Ecrits enfants et adolescents

Histoires et poèmes écrits par les enfants et les adolescents des ateliers animés par Carole Menahem-Lilin à Montpellier

17 juin 2008

La boule magique, pièce

La Boule magique

boule_finale

Photos du spectacle à la suite de ce texte

Acte I : Sans l’imagination, le monde tourne en rond
(Lieu : Sur la place de la ville)

[La boule est d’abord représentée par un faisceau de la lumière rouge d’une lampe torche puissante actionnée par quelqu’un en fond de scène. Puis quand Estelle la sortira de la poche du manteau, ce sera la boule rouge de Louise.]

Scène 1 : Exposition du sujet
Personnages : tous sauf Camomille et Mr ?

Camomille (voix off) : Quand cette histoire commence, nous sommes dans un monde sans imagination. Le monde s’est arrêté d’évoluer car les gens ont perdu la faculté de rêver. Même les inventeurs ne savent plus faire que ce qu’ils ont déjà fait. Même les penseurs ne savent penser que ce qu’ils ont déjà pensé. Les choses se répètent, se répètent… ça rend fou.

Suite de tableaux presque muets :
L’idée générale est la lenteur, le manque d’énergie et la répétition des gestes ou des mots.
Tout le monde est sur scène à part Mr ? et Camomille qui arriveront dans la scène 2
- Elia tourne lentement ses potions
- DJK tourne ses platines
- Gabi, à genoux tend la main pour mendier en disant : « S’il vous plaît… Merci… » (plusieurs fois de suite, en boucle)
- Mémé Truda regarde les gens d’un air soupçonneux et malveillant de temps en temps on l’entend marmonner : « la boule, ma boule »… comme une plainte.
- Sara se déplace au ralenti comme attirée chaque fois qu’elle entend un mot, et écrit dans l’espace les mots qu’elle entend
- Estelle et Basta se balancent, endormis (avec DJK, les 3 personnages forment un tout)

Camomille (voix off) : Les gens s’endorment ou perdent la boule. Un temps) A propos de perdre la boule : c’est une boule rouge de rien du tout, une petite boule de verre, qui renferme maintenant tous les trésors de l’imagination. Quand elle arrive en roulant quelque part, l’énergie revient, les choses s’accélèrent, tous se réveillent.

Suite de tableaux :  La boule (lumière) passe sur la place, et s’arrête sur le visage d’un des personnages qui s’éveille et se met à parler.

Scène 2 : Présentation des personnages
Personnages : tous

Groupe avant-scène cour :  Gabi et Sara
Lumière sur Gabi
Gabi :   Je voudrais changer ce monde ! Je voudrais un monde où les gens me parlent… Lumière sur Sara  (s’adressant à Sara) J’ai faim, tu peux pas me passer du pain ?
Sara :  Il a faim, celui-là. Encore faim. Toujours faim… (Elle lui donne une barre de céréales) Tiens !
Gabi :   Merci merci ! merci merci ! On peut parler maintenant ? D’habitude, tout le monde fait semblant de ne pas me connaître ! Je voudrais un monde où les gens me parlent…
Sara :  Dis, t’as pas des stylos ? Moi, je rêve d’un monde où les stylos écrivent tout seuls. Ils écriraient, et moi je lirais ! Ils écriraient des histoires rigolotes.
Mon lapin chéri d’amour, chéri d’amour, bonjour !
Mon lapin dit qu’il aimerait avoir
Des cabanes en bois, cabanes de roi,
Bonsoir !
Décorées avec des fleurs,
Fleurs de bonheur
Aux mille couleurs…

Ils se mettent à discuter tous les deux (mais on ne les entend plus).

Groupe fond de scène centre : Estelle, Basta et DJK – puis Camomille et Sara, puis Mr ? puis Mémé Truda
Lumière sur Estelle 
Estelle : Pff… Ce monde est trop pareil. Les gens disent toujours la même chose. Jamais ce que j’attends. Je veux être étonnée. Emerveillée. Je voudrais un monde où les gens que je rencontre dans la réalité sont aussi passionnants que ceux qui habitent mon imagination. Je voudrais un monde où je ne m’ennuie plus.
Lumière sur Basta 
Basta :  Tu as raison, la môme. Ce monde est trop pareil.
(Camomille passe par là en rêvassant, entend et s’approche)
Les arbres poussent toujours de la même façon. Les maisons sont toutes en pierre ou en béton. Jamais je n’ai vu de maisons en pain d’épices, ou de caravanes en chocolat...
Camomille : C’est facile, je vais t’imaginer ça… (Elle ferme les yeux et se concentre) Caravane en chocolat… caravane en chocolat… D’abord les roues : elles seront en chocolat noir ! Et puis le toit : il est fait de chocolat au riz ! Et les fenêtres… évidemment, c’est du chocolat blanc ! Pour la porte…
Sara : (arrivant près d’elle et la montrant du doigt en riant) Regardez ma sœur ! elle croit qu’elle sait encore imaginer ! Mais personne ne sait plus faire ça…
Camomille : (mécontente) Tu me déconcentres, Sara ! Ah là là, c’est toujours pareil… mon rêve est parti. Le problème c'est que quand mes rêves sont interrompus, ils atterrissent n'importe où et pas forcément au bon endroit. Alors, où est partie ma caravane ?...  Ah là là là là ! Je voudrais un monde qui respecte les rêveurs !
Basta :  (en colère) Et ma caravane en chocolat, alors ? où elle est ? Tu m’as juste raconté des mensonges. Tu t’es vantée. Tout le monde fait ça, ici… C’est toujours pareil.
DJK :  Exact, mon pote. C’est toujours pareil. Les gens, ils ne font que refaire toujours la même chose. Comme mes platines, elles ne savent plus que répéter le même son ! C’est la rage, pour un DJ comme moi !
Basta :  Je rêve que tout le monde se réveille pour de bon ! Pourquoi les gens ne bougent pas ? Je vais leur brûler la tête avec un chalumeau pour les faire danser ! Oui, on va tout brûler ! Mettre le feu, c’est ma passion…
DJK : Ouais, c’est cool ! J’amène ma sono, et on dansera autour du feu !
(Mr ? arrive affolé)
Mr ? :  J’ai encore fait exploser mon immeuble ! A chaque fois que j’essaye ma magie, je détruis quelque chose… Ma magie est trop forte. Et comme dans ce monde on ne peut que refaire toujours la même chose, pas moyen d’apprendre à faire autrement !
Basta :  Tu me la joues, mec. Personne n’a une magie trop forte, ici. Mon chalumeau est plus fort que tout ça !
Mr ? :  Ah bon ? Tu vas voir. Je vais essayer sur toi mon dernier tour de magie !
Basta :   (sort son chalumeau) Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte !
Basta :  Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte !
Basta :  Si tu fais ça, je réduis ta baguette en cendres !
Mr ? :  T’y arriveras pas ! ma magie est trop forte ! Lumière sur Mémé Truda 
Estelle : « Bon, arrêtez de répéter toujours la même chose tous les deux, on a compris ! » (Elle bâille). Vous pourriez pas parler intelligent, un peu ? Je m’ennuie. Que je m’ennuie… Y’avait que Papilou pour me comprendre…
Basta :  Qui c’est ce Papilou ? Où il est, que je le crame ?
Estelle :  T’es jaloux ?
Basta :  N’importe quoi. (Il s’en va, pas content).
(Mémé Truda qui écoute depuis un moment s’approche de Mr ?)

Mémé Truda : (à la cantonade) Magie trop forte ? Qui parle de magie trop forte ? (à Mr ?) Viens me voir, mon gars, on va s’entendre… Ecoute, pour moi c’est simple : je voudrais un monde où faire fortune !
Mr ? :  Alors là Madame, je ne peux rien pour vous. Vous me parlez d’argent : j’ai banni ce mot de mon vocabulaire. Je ne suis pas intéressé, moi.
Mémé Truda : Vous l’entendez celui-là ? Quel idiot… Hors de ma vue, jeune homme. Je ferai fortune toute seule… Mais pour ça, il faut que je retrouve ma boule de voyance ! Petite boule ! ma boule de cristal rouge ! Pourquoi t’es-tu enfuie ? (Elle s’éloigne tristement).
DJK : (à Mr ?) Et moi, tu peux m’aider ? Je suis DJ, mais mes platines ne tournent plus ! Je veux un monde où les platines tournent ! Un monde où les gens dansent ! Où le feu dévore ! Et où les animaux féroces rugissent !
Mr ? :  Attends, on va voir ça…
Ils s’éloignent tous les deux.

