenant mort, donc il récupérait la corde.

P.S. : c’était une soirée horrible mais j’ai gagné 36000 bonbons. (360 personnes m’ont donné 10 bonbons).

Alice :

Dracula sur sa bécane alla sonner aux portes. Dès qu’on lui ouvrirait, il se jetterait sur la personne pour la tuer et boire son sang. Il sonna chez une sorcière. La porte s’ouvrit mais il n’y avait personne. Il entra dans le vestibule et au bout de quelques instants, il vit Jack O’Lantern défaire la couche peinturlurée qui était sur les murs. Dracula tua Jack O’Lantern et s’en alla de la maison. Dracula ne vit plus sa bécane. C’était la sorcière qui s’enfuyait avec. « ça te servira de leçon pour avoir tué mon mari ! » hurla-t-elle.

Mais la sorcière n’était pas triste de la mort de son mari car elle avait des antidotes pour faire une potion qui le ressusciterait. Le seul problème, c’était qu’elle voulait inviter ses copines pour qu’elles voient le vestibule tout repeint et comme Jack O’Lantern ne serait pas ressuscité avant une semaine, cela l’embêtait beaucoup. Elle ne savait pas comment elle arriverait à garder son mari intact pendant une semaine sans lui arracher un bras pour le manger ! Elle l’aimait tellement !

Marien :

J’ai pris ma bécane et je suis allé défaire le nœud de mon porte-clé, puis je suis allé sonner aux portes de la résidence à côté de chez moi. On m’a fait rentré dans le vestibule et pour m’amuser j’ai peinturluré sur le mur Jack O’Lantern suivi de Dracula, avec quelques sorcières. Quand j’ai eu fini on m’a jeté dehors et sans bonbons !

Larmes.

Ouin ! ouin !

Moins fort ! cria un voisin qui me lâcha une brique sur la tête.

Carole :

La nuit était tombée, mais les citrouilles creusées en forme de tête dans laquelle on avait placé une bougie, brillaient aux fenêtres et dans les vitrines. Les masques peinturlurés s’étaient répandus dans les rues. On ne savait plus s’il s’agissait de vivants, de morts ou de créatures fantomatiques.

-          sang frais ! qui veut mon sang frais ? 13 bonbons la pinte ! criait la sorcière de la rue Barbare.

-          Moi ! s’exclama un Dracula en costume noir. Il saisit la bouteille que lui tendait la sorcière et la but avec empressement. Aussitôt, la doublure de sa cape vira au rouge fluo.

-          ouh ! quel appétit ! s’écria la sorcière, un peu tremblante.  Bon, monseigneur, je dois vous quitter, je viens de voir Jack O’lantern passer sur sa bécane.

Et elle s’enfuit dans un vestibule, espérant échapper au Dracula trop gourmand. Celui-ci eut un rire amusé. Il lui avait bien fait peur ! Elle en avait oublié de lui réclamer ses bonbons ! Il avait gagné sur tous les plans.

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Le Père Noël ne veut pas venir dans le Royaume Bleu

Le Père Noël ne veut pas venir dans le Royaume Bleu

Rôles par ordre d’entrée en scène :

La Fée Rose

:                                Léonie

La musicienne-acrobate Lily

:       Louise

L’inventeur Mickaël :                    Adrien

Le cuisinier M. Cacao :                 Marien

Le chasseur de monstres Nitro :    Clément

Le détective Orube :                     Amélie

La reine Elisabeth

:                       Lou

Le troubadour Garin :                   Alice

Scène 1 : Tous

Tous les personnages entrent en scène : ils ont l’air abattus, sauf la reine qui s’en fiche et le troubadour qui regarde tout le monde méchamment.

Fée :             (au public) Bonjour, vous avez passé un bon Noël ? oui ? (attendre la réponse)

Eh bien, au Royaume bleu, toutes les horloges sont en retard, et le Père Noël passe un mois après que dans les autres contrées, c’est à dire le 25 janvier.

Et cette année, il a décidé de ne pas venir du tout.

Mais nous, nous avons décidé de nous réunir pour le convaincre de revenir sur sa décision. Nous, c’est à dire : (elle les présente)

Lily : elle est musicienne.

Lily :             (elle fait la roue) Et ze suis acrobate aussi…

Fée :             Mickael, c’est un inventeur génial !

