Ecrits enfants et adolescents

Histoires et poèmes écrits par les enfants et les adolescents des ateliers animés par Carole Menahem-Lilin à Montpellier

17 juin 2008

Le Lac du Miroir des Fées, par Violette, Chap 1

Quelques mots sur l'auteure...

Violette est en 5e, elle vit à Montpellier. Elle a écrit ce roman fantastique durant l'année 2007-2008, à l'atelier d'écriture. Il lui a été inspiré par une illustration, représentant Le Lac du Miroir des Fées...
Souhaitons qu'elle écrive beaucoup d'autres histoires de la même qualité!
Carole

Chapitre 1.

Le printemps commençait à s’installer et une légère brise soufflait entre les arbres. Le temps s’était réchauffé depuis quelques jours et l’odeur d’herbe était présente. Le lac prenait une grande place dans la clairière et l’eau était d’une netteté impressionnante. Les mouvements des oiseaux se reflétaient dans l’étang et leurs cris étaient d’une subtilité stupéfiante. L’énigmatique demoiselle était assise au bord de la rive et laissait ses pieds tremper dans l’eau. Elle était vêtue d’une légère robe assortie aux couleurs du paysage et ses cheveux bougeaient au gré du vent. Elle sentait la tiédeur du flot dans ses membres inférieurs et respirait l’arome de la terre humide mélangé à la fraîcheur des plantes.
Elle n’était pas seule, quelques jeunes gens étaient allongés prés d’un arbre derrière elle et de temps à autre, elle se retournait pour leur adresser des sourires radieux. L’ensemble du lieu créait un effet surnaturel et féerique. La bande était composée d’une jeune fille, Ashelia et de deux garçons, Luka et Gabriel, ils avaient eu 17 ans cette année et le droit de partir camper tous les trois pendant les vacances d’été. Ils avaient l’air tout trois euphoriques.  Quand elle ne les regardait pas, la demoiselle sur le rivage du lac avait le regard perdu sur l’horizon et semblait égarée, bien qu’un sourire fût perpétuellement accroché à ses lèvres.

La petite troupe, s’arrachant à la fascination du crépuscule, s’en alla pour rejoindre leur tente plantée quelques mètres plus loin. La scène était plutôt étrange, presque inquiétante, d’un trio d’adolescents avançant à la nuit tombante vers une tente tremblante sous les coups du vent, à peine éclairée par la lune ronde et pâle. La fraîcheur de la nuit les fit frissonner et ils se dépêchèrent d’entrer par la fine ouverture en tissus. Une fois installée, Ashelia prit la parole d’un air sérieux :
-Vous avez remarqué la jeune fille sur le bord du lac ? Elle était envoûtante et…
-Qui ? La coupa Gabriel.
-Oh non, ne me dites pas que je suis la seule à l’avoir vue !
L’expression effarée qu’affichèrent ses deux amis lui confirma tout à fait qu’ils n’avaient rien remarqué. La jeune fille trembla comme une feuille et gémit de frayeur. Elle les fixa ensuite un à un et murmura d’une voix presque éteinte :
- Allons voir si je me suis trompée… s’il vous plait !
Ils approuvèrent et marchèrent rapidement jusqu’au lac. La  lune était pleine, toute en hauteur et se reflétait dans l’onde lisse. Tous dans le petit groupe arrêtèrent de respirer quand ils remarquèrent une jeune femme, peut être une jeune fille, guère plus âgée qu’eux, assise sur le bord du lac, les pieds dans l’eau. On aurait pu la prendre pour  un spectre si son visage n’était pas illuminé par les sourires étincelants qu’elle lançait. Ashelia se détacha de la troupe et s’approcha d’elle, comme hypnotisée. Elle posa sa main sur son épaule ; alors toute la magie de l’instant se brisa. La mystérieuse étrangère se retourna brusquement puis plongea dans l’étang. La surface lisse du flot en fut pourtant à peine dérangée : elle ondula. Les deux garçons s’approchèrent et balayèrent du regard le lac en tentant d’apercevoir l’intruse. Elle semblait avoir totalement disparu et les trois adolescents retournèrent dans leur tente, stupéfaits et intrigués.