Groupe avant-scène jardin : Elia, Sara
Lumière sur Elia 
Elia : (devant sa boutique de potions, et penchée au-dessus de sa marmite, bâille) Je voudrais un monde où je réussisse mes potions… Je faisais très bien les potions, avant. J’en faisais de toutes sortes. Mais maintenant, le feu est trop fatigué, il ne brûle plus assez fort, et les potions ne cuisent plus.
Sara :  Moi, je veux un monde rempli de stylos. Des stylos rouge, orange, verts. Des stylos ballon. Des stylos chevaux. Des stylos papillons…
La boule arrive, balaye les personnages qui commencent à s’animer, chacun en faisant ce qui est son plaisir ou sa passion, mais la boule roule plus loin, et les personnages à nouveau s’ennuient, se mettent à bâiller, vont au ralenti…
La boule réapparaît.  Basta, DJK et Mr ? reviennent pour l’attraper.

Scène 3 : A la poursuite de la boule
Personnages : tous

La boule court
Basta, DJK, Mr ?, Mémé Truda  poursuivent la boule, mais elle leur brûle les doigts.
Plus loin, Elia, Camomille et Sara discutent devant le chaudron. Estelle rit de cette agitation et Gabi essaie de mendier mais personne ne fait attention à lui
.
Basta :  (avec son chalumeau)   Poussez-vous ou je vous crame ! Cette boule m’appartient ! Aïe ! Ca brûle !
DJK :  (à Basta) Bien fait, tu as bousculé ma platine…
Mr ? :  (à Basta) Pourquoi tu la veux, cette boule rouge ?
Basta :  Elle brûle, vous voyez pas ? Avec elle, je pourrais tout brûler.
Mr ? :  Bof, moi déjà, à chaque fois que je fais mon tour de magie, je fais brûler mon immeuble… Alors j’en ai rien à faire, de cette boule !
Mémé Truda : Elle est à moi, cette boule ! Petite, petite… Petite boule à Maman… Viens là que je t’attrape ! Oh, mais elle me fuit encore ! (Tout à coup, elle voit sa fille, Elia, qui à l’autre bout de la scène,  devant la porte de sa maison, remue sa marmite à potions tout en discutant avec Camomille. La boule saute dedans). Oh ! Incroyable ! Regardez !

La boule a plongé dans la marmite
(Pendant ce temps, les autres personnages regardent alternativement Mémé Truda et Elia, comme un match de tennis)
Elia : Chouette ! ma potion commence à bouillir ! et quelle jolie couleur ! rouge, toute rouge… (Elle regarde mieux) Mais c’est la boule de cristal de ma mère ! Je ne savais pas qu’elle l’avait perdue…

Mémé Truda observe de loin, cachée.
Mémé Truda : Gentille fille, elle va me la ramener…

Elia : Je pourrais la lui ramener… Oh et puis non.
Camomille : Pourquoi tu ne la lui rendrais pas ?
Elia : Ma mère, Mémé Truda, elle fait que des méchancetés avec ! Ecoute, quand j’étais petite, elle me disait : « Fais ceci, fais cela, sinon je lirai un très mauvais avenir pour toi dans la boule de cristal rouge, et comme tout ce que je lis dans la boule devient vrai, alors, attention à toi, ma fille ! »
Camomille : Elle n’était pas vraiment sympa avec toi.
Elia : Et elle était pire encore avec les autres personnes. Elle les obligeait à la payer très cher, sinon elle leur prédisait un avenir horrible…
Camomille : Oh là là… c’est triste. Alors tu as raison, il ne faut pas la lui ramener.

Mémé Truda : Tout ce qu’elle raconte sur moi ! Incroyable ! sale fille, sale fille !

Le complot
Gabi, qui l’air affamé, se rapproche :
Gabi : Quoi, salsifi ? y’a des salsifis à manger ? J’ai faim, moi !
Mémé Truda, intéressée, se retourne et regarde Gabi de bas en haut :
Mémé Truda : Non, pas de salsifi, mais du chocolat… si tu viens me voir demain matin dans ma roulotte en chocolat !
Gabi : Du chocolat ? Mmm…. Qu’est-ce qu’il faudra que je fasse… ?
Mémé Truda : Eh bien…
Gabi : … fasse, fasse, filasse ?
Mémé Truda : Justement, il faudra que tu filasses…
Gabi : Bon, bon, à quelle heure ? J’ai faim, moi, j’ai faim…
Mémé Truda : Alors viens à 8 heures demain dans ma roulotte. Tu la reconnaîtras facilement, hier elle était en plastique, mais ce matin elle s’est transformée en une roulotte en chocolat !
Gabi : Roulotte en chocolat… roulotte en chocolat ? J’ai pas déjà entendu ça quelque part, moi ?
Mémé Truda : Je ne l’ai pas déjà vu quelque part, celui-là ? Mais non, voyons. Il n’a pas d’argent. Les pauvres ne m’intéressent pas… Sauf quand ils peuvent m’aider pour pas cher.

Noir – Musique

Acte II : La mission de Gabi
(Lieux : Caravane en chocolat de Mémé Truda et chez Elia)

Scène 1 : Rendez-vous devant la caravane en chocolat
Personnages : Mémé Truda - Gabi

Mémé Truda attend devant sa vieille caravane en chocolat. Elle mange une plaquette (de chocolat au lait et aux noisettes, bien entendu).
Arrive Gabi. Quand elle l’aperçoit, Mémé Truda range vite fait son chocolat et avale son carré le plus vite possible pour pas que le clochard lui en demande un bout.
La diseuse le fait approcher, puis découvre sa boule de cristal… en plastique, très bien imité, made in Taiwan. Elle commence à agiter ses mains au-dessus de la boule et récite une incantation confuse qui ne tient pas debout.
Mémé Truda : Bali blabla, Rici-ouda,
  Lulu bali… Blabla.
Gabi : C’est moi ! Je suis venu.
Mémé Truda : Ouais, j’ai vu…
Gabi : Alors où est le chocolat ?
Mémé Truda : Euh…
Gabi : Pas de chocolat ? Pas de chocolat ?
Mémé Truda : Laisse-moi me concentrer ! Faut que je prédise ton avenir, quand même !
Gabi : Ah ! Est-ce que bientôt je serai riche ? Pour pouvoir manger tout ce que je veux ?
Mémé Truda : (elle reprend son incantation confuse, puis :)…Malheureusement, non. Sauf…
Gabi : Sauf quoi, sauf quoi ?
Mémé Truda : Sauf qu’il me faut, pour réaliser ton vœu, une boule magique, The Boule, La Rouge Feu, que détient ma seule fille.
Gabi : Quelle sale fille ? Sale fille !
Mémé Truda : Exactement,  tu sais bien, la sorcière en rouge et noir qui remuait ses potions, hier.
Gabi : Des potions ? ça se mange ?
Mémé Truda : La sorcière aux potions, c’est ça. Eh bien c’est elle, elle a volé ma boule.
Gabi : Oh, la voleuse !
Mémé Truda : Mais si tu parvenais à la lui dérober à ton tour, je pourrais te rendre riche.
Gabi : Et je pourrai manger ? Je pourrai ouvrir un restaurant ?
Mémé Truda : Si tu veux…
Gabi : Bon. T’inquiète pas, je vais faire ami avec elle, et quand on se sera bien révélé nos confidences, je lui ferai parler de la boule et je la lui volerai pour toi.
La vieille diseuse sourit d’un air narquois et malicieux. Le clochard lui sourit en retour.
Gabi : Je vais être un homme hyper riche. Je mangerai tout ce que je voudrai.
Mémé Truda : Tiens, pour la peine, je te donne un bout de chocolat.
Elle lui découpe la moitié d’un carré. Le clochard fait la moue, mais aucun commentaire. Il mâche lentement, longuement, le carré, pour profiter au maximum de cette nourriture.
Gabi : Est-ce que vous pouvez me donner l’autre moitié ?
Mémé Truda : Non il n’y en a plus.
Gabi : Alors je vais aller démonter la roue, en chocolat noir.
Mémé Truda : Ah non alors ! la roue m’est indispensable. Attendez, attendez, je vais vous donner un boulon.
Il mange, et quitte la caravane en chocolat.
Mémé Truda sort en prenant ses affaires.