Mickaël :      Il faut prononcer Maikol

Fée :             Maître Cacao, cuisinier extraordinaire…

M. Cacao :    C’est la cerise sur le gâteau !

Fée :             Nitro, chasseur de monstres…

Nitro :           Et aussi alchimiste et manitou. Manitou niveau 16 !

Fée :             Orube, la détective de notre royaume…

Orube :         Les affaires louches, c’est ma spécialité !

Fée :             Elisabeth, notre reine bien-aimée…

Elisabeth :    Ah non, moi, je m’en fiche que le Père Noël vienne ou pas !

Fée :             Garin, troubadour voyageur qui connaît tant de choses !

Garin :          Oui bon ça va, ça va… Vous me faites pitié avec votre Père Noël !

Fée :             Et moi je m’appelle Rose, et je voudrais bien que le Père Noël change d’avis ! C’est tellement féerique la nuit de Noël !

Orube :         (au public, en confidence) En fait Rose, c’est une fée, la fée du royaume, mais chutt ! C’est un secret.

(les personnages vont se passer la lettre et

la lire. Ils

sont tous très intéressés par cette lettre car elle annonce les raisons pour lesquelles le Père Noël ne viendra pas. Grâce à cette lettre chacun à sa manière pourra faire quelque chose pour changer la situation et que le Père Noël vienne)

Fée :             Voici la lettre que le Père Noël a écrite à la reine (elle commence à lire)

« Madame la Reine, je vous avertis que je ne reviendrai pas dans votre royaume. J’y ai rencontré trop de problèmes. (elle passe la lettre à Mickaël)

Michaël :      D’abord, il y a tellement de poussière dans votre royaume ! je n’ai jamais vu ça. Je suis tout gris après être passé par vos cheminées. Et je glisse souvent sur du bois pourri. Un de ces jours, je me casserai la jambe ! Il faudrait vraiment que vous fassiez le ménage. Car en plus de la poussière, il y a trop de monstres partout, je ne m’y sens pas en sécurité. (il passe la lettre à Nitro)

Nitro :           L’année dernière, deux de mes rênes se sont fait boulotter par des espèces de dinosaures cannibales ! (il passe la lettre à Lily)

Lily :             Et tout ça, pour quoi ? Jamais un petit merci de votre part ! D’habitude, pour me remercier, les souverains et les présidents des pays que je traverse me jouent un petit air de musique et me proposent un délicieux repas ! (elle passe la lettre à M. Cacao)

M. Cacao :    Chez vous je meurs de faim, il n’y a rien à manger, ou quand il y a c’est très mauvais. Et cette année, ça été le plus terrible : quelqu’un du Royaume bleu est venu chez moi, m’a attaqué et m’a volé tout ce que je possédais ! (il passe la lettre à Orube)

Orube :         Je me retrouve maintenant en caleçon et en chaussettes. Je n’ai plus de traîneau, plus de rênes, plus de cadeaux, plus de manteau, plus de bottes, plus de barbe ! et même pas de bonnet. Avec le froid qu’il fait, c’est le pompon ! Ah oui, c’est le pompon !

Garin :          (assez réjoui de la situation) Madame la Reine, il n’y aura plus jamais de cadeaux de Noël chez vous, plus jamais de sapins, plus jamais de chansons de Noël, ni de bûches au chocolat ou à la crème de marron. J’interdirai tout cela, et comme les sapins, les chants et les gâteaux de Noël du monde entier sont enchantés et m’obéissent, vous n’arriverez pas à aller contre ma volonté.(il passe la lettre à la reine)

Elisabeth :    Au revoir, Madame la Reine ! »

                     Ah ! mais quel toupet ! Je vais lui répondre, moi au Père Noël ! (Garin se précipite pour lui donner du papier et une plume)

(elle écrit) « Cher Père Noël, je m’en fiche complètement que vous ne veniez pas, et puis c’est trop compliqué. Alors parlez-en à quelqu’un d’autre que moi. Et puis ce qui m’intéresse, moi, c’est : le shoping, faire la fête, m’amuser, etc. Moi je suis la reine, je suis riche, je n’ai pas besoin de vous. Vous m’avez toujours fait des cadeaux idiots, depuis que je suis petite. Le pire cadeau que vous m’avez fait est une ridicule petite pièce de monnaie et un ridicule petit billet. Voilà, au revoir. La reine. »

(tous sauf la reine et la fée sortent de scène en râlant, sauf Garin qui se frotte les mains)

Scène 2 : Fée - Reine

Fée :             Vous vous rendez compte ! Le père Noël ne veut plus venir chez nous ! Mais ma reine, vous ne pouvez pas laisser faire ça. Si vous lui envoyez une lettre pareille, tous les enfants seront tristes, car il ne viendra pas.