Ils ne dormirent pas beaucoup mais leurs rêves furent remplis de doute, de peur, d’angoisse et d’horreur. Le lendemain matin, dès que l’aube s’annonça, ils sortirent de leur petit habitat et marchèrent dans l’espoir de retrouver la demoiselle. En effet, elle était là, à la même place que la nuit dernière et dans la même position. Cette fois-ci ils ne la touchèrent pas et se contentèrent de l’admirer. Au bout d’une vingtaine de minutes, elle se leva et les regarda droit dans les yeux.
-Vous m’avez fait peur hier, dit elle d’une voix douce et mélodieuse
Les deux jeunes hommes restèrent interdits plusieurs minutes tandis que leur amie, elle, essayait de discuter avec cette si étrange personne.
-Je suis désolée, je ne voulais pas. Tu vis ici ?
-Je … je ne dois pas … au revoir !
Et elle partit en courant après leur avoir lancé un regard désolé. Les trois adolescents ne bougèrent pas pendant quelques instants puis se relevèrent. Ils se sentaient troublés mais, choisissant d’ignorer, ils décidèrent d’explorer les environs car c’était tout de même la raison de leur venue ici. Ils déplièrent leur carte de la région et la déchiffrèrent. Ils prirent la direction du château qu’ils voulaient visiter et traversèrent la clairière.
Ils se retrouvèrent devant une sombre et épaisse forêt qui les intimida tout de suite. Ils entrèrent quand même et essayèrent de ne pas prendre en compte les bruits inquiétants d’animaux féroces et de pas humains. Ashelia, assez sûre d’elle, prit la tête et dirigea la troupe vers la lumière de la lisière. Au bout d’une dizaine de minutes l’un des deux garçons, Luka, s’arrêta essoufflé. Il s’assit sur un rocher et s’en releva presque aussitôt en poussant un petit cri horrifié. La jeune fille et l’autre jeune homme se retournèrent vivement, pris d’angoisse. Il leur montra du regard une forme de taille humaine, translucide, allongée contre la pierre. Ils eurent la certitude qu’il s’agissait d’un revenant. La terreur s’inscrivit sur leurs trois visages et ils s’enfuirent le plus vite qu’ils purent jusqu’à en être totalement essoufflés.
Quand ils prirent la décision de s’arrêter un peu, ils vérifièrent à deux fois les environs puis se reposèrent. Plusieurs brindilles craquèrent et leurs respirations se firent saccadées. Ils se retournèrent lentement et virent, à moitié soulagés, que celle qui arrivait vers eux n’était que la sauvage inconnue du lac. Elle les dévisagea rapidement puis s’éloigna à travers les branches. Ils ne bougèrent pas et la regardèrent s’éloigner. Elle portait une robe tout à fait différente de celle du jour précédent. Celle-ci était plus sombre, presque bleu azur, et paraissait encore plus fine. Ils leur semblaient voir le paysage au travers … Interloqués et effrayés, ils se remirent en marche et coururent vers une zone plus claire de la forêt. Ils arrivèrent dans une immense clairière, illuminé par ce qui semblait être des lampions suspendus aux arbres. Les deux garçons se sentirent attirés par la haute forme du bâtiment qui se dressait contre le ciel. Le silence était total ; soudain un cri retentit et résonna entre les arbres. Ashelia, qui était restée en retrait, fascinée par le paysage, se précipita vers l’endroit d’où il semblait venir. Elle arriva près du lieu dernièrement occupé par ses compagnons de voyage. Elle dérapa et faillit tomber dans une fosse. Les voix des jeunes hommes l’appelèrent d’en bas et elle se crispa.
-Tu … tu es là ? Ashelia ! Tu nous entends ? On est tombés !
-Oui. Qu’est ce que c’est ?
-Une douve, c’est mouillé, il doit y avoir un mètre d’eau en dessous, vite aide nous !
La jeune fille soupira et chercha dans son sac à dos quelque chose qui pourrait les secourir. Cette cordelette peut être ? Soudain, la mystérieuse demoiselle du lac sortit du fossé, les deux jeunes hommes à ses cotés. Ashelia ne se posa pas de question et les serra tout deux dans ses bras. Quand elle se retourna pour remercier leur sauveuse, celle-ci avait disparu.