Scène 2 : Chez Elia, au magasin de potions
Personnages : Elia - Gabi

Elia arrive et installe son échoppe avec quelques ustensiles. Elle commence à préparer des potions, peut éventuellement trier ses vieux chewing-gums… etc
Puis Gaby arrive
.
Gabi : Bonjour, je m’appelle Gabi. (Il regarde le magasin bizarrement)
Elia :  (le dévisage. Au public :) C’est bizarre, j’ai l’impression de le connaître… (Elle le dévisage encore) Ben non, ça ne me revient pas.
Gabi : ( s’impatientant. Il répète)  Bonjour, je m’appelle Gabi.
Elia : Ah oui, excusez-moi… Que désirez-vous ?
Gabi : Euh, ça sent bon chez vous.
Elia : Oui, je prépare très bien les potions.
Gabi : Celle-là, elle est à la fraise ?
Elia : Oui.
Gabi : Je peux goûter ?
Elia : Allez-y… c’est une potion pour guérir de…
Mais Gabi n’écoute pas. Il a pris le flacon et il a bu presque la moitié. Content, il se frotte le ventre.
Gabi : Et celle-là, je peux goûter… ?
Elia : Je ne vous la conseille pas, elle est aux champignons vénéneux.
Gabi : Ah bon ? Dommage… Je pourrais peut-être essayer, quand même…
Elia : Non ! Qu’est-ce que vous cherchez, exactement ?
Gabi : Oh, rien, je voudrais faire connaissance avec vous. Une certaine personne m’a parlé de vous.
Elia : Ah bon ?
Gabi : Oui, elle m’a dit que…
Gabi regarde sous la table.
Elia : Dit quoi ?
Gabi : (en se relevant) Oh, rien. Dit rien.
Il se contorsionne dans tous les sens pour trouver la boule.
Elia : Qu’est-ce que vous avez ?
Gabi : Je me gratte. Quand j’ai trop faim ça me gratte partout.
Elia : Vous êtes un curieux personnage, vous…
Gabi : Curieux, c’est le mot. Vous savez qu’une certaine personne possède une boule de cristal rouge ?
Elia : Une boule de cristal rouge ?
Gabi : Ouais.
Elia : Euh… Vous voulez un gâteau ?
Gabi : Un gâteau ! volontiers.
Elia sort. Gabi en profite pour fouiller encore.
Gabi : (Tout en fouillant, il dit pour lui-même) Je ne la trouve pas… Mémé Truda m’a pourtant affirmé… cette vieille sorcière !
Elia : (l’observe, cachée derrière la porte. Elle se gratte la tête et dit tout bas, au public : Ah, j’ai compris ! c’est ma mère qui l’envoie…
Gabi : (fatigué de chercher, crie) Vous l’avez trouvé, ce gâteau ?
Elia : (ramenant une part de gâteau) Voilà voilà j’arrive.
Gabi : Mmm… délicieux. Merci !
Tout en mangeant, Gabi continue à fouiller. Il se contorsionne pour regarder derrière Elia et sur les côtés.
Elia : Dites, vous voulez acheter un médicament contre le grattage ?
Gabi : Ben…
Elia : Vous avez mal à la tête parfois ? car vous pourriez acheter une potion contre les maux de ventre.
Gabi : Non c’est bon merci, je n’ai pas de maux de ventre. Sauf quand j’ai trop faim, évidemment…
Elia : Et une potion contre la boulite aigue ? vous en voulez une ?
Gabi : Hein, quoi ? c’est quoi ça ?
Elia : La boulite aigue, c’est la maladie des gens qui voient des boules rouges partout…
Gabi : Merci, ce n’est pas mon cas. Je n’ai vu qu’une boule rouge l’autre jour, et elle avait sauté dans votre chaudron…
Elia : (Elle est gênée. Au public :) Flûte, il en sait beaucoup trop… Je ne peux quand même pas lui donner la boule… Je vais détourner son attention. (A Gabi :) Vous voulez voir ma collection de chewing-gum ? Je fais collection de chewing-gums déjà mâchés, vous savez. J’en ai de toutes les couleurs. Plus tard j’ouvrirai un musée pour tous les exposer.
Gabi : Oui pourquoi pas ?
(Elia prend une boîte assez grande, et l’ouvre pour la montrer au clochard. Gabi regarde avec attention les chewing-gums. De temps en temps, il se contorsionne pour essayer d’en attraper un. Elia bouge tout le temps la boîte. Finalement, il arrive quand même à en mettre un dans sa bouche, et deux dans ses poches…)
Gabi : (la bouche pleine) Bon, chette boule rouche alors, vous chavez qui ch’est qui l’a ?
Elia : (énervée) Vous croyez que c’est moi qui l’ai, cette boule ? Vous vous trompez. Et en plus, vous avez volé trois de mes chewing-gums !
Gabi : Vrai ! ils shont délichieux !
Elia : Sortez de chez moi. JE SAIS QUI VOUS ENVOIE.
Gabi : D’accord, d’accord ! (il fait une bulle avec son chewing-gum, en partant). Mmm… délicieux ! Allons voir cette Mémé Truda. Pff… c’est loin… Je suis fatigué. Et puis, qu’est-ce que j’ai besoin d’une boule rouge, après tout ? UNE BELLE BULLE ROUGE, ÇA ME SUFFIT BIEN ! BULLE ROUGE, BULLE ROUGE… (il sort)

Elia : ( hoche la tête) Pauvre homme ! il avait tellement faim… Maintenant, il ira bien. Ces chewing-gums ont la propriété de ne jamais perdre leur goût, et de nourrir mieux que des frites… (tourne sur elle-même en chantonnant :) J’ai fait une bonne action, et j’ai fait une farce à ma mère ! Plus jamais ce Gabi n’aura besoin d’aller voir Mémé Truda…

Noir – Musique ??

Acte III : Le dessert  du Sahara à la rame et en patins
(Lieu : Sur la place de la ville)

Scène 1 : Rencontre molle
Personnages : DJ K – Mr ?

DJK et Mr ? déambulent comme des automates sans se voir. Ils se rencontrent,  sans énergie, entament la conversation sans conviction. La boule rouge se promène très haut au-dessus d’eux.
DJK : Shuss ! J’m’appelle DJ K.
Mr ? :  Salut, DJ K. Je me souviens, je t’ai rencontré, l’autre jour.
DJK : C’est vrai. C’est quoi déjà, ton nom ?
Mr ? :  ça  ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
Mr ? :  Mon nom ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
Mr ? :  ça  ne te concerne pas !
DJK : Quoi ? !!
DJK : T’es nul, tu dis même pas ton nom !
Mr ? :  Et toi, c’est quoi ton nom ?
DJK : Moi, c’est DJ K., fils de DJ F. et de DJ B. Et je fais tourner les platines, quand j’arrive à avoir de l’électricité.
Mr ? :  J’ai un problème, je détruis mon immeuble à chaque fois que je fais de la magie. Ça m’énerve de devoir le réparer à chaque fois. Surtout que dans ce monde de maintenant c’est très lent. Les briques mettent un temps fou à se cuire, les murs à s’élever, les fenêtres à se former… mais le pire, c’est les escaliers.
DJK : Pourquoi ?
Mr ? :  Ils ne se montent que d’une marche à la fois.
DJK : Fais plutôt des ascenseurs !
Mr ? :  J’ai essayé, mais ils mettent des heures à arriver en haut ! Ah là là, j’en ai marre des immeubles ! Ma magie est trop forte pour les immeubles !
(la boule qui se promène en l’air depuis un moment se pose sur DJK)

Scène 2 : En plein dessert, à la rame
Personnages : DJ K – Mr ?