Elisabeth :    Mais je m’en fiche, tous les enfants ne seront pas tristes, vous le savez bien. Personne n’est jamais vraiment triste. (elle sort)

Fée :             (s’adresse au public) Mais comment je vais faire, moi, je n’arriverai jamais à convaincre la reine de ne pas lui envoyer cette lettre ! A moins que… Je vais la lui voler ! (elle se précipite hors scène) Ma reine attendez-moi ! Je vous accompagne !

Scène 3 : Lily

Lily :             (écrit) « Cher Père Noël, ze vous trouve un peu trop exizeant. Je pourrais proposer un pestacle, ze pourrais danser, jongler avec les étoiles, faire des acrobaties dans les nuages, tout ça pour annoncer au royaume votre arrivée, et aussi pour endormir les brigands qui pourraient vous dévaliser. Car tout le monde sait que la poudre d’étoiles est soporifique pour les brigands, et les brigands seulement !

Mais je vous en prie, venez, et restez un peu, cela fait des siècles que vous n’êtes pas resté prendre des vacances. Un peu de couraze !

Salutations,

La musicienne du royaume bleu. » (elle sort)

Scène 4 : M. Cacao

M. Cacao :    (écrit) « Cher Père Noël, quand vous reviendrez je vais vous fabriquer un gâteau qui va vous ramener à 1200 ans, ce qui est beaucoup plus jeune que votre âge actuel, car vous avez 3799 ans, et beaucoup trop de rides.

Ces gâteaux auront un goût exceptionnel. Il y en aura au chocolat, à la fraise, à la pêche, à la framboise, à l’orange, à la mandarine, aux fruits des bois, aux fruits confits, aux bananes, aux pommes, aux cerises, aux fruits de la passion, à la mangue… Il y aura de la crème chantilly, des jus de fruits exotiques. Il y aura du chocolat chaud, du thé, du cochon au cerfeuil et à

la framboise. Il

y aura des frites au paprika et à la courgette, des cacahouètes au chocolat, à la fraise et au coca-cola. Tous ces plats seront de la forme des fruits qu’ils contiennent.

Comme ça, vous ne mourrez pas de faim comme l’année dernière.

Et je préparerai des croquettes spéciales pour rênes. Ils vivront vieux et ils ne se feront plus digérer par les monstres. Même si les monstres les mangent, ils les recracheront à cause de leur goût horrible.

En échange de tout ça, je vous demanderai quelques milliards de millions de pièces, et un milliard de cadeaux (au moins !)

Si vous trouvez que c’est trop cher, merci de ne pas me le dire et de quand même me payer. Pensez-y, vous allez RAJEUNIR ! » (il sort)

Scène 5 : Nitro

Nitro :           (écrit)   « Cher Père Noël, pour les monstres, je me transformerai en loup-garou, pour tuer :

-  cinq cyclopes à 4 poils,

-    3 cyclopes poilus

-    60 tourloupets à queue courte

-    99 vramch d’Asie

-    10 000 glorks gluants

-    25 vronachrtshrakamoumibofumils

-          50 glitchs

Ce qui fera, pour tous les bénéfices :

100 000 000 000 puissance 100 000 000 000 040 000 monnaie bleue.

Vous me paierez la moitié, et la reine le reste. La reine paiera en plus les frais de transport. Plus mon cadeau de Noël !

Le chasseur de monstres. » (il sort)

Scène 6 : Mickaël

Michaël :      (écrit)   « Cher père Noël, je suis Michaël, l’inventeur du royaume bleu. Je me charge du bois pourri qui vous fait glisser, pour qu’il ne vous embête pas. Ne vous en faites pas, ce ne sera presque pas gratuit.

Post Scriptum : si vous pouvez ramenez-moi une batterie à protons nucléaires.