Ils s’assirent alors en cercle et discutèrent rapidement de ce qui leur était arrivé. Encore sous le choc, ils ne remarquèrent pas que le soleil commençait à se coucher. C’est seulement quand il fit nuit, qu’ils se mirent en route à la recherche d’un abri. Un des deux garçons, le plus blond, Luka, fit remarquer que si il y avait des douves, il y avait un château, et celui qu’ils recherchaient à en croire la carte. Ils partirent chacun d’un côté et cherchèrent une entrée quelconque. Après environ une demi heure ils se retrouvèrent à leur point de départ et avancèrent droit devant eux, n’ayant plus d’autre solution.  Au lieu de tomber dans une douve comme ils s’y attendaient, ils s’écrasèrent contre une lourde porte. Luka, ravi d’avoir enfin trouvé une entrée, tâta de tous côtés le bois à la recherche d’une poignée. Ce ne fut pourtant pas lui qui la découvrit mais Gabriel qui en s’appuyant, heurta la manette permettant d’entrer. C’est dans un grincement extrêmement sonore que la porte daigna s’ouvrir, sur un flot de clarté.
Ils entrèrent doucement et parcoururent des yeux la salle où ils se trouvaient. La pièce était grande, élégamment meublée, éclairée par des chandeliers et réchauffée par la cheminée luxueuse qui se trouvait dans la pièce adjacente. Les jeunes gens appelèrent, mais personne ne répondit. Ils furent étonnés de pouvoir pénétrer dans une maison isolée mais entièrement meublée et comme préparée à leur venue. Luka demanda a voix basse : « Vous pensez qu’on peut rester ? » Ashelia le regarda, l’air épuisé et lui répondit « En tout cas, moi je ne bouge plus. Je suis bien trop fatiguée. ». Elle s’allongea sur le grand tapis devant l’âtre et ses compagnons s’installèrent sur les deux grands fauteuils en velours disposés à côté. Malgré le sentiment de se trouver dans une demeure enchantée, ils s’endormirent tous rapidement et, réconfortés par la chaleur du feu, ils ne rêvèrent que d’aventure et de destin. A l’aube, la lumière entra par les grandes fenêtres et réveilla par la même occasion les trois occupants. Luka fut le premier debout, il sortit de la pièce et ne revint que quelques dizaines de minutes plus tard. Pendant ce temps, Ashelia se réveilla doucement et engagea la conversation avec Gabriel, qui ne semblait pas de très bonne humeur.
-Cela ne va pas ?
-Oh, je n’y comprends plus rien Ashelia, la demoiselle du lac est apparue d’un seul coup, dans le fossé, comment a-t-elle su que nous y étions ? Que faisait elle là ? Et pourquoi ?
Le visage d’Ashelia se ferma mais elle resta fascinée. Ses yeux brillaient d’un éclat surprenant et ses joues étaient rendues vermeilles par l’excitation. Gabriel, semblant deviner la gêne de la jeune fille, changea de sujet et ils mirent en place une visite détaillée du château en attendant le retour de Luka. Quand ce dernier revint, l’estomac de ses amis réclamait de quoi s’alimenter et, en rougissant, Ashelia sortit quelques biscuits de son sac et les partagea équitablement. « Heureusement que tu es là ! » dirent-ils, et ils déposèrent chacun un baiser sur sa joue. Ensuite, ils rangèrent leurs affaires et explorèrent l’endroit dans les moindres recoins sans trouver personne, mis à part un petit mot indiquant que toute personne bien intentionnée serait la bienvenue.
En une matinée, ils réussirent à faire un plan des dix huit salles du rez-de-chaussée. Ils fouillèrent tout, de fond en comble et ne trouvèrent comme objet qu’un vieux journal intime, abîmé ici et là. Quand le soleil fut au plus haut, ils se rassirent devant la haute et longue cheminée et ouvrirent l’ancien livre.

chapitre 2

Posté par Menahem Lilin à 19:10 - textes de Violette - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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