Lumière sur DJK 
DJK : (transformé) Schuss, J’ai tout ce qu’il te faut, je t’emmène dans mon dessert du Sahara !
Mr ? :  C’est quoi ton dessert ?
DJK : C’est une glace nappée de chantilly.
Mr ? :  Il est où, ton dessert ?
DJK : Il est en plein milieu de l’île flottante, dans la mer de crème anglaise.
Mr ? :  Elle est bonne, la mer ?
DJK : Beurk, elle est à la fois sucrée et salée !
Mr ? :  Ah, dégueu !
DJK : Mais ma glace et ma chantilly sont super bonnes ! ce sont les meilleures du monde.
Mr ? :  Comment on fait pour y aller ?
DJK : C’est simple, il suffit de prendre une embarcation en petit beurre.
Mr ? :  Où ça ?
DJK : Là, regarde ! Lumière sur Mr ? 
Mr ? s’anime aussitôt. DJK  l’emmène un peu plus loin sur la place,  s’assoit par terre et fait signe à Mr ? de s’asseoir en face de lui.
DJK : Prenez place, cher ami !(Il saisit des rames (imaginaires) et commence à ramer.) C’est un bon exercice, ça. Je me fais des muscles, avec mes rames.
Mr ? :  Ah bon ?
DJK : Ouais, c’est mieux, pour pouvoir attraper les bêtes sauvages et les dompter…
(Il montre ses muscles. Mr ? sifflote).
A chaque coup de rame, ils avancent un peu sur le sol, par la force des jambes.
Mr ? :  Ca fait des heures qu’on est en pleine mer en train de ramer, non ?
DJK : Mmmm…
Mr ? :  Pourquoi t’as pas pris un bateau électrique ?
DJK : Ben, c’était trop cher !
Mr ? :  T’as qu’à vendre ton île « desserte »…
DJK : Toi-même, t’as qu’à vendre ton immeuble.
Mr ? :  Je l’ai détruit…
DJK : T’as qu’à le réparer encore une fois et le revendre !
Mr ? :  (il pâlit) Oups, j’ai oublié mon porte-monnaie dans mon immeuble !
DJK : Compte pas sur moi pour t’en donner.
Mr ? :  T’inquiètes, je suis pas venu pour avoir de l’argent, je suis venu pour m’entraîner à faire de la magie.
DJK : (d’un ton ironique) Compte pas sur mon île pour que tu la manges !
Et ils avancent encore un peu.
En fond de scène à Jardin, apparaît Basta avec son lance-flammes.

Scène 3 : L’île desserte
Personnages : DJ K – Mr ? - Basta

Lumière sur Basta 
(C’est Mr ? qui rame. DJK regarde et voit au loin Basta, mais ne le reconnaît pas tout de suite)
DJK : C’est qui ce malade mental qui essaye de cramer un pigeon au lance-flamme ?
Mr ? :  C’est un pyromane, tu crois pas ?
DJK : J’ai trouvé, c’est Basta ! C’est mon maître, en train de faire de la méditation.
Mr ? :  Qu’est-ce qu’il t’apprend ?
DJK : Il m’apprend qu’il faut changer le monde.
Mr ? :  Et alors ?
DJK : Alors pour changer le monde, il faut le brûler complètement.
Mr ? :  Et alors ?
DJK : Alors il m’apprend à cramer tout ce qui passe sur mon chemin, andouille !
Mr ? :  Et tu le crois, toi ?
DJK hausse les épaules. Il reprend les rames, et se dépêcher d’arriver à l’île pour accoster.
Basta les a vus. Il gesticule sur l’île et crie en s’adressant à eux.
DJK : (appelant Basta)Eh maître !
Basta :  Quoi ?
DJK : On est en train de parler de toi.
Mr ? :  Oui, il parait que tu l’as  pris comme apprenti ?
Basta :  (répondant à Mr ?) Oui, il a juste le droit de verser le pétrole, à part quand je l’autorise à faire autre chose. (A Basta :) Saute tout de suite de ton « bateau », et viens verser du pétrole sur toute l’île.
Mr ? :  A quoi ça te sert à toi, DJ, d’apprendre à cramer ?
DJK : On brûle des forêts et tous les animaux s’enfuient, alors moi je les capture, euh… écologiquement.
(à Basta) Qu’est-ce que vous faites ici, maître ?
Basta :  On m’a dit qu’il y avait une délicieuse île flottante géante, j’ai voulu la brûler pour faire une crème brûlée, et puis plus tard la manger. Mais cette mouette a osé faire caca sur une boîte de MES allumettes. Alors je DOIS la carboniser. C’est mon devoir.
DJK : Maître, j’ai une bien meilleure idée ! Versez du pétrole dans la mer ! Et toi le magicien, fais apparaître des patins à crème, pour qu’on patine sur la crème anglaise cramée.
Mr ? :  D’accord !
La lumière se promène sur eux.

Scène 4 : Patinage artistique
Personnages : DJ K – Mr ? – Basta - Estelle

Ils se mettent à patiner sur la place. Au bout d’un moment, Estelle arrive. Elle les regarde, patiner sans patins et ramer sans rames. Elle est morte de rire.
DJK :  (la voit et l’appelle) Eh la môme, tu viens ?
Estelle :  Où ça ?
DJK :  On patine sur de la crème anglaise brûlée. Tu vois pas ?
Estelle :  Ah bon ? Ah, d’accord.
DJK : (à Mr J ?) Tu lui envoies des patins à crème ?
Mr J ? :  D’accord !
Mr ? fait le geste de lui envoyer quelque chose. Estelle fait semblant de mettre les patins.
DJK :  Tu viens maintenant, la môme ?
Estelle :  Je m’appelle Estelle !
DJK : (rêveur) Estelle, ça veut dire Etoile, Star...
Basta : Tu dois brûler joliment, toi…
Estelle rit (ou hausse les épaules)
DJK : Tu scintilles…
Elle se met à patiner.
Basta : (sortant une flasque) Tu veux un peu d’eau de feu ?
Estelle : Pourquoi pas ? (elle boit)
C’est la fête, ils rient et dansent. La boule rouge se promène  ici et là. Puis elle part plus loin. Soudain, tout le monde est très fatigué, ils bâillent, puis  se couchent sur place et s’endorment.

Noir – Musique

Acte IV : Papilou et la boule magique
(Lieu : Sur la place de la ville)