Post post scriptum : ah, j’oubliais : j’ai trouvé le cadeau idéal pour tous les sujets du Royaume Bleu ! Comme ça vous n’aurez plus à vous creuser

la tête. Ce

cadeau est : le super turbo 3999 hyper performant compatible avec mon aspirateur, que bientôt tous s’arracheront. Je vous assure que c’est le cadeau idéal pour tous ! En plus c’est pratique à transporter, pour vous : il est grand comme une vis et il est léger. » (il sort)

Scène 7 : Garin

Garin :          (entre et regarde si personne ne l’a suivi) Un jour j’ai voulu apprendre à jouer du piano, mais je n’y arrivais pas et je m’énervais. Si j’étais restée avec cette musicienne, je n’aurais pas pu m’empêcher de voler son piano. Maintenant, la reine préfère la musicienne, et je veux que tout le monde m’apprécie de nouveau. Alors, j’ai décidé de voler à la prochaine occasion le père Noël. J’ai dérobé ses habits, ses jouets, ses rênes, son traîneau, jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien. Je vais me déguiser en Père Noël pour avoir de nouveau du succès et livrer les cadeaux. Mais je ne suis pas prêt pour la livraison des cadeaux et il me faut un délai pour voler toutes les possessions du Père Noël. Rien que de trouver sa maison, m’a demandé énormément de temps. Alors, pour me laisser du temps, j’ai envoyé des monstres dans le royaume et énormément de poussière. J’ai réussi ça grâce à tous les amis que j’ai rencontrés au cours de ma vie aventureuse. (on voit qu’Orube espionne  Garin)

Ah ah ! on ne pourra jamais se passer de moi, ici, dans le Royaume Bleu. Bientôt, je serai le troubadour le plus populaire du monde ! (il sort)

Scène 8 : Orube

Orube :         (écrit) « Cher Père Noël, je suis au courant de tous vos dramatiques problèmes et j’aimerais vous aider car je suis moi-même détective privé, et peux retrouver tous vos objets volés.

Le détective ORUBE du royaume bleu. »

(au public) J’ai soupçonné le troubadour parce qu’il n’était pas content que la reine l’ait renvoyé. Je suis allé le voir, mais il n’était pas chez lui. Je suis rentré par la fenêtre, grâce à une échelle. Et là, j’ai trouvé : le bonnet du Père Noël, avec son grelot. Mais, il manquait beaucoup de choses :  les bottes, le traîneau, les cadeaux, ses vêtements, une barbe… tout ça rouge. Je suis reparti avec le bonnet, découragé. (elle sort de sa poche le bonnet du Père Noël) Je vais le suivre, et je pourrai peut-être le prendre sur le fait. (elle sort)

Scène 9 : Lily – M. Cacao – Mickaël – Nitro - Fée

(ils entrent assez agités)

Lily :             Qu’est-ce qu’on va faire ?

M. Cacao :    Moi j’ai écrit une lettre au Père Noël, mais il n’a pas répondu !

Nitro :           Moi aussi…

Michäel :      Moi aussi…

Tous :           Oh la la !

Fée :             Ne vous inquiétez pas. Je sais lire dans les cœurs et je crois que quelqu’un mène sa petite enquête… Allons nous coucher… Demain, il fera jour et nous y verrons plus clair ! (ils sortent tous)

(NOIR)

Scène 10 : Orube

Orube :         (au public) Hier, quand je vous ai quittés, j’ai suivi Garin le troubadour, et je l’ai vu qui s’enfuyait, avec un énorme sac à côté de lui. Je l’ai suivi. Le troubadour est entré dans un magasin de vente aux enchères. Il a sorti de sa hotte une panoplie complète de Père Noël : les bottes, les cadeaux, ses vêtements, une barbe… tout ça rouge. Et il a sorti des rênes, qu’il avait mis dans sa malle, et le traîneau. Ainsi, moi le détective, j’ai su qui était le coupable. Et en plus, j’avais une preuve. J’ai sorti des menottes et je l’ai attaché. Je vais le chercher et le bombarder de mes questions. Je reviens tout de suite… (elle revient avec Garin, attaché et un grand sac)

Scène 11 : Orube et Garin

Orube :         Pourquoi avez-vous volé tout ça ?

Garin :          Mais avoir volé quoi ?

Orube :         Les affaires du Père Noël, ne faites pas l’innocent, j’ai des preuves.

Garin :          Ah oui, et lesquelles ?