Personnages : Estelle – Voix de la Boule (Gabi)
Estelle se réveille toute seule sur la place. Plus de patins, plus de crème glacée brûlée, plus d’amis… Elle s’étire, et gémit :
Estelle : Tout va mal dans ma vie ! j’en ai marre !
Boule : Ah bon ! tu ne disais pas ça hier, ma poule !
Estelle : Oh là là, j’ai dû trop faire la fête hier !
Boule : Qu’est-ce qui te fait dire ça, Esteloule ?
Estelle : Eh ben… j’entends des voix !
Boule : Une voix, ma poule ! mais quelle voix ! Celle de la rouge boule. Celle qui sait prédire l’avenir qui roucoule.
Estelle : Hier j’ai vu de la crème glacée brûlée sur la place. J’avais l’impression que toute la ville était transformée en piste de glace ! Et aujourd’hui j’entends une boule qui me traite de poule… Ce doit être la disparition de Papilou qui m’a rendue un peu maboule !
Boule : Est-ce que vraiment tu te sens mal en ce moment, tu me serais pas un peu saoule ?
Estelle : Oh, ça va vraiment pas. Je vais aller voir mes amis pour qu’ils me réconfortent… sauf que mes amis, depuis que Papilou a disparu, c’est que ma conscience et mes idées, j’en ai pas d’autres, dans cette foule !
Boule : Et ceux d’hier, qui patinaient cool ?
Estelle : Tu vois pas qu’ils sont partis, ces andouilles ?
Boule : Et moi, la rouge boule ?
Estelle : Je te connais pas, dérouille !
Boule : Moi je te connais bien Esteloule, tu es habillée avec jogging, un tee-shirt et un chapeau noir avec des étoiles en semoule !
Estelle : C’est vrai, mais j’ai que ça comme habits, c’est pas difficile de deviner, la boule. Je vis dans la rue et j’suis pas comme les riches, je peux pas changer de fringues tous les jours qui s’écoulent !
Boule : Pourtant, elles sont plutôt jolies, tes dépouilles.
Estelle : Mais comment tu sais ça, rouge boule ?
Boule : Il m’a tout raconté, Papiloule !
Estelle : Papilou ?
Boule : Oui, Papiloule.
Estelle : Mais où es-tu, qui es-tu ? comment connais-tu Papilou, et tous mes secrets, tu m’embrouilles  ? (Elle commence à chercher partout).
Boule : Je suis la confidente de Papiloule, le sorcier cool, depuis toutes ces années qui s’écoulent....
Elle attrape la veste de Papilou qu’elle a gardé sur elle, et fouille dedans. Elle trouve une bouteille de whisky et une boule de cristal.
Estelle : Papilou me l’a laissée en héritage ! Merci Papilou ! (Elle regarde la boule avec attention. Elle voit  des choses dedans.) Eh, tu es une boule de voyance ! Tu brilles comme une ampoule !
Boule : Eh oui, je suis la boule des boules !
Elle danse, contente. Puis elle réfléchit, elle a l’air embêtée.
Estelle : Pourtant ça fait plusieurs fois que dans cette poche je fouille, et je ne t’avais jamais vue avant, ma citrouille.
Boule : Eh eh. C’est vrai, je viens juste d’arriver, je roule…
Estelle : Eh, mais comment tu te débrouilles ?
Boule : Ça je ne te dirai pas. C’est un mystère, mystère qui s’enroule…
Estelle : Oh là là, toi t’as la grosse bouille…
Boule : Nous avons des choses à faire toi et moi, Esteloule.
Estelle : Ah bon, ma grenouille ?
Boule : Oui, beaucoup de choses à faire. Je vais devenir ton amie, jolie poule.
Estelle : Bof… J’y crois pas. Je suis riche d’idées mais pauvre d’attirances, autour de moi y’a pas foule. Les gens n’en ont rien à faire de moi, je les embrouille. Mes amis, ce sont mes idées, qui les saoulent.
Boule : Mais je ne suis pas une personne ordinaire, moi j’écoute et roucoule.
Estelle : C’est vrai, tu es une boule… Alors tu crois qu’entre nous, ça roule ?
Boule : Et comment! avec moi comme boule, la vie comme un rêve se déroule !

Estelle s’assoit par terre et elle scrute la boule, qui n’arrive pas de bouger et de s’enfuir.
Estelle : - Tiens-toi tranquille, je vois des formes .
Boule : - Désolée, j’ai la bougeotte, ouille.
Estelle : - On dirait Papilou en plus vieux, il a les yeux dépourvus d’émotion.
Elle colle son oreille sur la boule.
Papilou, (voix folle qui monte et qui descend) :
- Qui suis-je, où suis-je ? Qui suis-je, où suis-je ? (plusieurs fois)
Estelle : - Qu’est-ce qui s’est passé, la boule ?
La boule : - il a besoin d’aide, ou plutôt, j’ai besoin d’aide, au secoule !
Estelle : - Je pars l’aider. Eh, la boule, tu deviens sombre !
La boule : - Je coule !
IL faut que tu m’emmènes chez Mémé Truda, une spécialiste des boules, mais ne m’y abandonnes pas, cette bonne femme diabolique n’est pas cool !

(elle sort avec la boule)

Acte V : Les difficultés de Camomille
(Lieu : Sur la place de la ville)
Scène 1 : Camomille agace Sara
Personnages : Camomille – Sara (voix de Louise)

(Sur la route de l’école, avec leurs cartables)
Sara : On fait une petite pause ? C’est loin l’école !
Elles s’arrêtent.
Sara : Regarde, Camomille, j’ai préparé le repas. Ce sont des sandwichs aux champignons.
Camomille : Oui. Comme hier. Et comme avant-hier.
Sara : Forcément, je sais faire que ça ! Mais ceux-là sont meilleurs qu’hier. J’y ai rajouté du ketchup.
Camomille : Mmm…
Sara : Tu m’écoutes ou pas ?
Camomille : Hein ?
Sara : Tu m’énerves, t’es toujours dans la lune, et tu t’occupes jamais de moi. T’es chiante !
Camomille : Tais-toi, je rêve !
Sara : T’es folle ! Plus personne ne rêve dans ce monde… y a plus assez d’imagination !
Camomille : Ben moi, je rêve… Comme avant. Et même plus qu’avant.
Sara : Je crois plutôt que tu mens.
Camomille : Mmmm (chantonnement).
Sara, énervée, va et vient.
Sara : Pfff ! et tu rêves à quoi, d’abord ?
Camomille : Que j’avais 20/20 au contrôle d’histoire.
Sara : Mais à quoi ça te sert de rêver ça ?
Camomille : La plupart du temps, quand je rêve, mon rêve devient réalité.
Sara : N’importe quoi ! je te crois même pas.
Camomille : Tu verras, demain j’aurai 20.
Sara : Tu devrais plutôt réviser au lieu de rêver sinon tu pourrais avoir de mauvaises notes.
Camomille : J’ai des bonnes notes grâce à mes rêves.
Sara : C’est ce qu’on va voir. (elles sortent de scène)

Dit par Louise : Le lendemain.
(Sur la route de l’école, avec leurs cartables)
Camomille : (elle montre sa feuille) T’as vu, Sara, j’ai 20 !
Sara : Ouha ! mais c’est vrai, c’est marqué là… Est-ce que tu pourrais rêver que j’ai des stylos ? je manque toujours de stylos, j’adore les stylos de toutes les couleurs.
Camomille : Bien sûr ! (Elle essaye de se concentrer.) Attends, je suis fatiguée là, je n’y arrive pas…
Sara : Tu n’y arrives pas ?
Camomille : Oui, je ne vois que des stylos noirs, noirs, ou des stylos à tête de chasseurs méchants ! Aïe ! ils vont m’assommer…
Sara : C’est toi qui te paye ma tête, là.
Camomille : Pas du tout, j’essaie… C’est l’intention qui compte, non ?
Sara :  Mais, Camomille, j’arriverai jamais à écrire de jolies histoires, avec des stylos à tête de chasseurs méchants !
Camomille : Ah oui, c’est sûr. Tu veux écrire de jolies histoires, toi ?
Sara :  Oui. Pour ça j’ai besoin de stylos de toutes les couleurs. Tu peux réessayer, dis ? S’il te plait… pour moi.
Camomille : D’accord, je réessaye…
Sara : (excitée) J’en veux un multicolore, pour des histoires de fleurs. Un doré, pour des histoires de fées. Un bleu azur, pour des histoires qui durent…
Camomille : Tu me déconcentres, là !
Sara :  Je te déconcentre pas, je t’explique !
Camomille : (soupire) Et voilà, ils sont partis je sais pas où, tes stylos.
Sara :  Oh, Camomille, fais-les revenir !
Camomille : Je ne peux vraiment pas, là. Je suis trop fatiguée.
Sara :  Et pourquoi t’es si fatiguée, Mademoiselle, on peut savoir ?
Camomille : C’est qu’à l’école on a parlé des bébés phoques, tu sais, ceux que les chasseurs tuent pour prendre leur fourrure.
Sara :  Oh les pauvres !
Camomille : Et alors, j’ai transformé les armes des chasseurs en ballons roses !
Sara :  Et alors ?
Camomille : (un peu agacée)  Tu verras, demain ce sera aux informations !
Sara :  Et mes stylos, alors ?
Camomille : (l’air très fatigué)  Tes stylos, je m’en occuperai demain.
Camomille, de plus en plus fatiguée, quitte la scène.
Sara :  (au public) J’en ai marre, j’en ai marre ! Elle s’occupe de tout le monde, sauf de moi ! Elle dit qu’elle a de l’imagination, mais elle ne me raconte même pas d’histoires. Pas d’histoires, pas de jeux, pas de stylos. Que des rêves où je ne suis pas. Je m’ennuie avec elle. Je vais partir. Je vais chercher des gens qui auront plein d’histoires à me raconter. (au moment où elle va sortir, Mr ? qui arrive retient son attention)
Scène 2 : Sara se venge grâce à Mr ?
Personnages : Mr ? – Sara