Orube :         Eh ben, les affaires du Père Noël, pourquoi c’est vous qui les avez ?

Garin :          Mais non, c’est moi qui ai acheté aujourd’hui ces affaires pour les revendre. Et c’est même pas celles du Père Noël.

Orube :         C’est faux, cette histoire d’acheter des affaires et de les revendre, c’est louche. D’ailleurs regardez, il y a écrit sur l’étiquette : « Confectionné par les lutins du Père Noël dans l’atelier du Père Noël pour le Père Noël ».

Garin :          Je vous dis que je les ai trouvées aujourd’hui, ces maudites affaires. Elles étaient en vente sur le marché.

Orube :         C’est faux, hier j’ai découvert chez vous le bonnet du Père Noël.

Garin :          Pourquoi, vous êtes rentré chez moi ?

Orube :         Oui, détective c’est mon métier. (elle sort le bonnet de sa poche)

Garin :          (s’effondre et avoue) Oui oui, j’avoue, c’est moi qui ai fait le coup… Je voulais remplacer le Père Noël pour redevenir l’homme le plus aimé du royaume… Mais quand j’ai essayé de conduire le traîneau et les rênes, je n’y suis pas arrivé. Je ne suis pas arrivé non plus à passer par une seule cheminée ! Alors, j’ai décidé de revendre ces affreuses affaires.

Orube :         Donc, maintenant que nous avons une preuve, maintenant que vous avez avoué, vous allez venir avec moi chez la Reine.

Scène 12 : Orube – Garin – La reine

La reine :      Qu’est-ce qui se passe ? Orube ! J’exige qu’on me dise la vérité !

Orube :         Majesté ! C’est Garin qui a volé les affaires du Père Noël !

La reine :      (à Orube) Oh vos histoires m’ennuient ! Ce Père Noël m’agace ! (à Garin) Que vous a fait le Père Noël ? Si vous ne l’aimez pas, nous allons faire un marché. Si vous l’aimez, je vous mets aux oubliettes. COMPRIS ?

Garin :          Je ne l’aime pas.

La reine :      Le marché est de m’aider à obliger le Père Noël à me donner le cadeau de mes rêves. S’il ne veut pas, je le ferai premier ministre, pour régler tous nos problèmes en deux jours, sinon je lui coupe

la tête. Et

vous, pour vous remercier de votre aide, je vous laisse la vie sauve. (à Orube) Détachez-le, voyons… (elle sort)

Scène 13 : Orube – Garin puis la fée, puis Lily, puis M. Cacao, Mickaël et Nitro, et enfin la reine

Garin :          C’est impossible ! Qu’est-ce que je vais faire ? Je ne vais tout de même pas retourner chez lui ! C’est trop loin et il fait trop froid !(il pleure)

Orube :         Nous allons essayer de le faire venir ici. (écrit)  « Cher Père Noël, j’ai retrouvé tous vos objets volés ! Faites-vous prêter des habits, mais revenez, revenez, revenez ! »

(La fée entre)

Fée :             (à Orube) Je connais un moyen de le faire venir plus vite. (au public) Je crois que si on l’appelle très fort, tous ensemble, il peut nous entendre… c’est quand même plus rapide qu’une lettre !

[Les enfants dans la salle : « Revenez, revenez, revenez ! »]

Fée :             Je crois qu’il nous a entendus et comme il est très gentil…

(Lily arrive)

Lily :             C’est vrai ? Le Père Noël va venir ? Ze voudrais préparer un pestacle pour fêter l’arrivée du Père Noël. Z’aurais besoin d’aide. Z’avais pensé à vous, petite fille fée, pour m’aider. Etes-vous d’accord ?

Fée :             Je voudrais bien, mais que faut-il faire ?

Lily :             C’est un peu compliqué… comme vous êtes une fée, z’ai pensé que vous pourriez peut-être penser à éventuellement envisazé de m’attraper quelques z’étoiles et de peut-être me faire descendre quelques nuazes.

Fée :             Bien sûr, pour quand ?

Lily :             Ze vous l’ai dit, c’est pour l’arrivée du pitit Popo Noël !

Fée :             C’est-à-dire le 25 janvier. D’accord, je vous les donne demain.

Lily :             Euh, merzi beaugoup, retrouvez-moi demain au café Zules et Zulia, vers quatorze heures. Mais comment ferez-vous pour me ramener les étoiles ? Dans un gros sac ?

Fée :             Ok, je demanderai à l’inventeur pour le sac. Et pour vous les amener, c’est où le café Zules et Zulia ?

Lily :             Pas Zules et Zulia ! Zjules et Zjulia !!!!

(M. Cacao, Mickaël et Nitro arrivent)

M. Cacao :    (voit Garin) A cause de vous j’ai dû payer mon papier et mon timbre pour écrire au Père Noël. Comme punition, je vous ferai goûter quatre plats :

-   des yeux de grédifice (ça ressemble à une limace), préparés avec une sauce qui contient : de la terre, du ciment frais, et de

la mousse. Je

suis curieux de savoir quel goût cela va vous laisser dans la bouche.

-   De la potion qui vous obligera à me donner, en monnaie bleue : 5 milliards à la puissance 151 000, plus 5 000 fois 312 à la puissance 143 000 fois 999 millions 999 999. Comme ça vous me paierez mon papier ! et quelques intérêts…

-   De la potion qui est censée faire tomber les cheveux, mais qui a déjà exploser 99% de mes mannequins, à qui j’en ai donné (le 1 % qui reste avait fait tomber la potion par terre…).

-   De la bouillie de crapaud avec un soupçon de cervelle de grenouille et 99% de nitroglycérine qui explose dès qu’elle atteint l’estomac.

Je voudrais connaître l’effet de ces deux derniers produits sur une personne vivante (j’espère que vous le resterez suffisamment longtemps, pour que je puisse vous faire goûter le dernier). Vous me servirez de cobaye.

Mickaël :      J’ai appris que c’était à cause de vous qu’on avait tous ces problèmes.  J’ai bien envie d’inventer une punition encore plus terrible que celle de mon ami M. Cacao, mais bon, ça va pour cette fois. Par contre si vous voulez que je vous laisse libre, donnez moi beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, de monnaie bleue.

Comme ça nous pourrons vous aider à résoudre vos problèmes, en vous racontant nos aventures les plus périlleuses, les plus terribles, les plus atroces, les plus merveilleuses, etc.

Et vous vous les écrirez ! Et NOUS gagnerons beaucoup d’argent avec le livre !

Comme ça, vos problèmes seront réglés. MAIS !!!!!! si vos problèmes ne sont pas réglés, il faudra à nouveau me payer, même si cela est très cher ! Mais pour vous je veux bien vous faire payer moins cher.

Nitro :           Ah ! c’est toi qui m’a obligé à travailler comme un fou. Je te demanderai pour me dédommager, d’écrire une saga qui comporte six livres de trois cents pages, beaucoup d’argent et trois ans de bons et loyaux services.

Garin :          Oh là là, oh là là ! Je n’en peux plus de tous ces gens qui me demandent des choses et qui me menacent ! Je m’enfuis ! (il sort en courant)

La reine :      Qu’est-ce qui se passe ? Le troubadour s’enfuit ? Et comment je vais faire moi maintenant pour obliger le Père Noël à me donner le cadeau de mes rêves ? En plus, j’ai encore reçu une lettre de lui (elle lit l’enveloppe) A tous les habitants du Royaume Bleu (elle ouvre la lettre et la lit) « Je trouve la reine très gentille de m’avoir envoyé une lettre si sympathique qui disait ceci : « cher Père Noël, Revenez vite, je vous aime beaucoup et les cadeaux que vous m’avez faits quand j’étais petite étaient géniaux. Bon, en tout cas n’oubliez pas le royaume bleu, même si vous êtes fâché ! Signé : La Reine. »

                    Mais je n’ai jamais envoyé ça !

Fée :             Mais si ma reine, enfin, euh, en fait c’est moi qui ai envoyé cette lettre à votre place.

La reine :      Mais pourquoi avez-vous fait ça ?

Fée :             Maintenant, il vous aime tellement qu’il vous fera le cadeau de vos rêves !

(Musique de Noël – Saluts)

FIN


Remarques sur les scènes

Scène 1

1ère partie de la scène : la fée présente les personnages. Elle les amène sur le devant de la scène pour que le public les voie (sauf pour l’acrobate qui s’avance dans une roue, et Garin qui reste à l’écart). Trouver un geste, une attitude ou une particularité qui symbolise chaque personnage :

-          acrobate fait la roue

-          détective a une grosse loupe et cherche des traces avec cette loupe

-          troubadour montre du mépris pour les autres et du contentement quand le Père Noël dit que Noël sera supprimé

-          inventeur ???