Mr ? veut sortir sa baguette magique de sa poche et à la place c’est un stylo multicolore qu’il trouve.
Mr ? : (étonné)  C’est pas ma baguette, ça ! Où elle est passée ? (Il cherche, ne trouve pas) Après tout, peut-être que mes tours de magie réussiront mieux comme ça….
Sara :  Eh, Monsieur au Stylo.
Mr ? : Je suis pas « Monsieuraustylo », je suis Mr ?
Sara :  Eh, Monsieur qui n’a pas de nom.
Mr ? : Qu’est-ce qu’il y a ?
Sara :  Tu as un magnifique stylo. Tu dois pouvoir écrire plein d’histoires, avec ça.
Mr ? : Pas du tout. Je suis magicien.
Sara :  J’ai besoin de ton aide. Je suis malheureuse.
Mr ? : Ah bon ? Tu fait exploser ton immeuble ?
Sara :  Pas du tout.
Mr ? : Moi, ça m’arrive tout le temps.
Sara :  Quelle drôle d’histoire !
Mr ? : C’est pas une histoire, et en plus elle est pas drôle.
Sara :  Dis, t’en as d’autres à me raconter ?
Mr ? : Des histoires qui sont pas drôles et qui sont pas des histoires ?
Sara :  Oui ! J’adore.
Mr ? : Ah bon ! Oui, j’en ai plein.
Ils se rapprochent, comme s’ils se faisaient des confidences :
Mr ? : Et patati et patata, et patatus, et… patatras.
Sara :  Ah ah ah ! oh oh ! J’adore !!!
Mr ? : Et celle-là, tu la connais ?
Il chuchote quelque chose à l’oreille de Sara, qui se tord de rire.
Sara :  Oh là là, ça fait du bien de rire !
Mr ? : Alors, qu’est-ce qui te rendait si malheureuse ?
Sara :  C’est que ma sœur, elle est toujours occupée avec ses rêves, elle a jamais le temps pour raconter des histoires.
Mr ? : Ah bon ? elle rêve tout le temps ?
Sara :  Que des rêves où je ne suis pas.
Mr ? : Ca c’est pas juste… on va les arranger un peu, ses rêves. (Formule cabalistique)
Abracadabra
Rêves tout droits
Abracabru
Devenez tordus !

Et voilà ! Maintenant ils sont tordus, ses rêves.  Justement, elle arrive. Tu vas voir. Cachons-nous.

Scène 3 : Les rêves tordus de Camomille

Camomille : Elia, Elia, je ne sais pas où est passée ma petite sœur.
Elia : Elle ne doit pas être loin, je suis sûre qu’elle va revenir !
Camomille : Mais la nuit va bientôt tomber !
Elia : Bon, d’accord, je veux bien t’aider.
Camomille : Merci beaucoup, Elia.
Elia : J’ai une idée, on n’a qu’à préparer un aliment qu’elle adore, pour l’attirer.
Camomille : Super ! Attends, elle adore les gaufres à la confiture de fraise. Je me concentre…
Elia : Et moi j’allume le feu…
Camomille : Plouc ! Et voilà, des gaufres… (dans la marmite)
Elia : Oui, mais elles sont au Nutella.
Camomille : J’ai encore rêvé faux.
Sara :  Miam, miam ! ça sent les gaufres !
Camomille : Sara ! tu es revenue !
Sara :  Eh oui ! ça sentait trop bon.
Camomille : Je suis contente de t’avoir retrouvée !
Sara :  Et maintenant, tu as le temps pour mes stylos ?
Camomille : Oui, bien sûr, je me concentre… Stylos multicolores, pour des histoires de fleurs. Stylos dorés, pour des histoires de fées. Stylos…(Elle regarde dans ses mains, a l’air étonné) Oh là là Sara, je me suis trompée ! je t’ai fait des stylos au Nutella !
Sara :  Pas grave, Camomille ! Avec ces stylos au Nutella, j’écrirai des histoires en chocolat ! (Elle part contente en chantonnant :)  Stylos au Nutella, pour des histoires en chocolat. Stylos au beurre, histoires sucrées pour ma sœur. Stylos cannelle, histoires qui ont des ailes…

Camomille est soucieuse car ses rêves sont « tordus ». Elle se concentre. Quand elle a fini, elle se dirige vers Elia
Camomille : Dis, Elia, tu aimes les épinards ? Je viens de rêver que tu adorais les épinards !
Elia : N’importe quoi, je déteste ça.
Camomille : Pourtant d’habitude quand je rêve quelque chose, ça devient vrai… Elia : Tu as encore rêvé de travers, Camomille…
Camomille : Pourtant je suis sûre cette fois… Y’avait pas de chasseur méchant, dans mon rêve !
Elia : Des épinards ? Beurk. Rien que d’y penser, ça me fait éternuer, tiens. Je suis presque toujours enrhumée, c’est mon problème.
Elle essaye une formule, catastrophe.
« Atchumbrum
Volumalllume ! »
Oh là là, oh là là, c’est la 26e formule contre le rhume que j’essaye cette année, et ça n’a rien arrangé. Est-ce que je resterai enrhumée toute ma vie ? Je vais aller chercher la boule de cristal rouge, je suis sûre qu’elle m’aidera à exécuter la bonne formule…
Camomille : Attends, j’ai pas du tout rêvé ça, moi…
Elia : Oui. Bon, tu me laisses chercher ma boule, là ? parce que je veux savoir si oui ou non, je resterai enrhumée toute ma vie ? atchoum !
Camomille : Oui, oui, d’accord (bâillement).
Elia : ( se met à chercher partout)  Où elle est la boule ? J’ai perdu  la boule !
Elle demande à Camomille de chercher aussi. Celle-ci ne trouve rien non plus !
Elia : Bon, la boule rouge est partie.
Camomille : Attends, je vais me concentrer et rêver que tu la retrouves…
Elia : (au public :) Elle va encore rêver de travers !
(à Camomille, précipitamment :) Non, non, tant pis. Je crois que cette boule rouge, elle n’aime pas qu’on la garde prisonnière....
Camomille : Oui, tu dois avoir raison.
Elia : De toute façon, je n’en ai plus vraiment besoin. Grâce à elle, j’ai refait tout mon stock de potions. 
Camomille : Et pour tes formules ? Elle aurait pu m’aider…
Elia : C’est vrai… (Elia se gratte la tête). Mais on ne peut pas tout avoir, hein ?
Camomille : Pauvre Elia !
Elia : Pauvre ? Pas du tout. Je suis riche de mes potions. Et de mes chewing-gums. Tu veux les voir ? Je fais collection de chewing-gums déjà mâchés, tu sais. J’en ai de toutes les couleurs. Tu veux les voir ?
Camomille : Avec plaisir une autre fois. Là, c’est l’heure de partir à l’école, il faut que j’aille rêver en classe.
Elia : Ah bon ?
Camomille : Oui, on va avoir un contrôle de math, alors il faut que je me dépêche de rêver les bons chiffres, sinon… Et après, faut que je rêve au réchauffement climatique, parce que là ça va plus, il pleut tout le temps !
Elia : Qu’est-ce que tu vas faire ?
Camomille : Euh… un bel arc-en-ciel, je crois.
Elia : Bon courage ! moi, je vais préparer quelques potions pendant ce temps là. Des potions contre le rhume. (Elle éternue)
Camomille : D’accord ! Je vais rêver qu’elles sont réussies…
Elia : Euh… Super ! Je me sens déjà mieux. A bientôt, Camomille.

Noir. Musique

Acte VI : Estelle et Mémé Truda
(Lieu : Caravane en chocolat.)

Dans la caravane de Mémé Truda, installée sur un champ de foire, Estelle entre.
Estelle :   Bonjour Madame.
Mémé Truda : (en aparté) Quelle impolitesse, cette gamine de rue.
(à Estelle) On dit Melle.
Estelle : Oui, bon, d’accord Melle. J’ai hérité d’une boule de cristal et je voudrais en savoir plus à son sujet. Surtout, je voudrais avoir des nouvelles de celui qui me l’a donnée, Papilou…
Elle sort la boule.
Mémé Truda : Montre toujours, gâmine !
Elle lui montre la boule, et sur un ton très gentil :
Mémé Truda : Vous serez mieux installée dans un grand fauteuil, sinon vous allez avoir des courbatures.
Estelle :   Merci, c’est gentil à vous.
Mémé Truda : Ne me remerciez point, voyons, c’est tout naturel. Et que vous devez avoir faim, ma pauvre petite.
Elle sort une plaquette de chocolat et donne à son invitée, pour la première fois de sa vie, DEUX carrés de chocolat. Estelle demande :
Estelle :   Que pouvez-vous me dire au sujet de cette boule de cristal ?
Mémé Truda lui arrache des mains, ouvre de grands yeux.
Mémé Truda : Il faut que je l’examine avec des objets spéciaux qu’il faut que j’achète. Prêtez-la moi quelques jours.
Estelle :   De quels genres d’outils spéciaux avez-vous besoin ?
Mémé Truda : Un chalumeau, un fer à repasser, un marteau et quelques vis et un fer à souder.
Estelle :   Je ne suis pas sûre de vous la laisser (Estelle est apeurée)
Mémé Truda : Je plaisantais ma petite, c’était une blague.
(au public) : Quelle génération à croquer… ! ah, j’vous jure !
Estelle :   Je vous la laisse pour deux jours, je reviendrai la chercher ici.

En réalité, Estelle se cache pour épier Mémé Truda.
Mémé Truda se met à interroger fébrilement la boule magique.

Mémé Truda : ma chère petite boule, je voudrais savoir comme je pourrais devenir riche très vite !
La boule : je vais te raconter l’histoire d’Albert
Mémé Truda : mais je m’en fous, de l’histoire d’Albert, moi ce que je veux c’est devenir riche.
La boule : c’est ton mari pourtant ! Il t’a quitté à cause de l’argent, parce que tu en parlais tout le temps !
Mémé Truda : oui mais l’argent c’est plus important qu’Albert. Dis-moi comment faire pour en faire ! Par l’enfer !
La boule : je vais quand même te raconter l’histoire d’Albert. Tout a commencé quand il t’a quittée. Estelle il a rencontrée, et il l’a adoptée. Mais un jour, la boule l’a retrouvé, sans le vouloir elle l’a bousculé et l’a fait tomber, tomber, tomber et rouler. Depuis, Albert a perdu la mémoire. Il ne connaît plus d’histoires. Il ne connaît plus de vérités. Il a tout le temps faim, faim d’histoires, de vérités, de paroles. Et faim de chocolat… Depuis, Albert est devenu…
Mémé Truda : je ne veux pas le savoir, tout ce qui m’intéresse, c’est comment faire du fric, et vite, et vite et vite !
La boule : tu ne veux même pas m’écouter, moi je vais m’échapper.

(Estelle qui a tout entendu, revient)
Mémé Truda : Quoi encore toi. Je t’ai dit dans deux jours. Qu’est-ce que tu veux ?
Estelle : - Je viens récupérer ma boule, finalement, j’en ai besoin maintenant.
Mémé Truda : Quelle boule ?
Estelle : - La boule que je vous ai donnée tout à l’heure.
Mémé Truda : Personne ne m’a apporté de boule… Vous avez perdu la boule !
Estelle : - C’est vous qui avez perdu la boule. Je vous en ai amené une rouge, vous avez même dit que vous vous en occuperiez.
Mémé Truda : Mais vous arrêtez de me harceler avec cette boule ! Je n’ai rien qui vous appartient.
Estelle : - La boule de Papilou ! Je ne suis plus rien sans elle, je suis anéantie pour toujours ! C’est tout ce qui me restait de lui !
Mémé Truda : Eh oh, doucement, ne vous la jouez pas Cosette, ce n’est qu’une boule.
Estelle : - Mais c’était ma seule amie ! j’ai été maltraitée pendant mon enfance.
Mémé Truda : ça y est, maintenant elle se la joue Olliver Twist…
Estelle : - Arrêtez de vous moquer de moi, hein. Déjà que vous m’avez volé ma boule, n’en rajoutez pas.
Mémé Truda : Je n’accepte pas qu’on me traite de voleuse. Et maintenant, sortez de chez moi !
Estelle : - Je me vengerai.
Et elle part en claquant la porte.

Mémé Truda : et maintenant, à nous deux ! dis-moi comment faire du fric, et vite, et vite et vite !
Sinon, je te casse en deux.
La boule : tu ne veux même pas m’écouter, tu veux me casser, je suis trop énervée, moi je vais m’échapper !
Mémé Truda : eh, la boule ! où es-tu passée ? elle s’est volatilisée !

Scène 10 :

Mémé Truda, affolée,  arrive pour l’attraper. Elle demande aux garçons de l’aider. Mais elle est méprisante avec eux.
Mémé Truda : Bon, grouillez-vous, bandes de fainéants !
Mr ? : - Pourquoi se grouiller, on a toute la vie devant nous. C'est-à-dire 3 minutes, car dans trois minutes, je m’en vais.
Mémé Truda : pourquoi 3 mn ?
Basta : -  C'est-à-dire trois jours… il confond les minutes et les jours, celui-là.
Mémé Truda : et pourquoi 3 jours ?
Mr ? : - car dans trois jours je pense que la boule va nous reprendre notre imagination.
Mémé Truda : Bon, ben moi je suis pressée, j’ai pas trois jours, ni 3 minutes, j’ai 0 secondes.
Mr ? : - 0 secondes avant quoi ?
Basta : - Bonne question… Calmez-vous, je vais brûler le temps avec mon nouveau lance-flammes brûle-temps.
DJK : - Mais oui, calmez-vous, je vais vous relaxer avec de la musique. Vous connaissez ce nouveau morceau de mon invention ? Il fait scratch, scratch, vzzzzzz, boum !
Basta : - Plutôt mourir que d’écouter ce morceau de musique !
Mémé Truda : Mais ! Je m’en fiche de vos morceaux, de votre lance-flammes et de je ne sais quoi…
Mr ? : - Enfin quelqu’un qui me comprend !
Mémé Truda : Ah, toi alors, le lanceur d’abracadabra, tu vas m’aider tout de suite, j’ai besoin d’aide !
Mr ? : - Je ne dis jamais abracadabra ! J’ai beaucoup mieux
Basta : - Et c’est quoi ce beaucoup mieux ?
Mr ? : - je ne veux pas le dire…
Mémé Truda : Mais j’ai perdu ma boule ! il faut que vous m’aidiez à la rattraper.
Les trois garçons : - Rêve toujours !
Mr ? : - Elle peut même pas, elle n’a plus d’imagination…
Basta : - Et toc, alors !
Mémé Truda : Justement, il me faut ma boule.
Les garçons : - On vous aidera si vous le demandez gentiment.
Mémé Truda : J’ai pas le temps d’être gentille, je suis trop stressée ! Et quand je stresse comme ça, ma caravane en chocolat fond !
Mr ? : - N’importe quoi, ça n’existe pas, une caravane en chocolat.
Mémé Truda : - Vous me traitez de menteuse maintenant ?
DJK : - Bon, ben on va manger un peu de votre caravane en chocolat et on revient.
Ils s’éloignent.
Basta : - J’ai une meilleure idée, on va la brûler, sa caravane.
Mr ? : - oui, ça fera du chocolat noir…
DJK : - Et du chocolat blanc…
Basta : - Et du caramel brûlé !