-          chasseur ???

-          cuisinier ???

-          fée est très aérienne

-          reine est très hautaine

2ème partie de la scène : lecture de la lettre : Ils sont tous très intéressés par cette lettre car elle annonce les raisons pour lesquelles le Père Noël ne viendra pas. Grâce à cette lettre chacun à sa manière pourra faire quelque chose pour changer la situation et que le Père Noël vienne.

Scène 2 : Fée-Reine

Scène 3 : Lily

Scène 4 : Cacao

Scène 5 : Nitro

Scène 6 : Mickaël

Scène 7 : Garin

Maléfique, diabolique (genre Gargamel). Il faut que le public voie à la fin de

la scène Orube

qui espionne, mais sans être vu de Garin

Scène 8 : Orube

Scène 9 : Lily – M. Cacao – Mickaël – Nitro - Fée

Il y a une sorte de cacophonie, ils parlent tous en même temps, c’est la fée qui les calme et les envoie dormir. Improviser sur cette cacophonie par des petits mots : oh la la… c’est le désastre… etc…

Scène 10 : Orube

Scène 11 : Orube + Garin : l’interrogatoire

Orube est assez pressant dans ses questions. Il peut même bousculre légèrement Garin

Dans la première partie de l’interrogatoire, Garin ment : il est assez agressif pour nier ce qui lui est reproché. Puis s’effondre : à partir de là, il avoue, peut être pleure-t-il, en tout cas il a changé de ton.

Scène 12 : La reine

La reine surgit. Elle a toujours ce côté capricieux des monarques. J’ordonne et tel est mon bon plaisir

Scène 13 : tous

Michaël, Nitro et M. Cacao en veulent à Garin. Ils sont autour de lui, ils veulent se venger… c’est un peu comme un tribunal avec la sentence de chacun d’eux 3

A la fin de la scène, la reine est presque en colère, mais la fée, malicieuse et si gentille trouve le bon argument pour se faire pardonner de sa cachotterie.


Posté par Menahem Lilin à 10:43 - théâtre enfant - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

William, chap 1

William était un garçon comme les autres… Enfin presque : il ne le savait pas encore mais il allait pouvoir entrer dans le monde fantastique des pokémon.

Le Portail Poké-Temporel

Chapitre 1

LA LANTERNE

Un jour, alors que William était parti en vacances avec ses parents dans sa maison de campagne, dans le Midi-Pyrénées, et qu’il était occupé à fouiller le grenier, il trouva un coffre poussiéreux. Il voulut l’ouvrir : « Zut, un cadenas ! ». Il chercha dans tous les recoins du grenier une petite clé, mais n’en dénicha pas un mini bout. A la place, il trouva un deuxième coffre, plus petit cette fois. Il voulut l’ouvrir, mais : un deuxième cadenas ! Il chercha alors, encore et encore, mais ne découvrit qu’un troisième coffre. Son excitation fut pourtant énorme quand il s’aperçut que celui-là n’avait pas de cadenas. A l’intérieur, dans un papier à bulles, était posée une clé tordue. Il la saisit, l’essaya sur le premier coffre, mais cela ne donnait rien : ce n’était pas ce type de clé qu’il fallait employer. Alors, il tenta sur le deuxième coffre, qui s’ouvrit, laissant découvrir alors, sur un tissu de velours rouge, une clé dentée, qu’il prit du bout des doigts et inséra dans la serrure du premier coffre. Il y eut un petit clic, et le coffre s’ouvrit. Dedans, étaient enfermés des centaines de babioles et d’objets inutiles. Il s’empara d’un des objets : une petite danseuse en plastique avec une ombrelle rouge. Il la jeta derrière lui : ça ne l’intéressait pas. Il fouilla à nouveau, sans rien voir qui retint son attention. Il se débarrassa des objets inutiles au fur et à mesure. Soudain, sans qu’il comprenne pourquoi, une vieille lanterne l’intrigua. Il la préleva, regarda à l’intérieur et vit une petite bougie éteinte. Il ouvrit la petite porte de verre, saisit la bougie et l’observa minutieusement. Des inscriptions avaient été gravées dans la cire, certainement avec la pointe d’un couteau : « Inconnu, empoignez le deuxième coffre et arrachez le velours rouge. » William resta perplexe pendant trente secondes, puis il empoigna effectivement le coffre et décolla le velours, qui se détacha dans un crissement qui ressemblait à un cri. Sur le fond de la boîte, était inscrit, à la pointe du couteau : « Inconnu, reprenez la lanterne, remettez la bougie là où vous l’avez trouvée et, au prochain zénith, posez-là sur le cercle tracé. »