Basta : - Eh, mais c’est vrai ! Elle en chocolat, sa caravane ! Camomille n’a pas menti, elle a vraiment rêvé cette caravane en chocolat !
Mr ? – Ah bon ? Il faut que je la récompense, alors… Je vais réciter une formule magique pour que Camomille arrête de rêver faux.
Il prend sa baguette et récite une formule magique.
- Je ne le dirai pas
Rêves tordus
Abracabru
Devenez droits !
Et voilu ! Euh… et voilà ! Oh, zat ! ça n’a pas marchu ! Je dois recommença ma formulu !
Il bouge sa baguette dans tous les sens.

Basta : - Bon, moi les gars, je me mets au boulot.
DJK : - Qu’est-ce que tu fais ?
Basta : - J’allume un petit feu.
DJK : - Je peux le faire avec toi ?
Basta : - D’accord. On va derrière la caravane, il n’y a personne, on ne sera pas dérangés.

Ils sortent.
Pendant ce temps, Mr ? redit sa formule, à l’endroit :
- Abracadabru
Rêves tordus
Je ne le dirai pas
Devenez droits !
Et voilà ! C’est bon cette fois !

Basta et DJK reviennent en courant :
- Viens, Mr ? C’est trop bon !
Mr ? : - Quoi, ma formule ?
DJK : - Non, la caravane, banane ! Quand le chocolat fond, c’est trop bon…
Basta : - Ah là là ! Je ne veux plus cramer que du chocolat… des maisons en bonbon, des îles à la vanille, et des châteaux cacao.

Scène 11 : Sur la place :

DJK : - Salut, Estelle !
Estelle : - Salut, DJ.
DJK : - K.
Estelle : - Quoi, t’es un cas ?
DJK : - Oui, je suis le plus grand DJ de ce monde. Je suis DJK.
Estelle : - Tu me montreras comment faire tourner tes platines ?
DJK : - D’accord, tu viendras dans ma grotte, avec Basta. On fera un gâteau…
Basta, de loin : - Au cacao !
DJK : - Et on boira…
Basta : - Du chocolat !
DJK : - Enfin bon, tu verras, ça dégomme…
Basta : - Des boules de gomme !
DJK : - Tu trouves pas qu’il nous assomme ?
Basta : - Avec des chewing-gums !
Estelle : - Et moi, je rigole !
DJK : - T’es cool, toi. Et t’es chic. Un look class ! Tu sais danser ?

A ce moment là, Gabi arrive, attiré par l’odeur du chocolat fondu. Estelle le reconnaît : c’est Papilou, qui avait perdu la mémoire et avait disparu…

Gabi et Estelle  :
Estelle : - Oh, mais tu es Papilou ! Mon papilou adoré…
Gabi : - Mais tu es sûre ? Mais oui, je te reconnais aussi… tu es Estelle, tu étais ma compagne dans la rue, tu étais comme ma petite-fille, je t’avais adoptée…
Estelle : - Oh mais tu as une drôle de tête…
Gabi : - J’ai passé un mauvais moment, mais maintenant je me souviens, c’est moi le grand sorcier Albert ! Je crois que j’avais perdu la mémoire. Mais maintenant, c’est moi, le diabolique, le mortel sorcier !
Estelle : - C’est bon là, n’exagère pas, t’en fais pas un peu trop ?
Gabi : - Oui, t’as raison.  De toute façon, j’ai pas envie de me venger. Je veux que tout le monde soit heureux.
Estelle : - Super !
Gabi : - Bon, j’aimerais bien que tous les SDF aient des aliments à leur portée et qu’ils n’aient jamais faim.
Estelle : - Tu n’as qu’à inventer, tu as le pouvoir de l’imagination !
Gabi : - D’accord. Le prochain SDF qui aura faim, je ferai apparaître devant lui un gros gâteau plein de crème, de chocolat, de choux à la crème…
Estelle : - Et pour chaque SDF tu inventeras un gâteau différent.
Gabi : - Oui, par exemple un gâteau à la mayonnaise glacée et au salsifi…
Basta : - ah non, voyons ! Un gâteau au cacao !
Mr ? : - N’importe qui sait ceci : le meilleur des gâteaux, c’est le gâteau à la magie !
DJK : - moi, quand je cuisine, c’est toujours en musique !
Mémé Truda : - Moi c’est pour devenir riche ! (à Gabi) : Tu me prêtes ta boule ?
Gabi : - Qu’est-ce que tu veux encore ?
Mémé Truda : - Quelques petits louis d’or…
Ellia : un gâteau aux nuages
DJK : des chocolats musique et des OGM, organismes grandement mortels
Estelle : un bonbon pollution, nouvelle invention !
Sara : des brownies
Mr ? : des gâteaux qui rendent ma magie plus puissante.
Même si c’est impossible !
Basta : je fais le souhait de n’avoir jamais de  souhaits, de n’avoir jamais de souhaits… »

Chaque personnage formule un souhait, donne son avis sur le gâteau…
Gâteau arc-en-ciel (Camomille), gâteau à histoires (Sara), gâteau au chewing-gum (Elia)…

Narrateur :
Une fois que Papilou a retrouvé la mémoire et le savoir, toute l’imagination est également libérée.

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24 juin 2008

La boule magique, photo du finale

boule_finale_blog Cliquez sur la vignette pour ouvrir la photo en grand format

De gauche à droite : Adrien (Basta), Marien (Mr ?, le magicien), Clément (DJK), Amélie (Camomille la rêveuse), Léonie (Elia, La marchande de potions), Lou (Gaby, SDF), Louise (Estelle), Juliette (Sarah, la petite soeur de Camomille), Alice (Mémé Truda, la diseuse de bonne aventure)

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Basta et Estelle

adrien_blog

Cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand format. Basta : je veux tout brûler, tout cramer...

Estelle : je m'ennuie!

Basta : viens, on va patiner sur la piste de crème glacée...

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Estelle et Mémé Truda

alice_blog

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Estelle a amené la boule à Mémé Truda, pour qu'elle lui révèle ce qu'est devenu Papilou, l'homme qui l'avait adopté et qui a disparu. Mais Mémé Truda veut, elle, que la boule l'aide à devenir riche, riche...

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Mémé Truda

alice_blog2 Mémé Truda apostrophe sa boule : "Je veux devenir riche!"

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Estelle et DJK

louise2blog

Au début de la pièce, tout est lent, tout se répète, rien de nouveau dans ce monde... DJK et Estelle sont fatigués de ce monde. Les platines ne tournent plus, les idées ne pétillent plus. Ils s'ennuient.

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Mr ? et DJK

cl_ment_et_marien_blogMr ? et DJK discutent.

Mr ? : ma magie est trop puissante, je fais exploser tout ce que je touche avec ma baguette...

DJK : viens mon pote, sur mon île desserte, sur la crème brûlée, on va régler ça.

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Camomille et Sarah

am_lie_et_juliette

Sarah : si ce que tu rêves devient vrai, peux-tu rêver des crayons pour moi? Des crayons de toutes les couleurs...

Camomille : Bien sûr... Mais demain, parce qu'aujourd'hui, j'ai sauvé les bébés phoques, je suis si fatiguée...

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Gaby et Mémé Truda

lou

Gaby : J'ai faim... j'ai toujours faim... est-ce que je pourrai devenir riche et manger tout ce que je veux?

Mémé Truda : Tu deviendras riche si tu fais ce que je te dis... En attendant, prends ce demi carré de chocolat.

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Elia et son chaudron

l_onie

Elia : La boule rouge vient de tomber dans mon chaudron! Miracle, mes potions recommencent à bouillir...

Posté par Menahem Lilin à 14:26 - Boule magique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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