William dévala l’escalier en courant et alla chercher une balayette dans la cuisine. Il remonta, toujours en courant, ignorant les cris de sa mère qui lui disait toujours de ne pas courir dans les escaliers. Il passa la moitié de l’après-midi à balayer et à déblayer le grenier de sa poussière. Mais il ne trouva pas le cercle tracé.

Alors, une idée lui vint. Le cercle tracé n’était peut-être pas dans le grenier. Il alla ranger la balayette en courant dans les escaliers comme toujours, c’était son habitude, ignorant à nouveau les protestations de sa mère. Il passa l’autre moitié de son après-midi à chercher dans les autres pièces de la maison… mais rien.

Le lendemain, il engloutit son p’tit déj’ et remonta dans sa chambre.  Son père, qui faisait du jardinage, s’écria : « William, ce n’est pas toi qui a jeté de la terre en plein dans mes plantations ? A moins que ce ne soient les taupes ? » William, qui se trouvait au deuxième étage, regarda par la fenêtre : « Oui, le cercle tracé ! », pensa-t-il. Il courut au grenier mais plus vite encore que les autres fois (« William, on ne court pas dans les escaliers ! » entendit-il venir du fond de la maison), happa la lampe d’une main impatiente, et, dévalant les marches (encore), il se précipita dans le jardin. Il trébucha sur une pierre, faisant tomber la lanterne… Ouf, elle n’était pas cassée, c’était de justesse, elle avait atterri à deux centimètres d’un silex pointu. Il se remit debout, reprit la lanterne et continua sa course.

William était impatient que le zénith montre le bout de son nez. Ce dernier arriva sans trop se dépêcher. Alors, le soleil envoya un rayon sur la lanterne, ce qui projeta une auréole multicolore dont les reflets ondulaient.

William approcha d’un pas inquiet, avança la main dans la lumière et la recula aussitôt, en faisant un bond en arrière : des éclairs avaient chatouillé ses doigts. Il réessaya pourtant, curieux de comprendre. Il passa le bras, la tête, puis la moitié du torse, dans cette lumière, sans se laisser rebuter. Ce qu’il voyait autour de lui était une sorte de bulle irisée, dans laquelle des couleurs changeantes s’entremêlaient. Il fut comme aspiré tout entier à l’intérieur de la bulle. Qu’allait-il se passer ? Qu’en penses-tu, lecteur ? Moi, à sa place, j’aurais un peu peur ! Des sentiments de crainte, de curiosité et d’envie de revenir en arrière, se mélangeaient dans sa tête. Il était tombé en bas de la bulle. Il tenta de remonter, mais pas moyen : les parois étaient glissantes et en plus de ça, le passage en arrière était impossible. Il réalisa avec angoisse que de l’autre côté, l’heure du zénith était passée. Il devait donc trouver un moyen de sortir par une autre issue.

Posté par Menahem Lilin à 12:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

La boule magique, photo du finale

boule_finale_blog Cliquez sur la vignette pour ouvrir la photo en grand format

De gauche à droite : Adrien (Basta), Marien (Mr ?, le magicien), Clément (DJK), Amélie (Camomille la rêveuse), Léonie (Elia, La marchande de potions), Lou (Gaby, SDF), Louise (Estelle), Juliette (Sarah, la petite soeur de Camomille), Alice (Mémé Truda, la diseuse de bonne aventure)

Posté par Menahem Lilin à 13:58 - Boule magique - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Basta et Estelle

adrien_blog

Cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand format. Basta : je veux tout brûler, tout cramer...

Estelle : je m'ennuie!

Basta : viens, on va patiner sur la piste de crème glacée...

Posté par Menahem Lilin à 14:00 - Boule magique - Commentaires [0] - Rétroliens [0]